Klopp, éd. cit., t. VIII, p
2. Gerhardt, Phil. Schr., éd. cit., t. VII, p. 62 : « Nihil autem homini liomine est utilius. » Phrase citée plus haut, I" partie, ch. I", p." 43.
3. Id., t. l", p. 357. Lettre à Malebranche (1699) : « ... La félicité d'autrui «ntre dans la nôtre. »
i. Id., t. I", p. 358. Lettre à Malebranche. précitée : «... Cette définilion sert à résoudre un problème difficile, savoir: Comment l'amour peut être désintéressé, quoiqu'on ne fasse jamais rien que porté par son propre bien. C'est que notre bien est de l'essence de l'amour, mais non pas notre intérêt... Il appartient à lafinet non pas aux moyens. » (Non souligné par Leibniz.)
pose qu'au moment de mourir j'aie Tintuition d'un anéantissement éternel. Que ferai-je en cet instant ? Me dispenseraije d'aimer Dieu parce qu'il n'est plus béatifiant pour moi ? Cesserai-je de l'aimer alors que je vais le perdre pour jamais? « Je suis obligé, en expirant, d'aimer )> Dieu « de toutes mes forces. Si j'y manque, je suis... une créature dénaturée ^ )K En effet, à notre bonheur Dieu ne préfère-t-il pas sa gloire ?
Déjà Bossuet répondait que faire notre bonheur est la volonté même de Dieu : vouloir notre salut, c'est donc vouloir ce que Dieu veut -. Les Quiétistes parlent d'union avec Dieu et non plus seulement avec Jésus. Ils s'efforcent d'atteindre l'essence. j\Iais ainsi peut-être ils détruisent la foi. Ils détruisent de même l'espérance en réprouvant la prière. Or la prière résume le christianisme : Le royaume de Dieu arrive pour ceux qui aiment. Voilà ce que signifie la parole : « Votre règne arrive. » Qu'est cette prière, d'ailleurs, sinon à chaque moment un exercice actuel de cette « Trinité créée » : la Foi, l'Espérance et la Chai'ité ' ?
\. Fénelon. Œuvres, édit. du séminaire de Saint-Sulpice, Lyon et Paris. 1843, t. II, pp. 77i-3.
Sur le Quiétisme lui-même, on trouvera de profondes indications dans Schopenhauer : Uie Well als Wille und Vorsleilung, livre iV, paragr. 68, et supplément au IV» livre. Cf., pour les documents, Crouslé : Fénelon et Bossuet, 1894, 2 vol. in-8». Parmi les études récentes. Cf. surtout Brunetière, Fénelon et Bossuet, ap. Et. critiques sur l'Hist. de la Litt. fr.\ Lanson : Bossuet, 1891, in-[2, Rébelliau, Bossuet, 1900, in-12. — Des textes ont été découverts depuis l'apparition de la plupart de ces ouvrages. Cf. Œuvre inédite de Bossuet : Deuxième instruction sur les états d'oraison, publiée par M. Tabbé Lévesque, Paris, 1897, in-S". Fénelon, Réponse inédile à Bossuet, Paris (Librairie internationale), 1901, in-12 (retrouvée au British Muséum).
2. Bossuet, Œuvres, éd. Guillaume, t. V., p. IZ. Première inslruct. sur les états d'oraison.
3. Bossuet, Deuxième instruction sur les états d'oraison, éd. Lévesque, pp. 6 sqq. Cf. l'interprétation donnée par Luther dans son Auslegung deutsch des Vater unser fuer die einfeltif/en leyen (1519; : « Darumb beten wyr nit also « Lieber vater, las uns kommen tzu devnem reich », also soltenn
Espérer, c'est vouloir recevoir Dieu, Et Dieu se donnera soi-môme. Il ne suffit pas de dire avec les « nouveaux mystiques )) : Dieu est parfait parce qu'il nous a créés; il faut s'écrier : « O Seigneur ! ... non seulement parfait en vous-même, mais vraiment nôtre '■ ! »
D'ailleurs, refuser de prier, refuser d'espérer, ce n'est pas seulement s'affranchir d'un effort : c'est bien désobéir à Dieu. Plus encore : c'est refuser Dieu. L'esprit est en nous comme en son Temple ^ Dieu répète vraiment à chaque fidèle : « Console-toi, tu ne me chercherais pas si tu ne me possédais. »
Xe déclarons donc pas que le salut doit être indifférent. Nous anéantirions l'espérance et aussi la charité. Le désir de la vie éternelle constitue vraiment notre perfection. Nous devons aimer Dieu, non seulement parce qu'il est parfait, mais parce qu'il s'est approché de nous, en nous créant, en nous rachetant, en nous communiquant sa béatitude.
Le conflit demeure aigu. Ni les Quiétistes, nileurs adversaires n'ont su préciser la nature de l'arjiour. Une fusion avec l'objet aimé ; un abandon du règne des « moyens», pour ne plus tendre que vers le règne des « fins » ; un effort perpétuel pour se transporter soi-même hors de soi-même ; l'amour vrai vibre ainsi en nous. L'amour de Dieu, par suite, épanouit seulement et transfigure l'amour humain : J'aime alors « sur toutes
wyr darnach lauffenn, sunder a dein reicli komme tzu uns ». Dan Gottis gnaden und seyn reich mit allen tugenden mus tzu unns kommen, sollen wir es uberkommen, wyr mugenn nymmer meher tzu ym kummen, Gleycli wye Christus tzu unns vom hymcl auff dye erden kommen ist unnd nith wir von der erden tzu ym gesligen seindt yn den hymmel. » [Cf. D. Martin Lulher's Werke, Krilische Gesammlausgabe, t. II, p. 98, Weimar, 1884, in-S». Edition en cours de publication.]