Id., t. VI, p. 49. Théod. Disc, prél., par
traires aux apparences », les rapports de la raison et de la foi ne sont qu'extérieurement semblables aux rapports de la raison et de l'expérience. On pourra dire que la raison enchaîne tantôt les vérités où elle peut atteindre par elle-même, tantôt celles qu'elle extrait de la foi. Et sans doute Leibniz eût pensé que la critique historique remj)laçerait, pour les faits religieux, la raison unificatrice des phénomènes. Mais encore faudra-til que la foi s'accorde avec la raison. Quand Luther affirme l'impossibilité philosophique que le Verbe se fasse chair, ou bien il nie la philosophie, ou bien il nie la religion '■ : en réalité, nul Mystère ne peut contredire une nécessité logique. Lorsque l'on dit le Père, Dieu ; le Fils, Dieu ; le Saint-Esprit, Dieu ; et que l'on pose pourtant l'existence d'un seul Dieu; il faut nettement prouver que le mot Dieu là implique « Personne » et ici « Substance^ ». Autrement la Trinité deviendrait insoutenable. Si donc inévitablement la compréhension d'un Mystère nous est refusée, en revanche l'absurdité en peut être rendue manifeste. Nous dirons, dès lors, que tel Mystère est. au-dessus de la raison, quand notre esprit ne peut s'élever adéquatement jusqu'à lui, parce que « la connaissance distincte d'une infinité de choses à la fois » appartient seulement à un être divin'. Et, en ce sens, nous pourrons parler de vérités supra-rationnelles. Mais, inversement, tel autre Mystère pourra être détruit parnous, si nous en démontrons logiquement l'absurdité '\ De même que l'on doit seulement prouver la possibilité d'un Mystère et non sa vérité, on ne peut réfuter que son absurdité et non son invraisem-
1. Gerhardt,P/i«7. Schr., éd. cit. t. VI, p. 57. Tliéodicce, Disc, prél., par. 12.