‹ Leibniz et lorganisation religieuse de la terreChapitre 276 sur 305 · Inédits, Théologie, vol. III, 4, fol. 2, verso · texte numérisé non relu

Inédits, Théologie, vol. III, 4, fol. 2, verso

2. Bev. de Métaph. et de Morale, janvier 1905, loc. cit., Dialogue entre Poliandre et Théophile, p. 27.

470 I.A (il.OlUE DE DIEU

génies ? On considère les deux fins comme inconciliables. Pourlanl, Dieu ci'éant le monde devait communiquer ses perfections; et de cet effort sortait inévitablement la possibilité des créatures, de mieux en mieux adaptées à ces perfections mêmes'. Le décret absolu de réprobation et d'élection ne serait j)as plus compréhensible qu'une création artificielle et désordonnée. Et, de môme que Ton ne conçoit pas comment le monde se fut réalisé sans une lutte entre les possibles, ainsi l'on ne voit pas comment Dieu attacherait sa grâce à un être sans que d'autres grâces eussent lutté en lui.

Pourtant Dieu peut produire la foi en sa créature et choisir qui il veut. Que le salut vienne de la foi ; si Dieu l'a produite en nous, nous ne sommes en rien les auteurs de notre salut. Dieu a-t-il la volonté de sauver Tiiomme ou celle de le rendre fidèle ■" ?

11 conviendrait d'abord de distinguer entre les prédestinés et les destinés. Tous seraient prédestinés à être sauvés ; quelques-uns seraient destinés à être damnés. D'autre part, de même que nous ne péchons pas nécessairement, nous ne sommes pas non plus aidés nécessairement. « Quelque efficace que soit la Grâce Divine, il y a lieu de dire qu'on y peut résister \ » Le décret absolu, tel que l'imaginent les Supralapsaires, est opposé, non seulement à l'essence divine, mais encore à la nature. La grâce s'adapte aux circonstances. Si Dieu n'agissait pas relativement à la nature des objets, il jetterait une grâce dans le vide *.

1. Gerhardl. PMI. Schr., éd. cit., t. VI, p. 144. Thc'odicée, par. 78.

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