‹ Leibniz et lorganisation religieuse de la terreChapitre 275 sur 305 · Inédits, Théolor/ie, vol. XX, P · texte numérisé non relu

Inédits, Théolor/ie, vol. XX, P

3. Ce texte est le sommaire du paragraphe x.xxvii du « Discours de métaphysique » : et l'on sera surpris de lire ici « sommaire de para graphe », alors qu'aucune édition du « Discours » ne fait mention de tels sommaires. Or, les manuscrits de Hanovre nous offrent le même « discours » sous deu.x rubriques différentes. On trouve d abord in Théologie, vol. III, 1, sous le titre [non de Leibniz) de « Traité des perfections de Dieu » et une seconde fois in Pliilosopkie, III, 7* le même « discours ». Mais le premier exemplaire (J/t., III, 1) est le principal. C'est le brouillon même de Leibniz, beau manuscrit avec beaucoup de ratures, fort travaillé, mais très lisible, in-folio nettement semi-marginal, avec de nombreux renvois en marge. La division en paragraphes, qui a été conservée par les éditeurs.

]Mais, d'où lai vient le pouvoir d'une telle révélation ? El, si « les perfections divines sont en lui », est-ce parce qu'il est lui-môme Dieu, « ou » seulement « parce que dans Thumanitc, par l'union vraie, habite la plénitude de la divinité ' ? » La foi intime, ici, ne se laisse point saisir. Mais, du moins, perçoit-on que nul motif de métaphysique personnelle n'interdisait à Leibniz d'agréger à son système le christianisme dogmatique : Dieu par son Christ substitua à l'action extérieure ou miraculaire l'action de soi sur soi. Si Dieu entre en société avec les monades humaines elles monades angéliques, il a pu condenser en un être cette « société » et attirer ainsi définitivement les hommes à lui. Leibniz, au terme d'un dialogue religieux entre un Père jésuite et un Protestant, prononça un jour la parole décisive : « La divinité, qui habitait dans la nature humaine de Jésus-Christ, a fait la réunion de Dieu et des hommes". »

Cette « réunion » est-elle définitive ? Le Bien de chaque créature réside-t-il dans un bonheur individuel, ou dans la soumission à l'ordre universel? Dieu s'est-il proposé, en créant le monde, de se glorifier lui-même ; ou a-t-il eu égard surtout aux mouvements volontaires des substances intelli-

est exacte ; mais dans cet exemplaire, l'indication de la matière, pour chaque paragraphe, est inscrite entre crochets. — Le deuxième exemplaire {Ph., III, 7) est une copie revue par Leibniz; la première page écrite par Leibniz lui-même. La division en paragraphes est restée, mais les sommaires n'existent plus. Ils ne doivent donc pas être ajoutés dans les éditions ultérieures ; mais l'indication en parait indispensable. On remarquera d'ailleurs que ces sommaires correspondent à ceux qu'indiquait Leibniz dans une lettre au Landgrave. Cf. Gerhardt, Phil. Schr., t. II, pp. 12-14. — Quant au « Discours » lui-même, c'est une dissertation sans titre, comme très souvent chez Leibniz.

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