Rommel, éd. cit., t. I", p
4. Inédits, Tliéologia. vol. III, 4, f° 3, de Persona Chi-isti inCerte in eomystcrio videtur contineri complenientum optimum Dei. » (V. plus loin sur le Christ pp. 473 et suiv.)
Prolestants, la notion do Saint. Que des créatures glorieuses aient une connaissance des choses humaines, il n'y a rien là de métaphysiquement contradictoire. La « gloire » transposerait ce qui est ébauché dès celte vie. On objecte populairement que les Saints ne peuvent s'affranchir des limites spatiales et tcmpoi-elles. Di-jà pourtant, nos microscopes et télescopes nous offrent des perspectives inaccessibles à nos sens ordinaires. ^lais avec ces instruments, plus on élargit le champ du tube, plus la force de l'instrument diminue. C'est parce que de tels instruments viennent en aide à nos yeux, bornés par les trois dimensions. Si noire esprit, au contraire, reçoit de Dieu une force analogue, mais non bornée par des dimensions, toute limite immobile et déterminée disparaît \
Quand môme on en pourrait justifier la notion, il serait dangereux de prouver légitime le culie des Saints. Il n'y a évidemment pas de précepte qui nous permette de déclarer mauvaise l'invocation des Saints'. Mais, d'autre part, personne ne niera qu'un homme, qui toute sa vie a aimé Dieu et s'est élevé vers lui en négligeant de le prier par l'intermédiaire des Saints, ait en rien compromis son salut. La réciproque ne serait pas vraie.
Les plus récentes recherches historiques confirmeraient ici la théorie de Leibniz. Leculte des Saints dériva, en effet, par de progressifs enrichissements, des fêles commémorant les anniversaires de martyrs ^ Les fidèles se réunissaient alors
1. F. de Careil, éd. cit., t. I»--, p. 588. « Syst. Theologicum. »
i>. I\ommel, édit. cit.. t. l", p. 362.
3. F. deCareil, t. I", [). 589 (Syst. Theolog.). — Nécessité de tirer les Vies di'sSaintsdesnuimiscrits anciens; Cf.Rommel, t.l", p. 319;cf. Lettre inédite à Moretl, 10 décembre 1G96. «J'ai lu avec plaisir et avec respect les i)récieux
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devant les tombeaux des martyrs et communiaient dans une même pensée. Peu à peu on fut amené à demander des assistances spéciales^ Leibniz signale des « sodalilés » qui se sont vantées d'une sorte de révélation originale, telle que leurs membres seraient à la mort spécialement assistés parla Vierge ' ? En même temps, se sont développés le culte des Patrons, le culte spécial de saint Joseph, les neuvaines de saint Antoine de Padoue : bientôt s'est ébauchée la doctrine de la Conception immaculée de la Vierge, doctrine dont les Jésuites veulent aujourd'hui faire un dogme ; et en même temps ont été multipliés les scapulaires, les rosaires, et autres idolâtries authentiquement productrices de l'athéisme en ceux qui déclarent les récits des Apôtres et de Jésus tout aussi vains que ceux de saint François ou de saint Antoine\
De même Leibniz critique le culte spécial de la Vierge ; et l'histoire ultérieure de l'Eglise montrera que ses reproches étaient fondés. En premier lieu, les historiens modernes ont prouvé que la fête de la ^'ierge n'avait été solennisée qu'au v'ii^ siècle ^ De plus, toute une mythologie matérielle s'est ajoutée à la seule donnée primitive, qui faisait de Marie la
lambeaux des actes des martyrs de la primitive Lglise. » F» 17. La vue de Leibniz sur l'origine du culte des Saints est historiquement exacte. Les fêtes de martyrs remontent au u» siècle : Cf. Martyr do saint Polycarpe (155) célébré à Smyrne; à Rome, à partir du in« siècle seulement, d'après MgrDuchesne, Orif/ines du Culte chrétien. Etude sur la liturgie latine avant Charlemagne. Paris, 1889,in-8°, pp. 27:>-273.