‹ Leibniz et lorganisation religieuse de la terreChapitre 252 sur 305 · L.v (;loihe de dikl · texte numérisé non relu

L.v (;loihe de dikl

rorgnnisalioii religieuses. Tel serait le « Bien général».

Mélaphysiqucmcnl ce « Bien général » s'ofîrc à nous comme le Bien universel. Dieu est lui-môme le « Bien » de toutes les créatures. Il faut donc que nous tendions notre effort jusqu'à lui, par la« générosité ». Vertu créatrice en nos âmes d'actes dignes de notre « genre », qui est le genre de Dieu*.

Le « Bien général » est ainsi métaphysique par essence. Par là, il se sépare rigoureusement par avance des divers et médiocres utilitarismes et des déclamatoires « religions de l'humanité ».

En effet, réaliser le « Bien général » c'est rendre les hommes plus parfaits et plus heureux. Mais d'où leur peuvent venir cette perfection et ce bonheur ? Uniquement de la connaissance de Dieu " . Moment décisif de la dialectique leibnizienne : L'action s'échappe directement de la connaissance; mais la connaissance nous conduit elle-même à saisir un Dieu qui agit, et qui est le Bien général.

Suivons d'abord la marche progressive : nous n'atteindrons jamais Dieu par la quiétude et l'extase. La véritable « quiétude », qu'on trouve dans la Sainte Ecriture, dans les Pères et dans la Raison, nous invite à nous détourner des plaisirs des sens, «afin de mieux écouter la voix de Dieu, c'està-dire la lumière intérieure des vérités éternelles ^ »

« Lumière essentielle qui est la Parole éternelle de Dieu*. »

1. Gerhardt, Pkil. Schr., t. VII, p. 105. Fragment sur la générosité, sans titre de Leibniz.

2. Cf. Lettres inédites à Morell.et notamment celle du 10 décembre 1096.

S.Rommel, éd. cit., t. II, p. 132,(1668).

4. Guhrauer, Leibnilz's deulsche tîchriften, Berlin, 1838-40, t. I"', p. 410 Von der vmhren theologia myslica : « Das wesentliche Licht ist das ewigc Wort Gottes. »

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Eveillons-la par la lecture des livres sacrés et l'étude de la naturel Rien de plus éloigné de cette inaction déraisonnable enseignée par les Quiétistes. Jamais une substance ne cesse d'agir. Que l'esprit s'unifie soi-même et se subordonne les sens : « c'est là le silence et le repos que les Sages Mystiques demandent" w.

Un Molinos voudrait nous convaincre que la « contemplation » niA'stique est irréductible aune méditation intellectuelle, à un effort pour connaître Dieu. Peut-être en effet la simple « oraison » ii'implique-t-elle pas toujours l'effort intellectuel. Mais comment une suprême contemplation ne serait-elle pas le résultat d'une véritable méditation, qui se termine à la vue des beautés et perfections de Dieu ? Si telle fut sa doctrine secrète, Leibniz s'opposait aux Quiétistes. Pourtant, le 29 septembre 1698, dans une lettre à Morell, il écrit ces lignes : « Le dernier livre de M. de Cambrai a fait revenir bien des gens qui le condamnaient auparavant^. » Or, ce livre est sans doute l'Explication des Maximes des Saints sur la Vie Intérieure.

Fénelon affirme cependant, dès l'avertissement de son œuvre : « On ne passe insensiblement de la méditation, où l'on fait des actes méthodiques et discursifs, à la contemplation, dont les actes sont simples et directs, qu'à mesure qu'on passe do l'amour intéressé au désintéressé '*. » Plus loin, il marque clairement la différence radicale de la méditation et de la

1. Guhrauer, Leihmz's deiitsche Sc/criften, éd. cit., t. I", p. 410 : « Unterden aûszerlicheii Lehrern sindzwei diedas innerlichc Licht.... erwecken: iJas Buch der heiligen Schrift, und die Erfalirung der Natur. »

2. Rommel, éd. Qit., t. II, p. 132. Cf. aussi Inédits. Phil., III, 1 d.

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