‹ Leibniz et lorganisation religieuse de la terreChapitre 278 sur 305 · Id., t. VI, p. im.. Théodicée, par · texte numérisé non relu

Id., t. VI, p. im.. Théodicée, par

soplie. Une telle vision dérive nécessairement de nos sciences nouvelles. Saint Augustin ne savait comment « excuser la prévalence du mal. » Mais il croyait que seule notre terre était habitée, et que tout le reste se réduisait à « quelques o'iobes luisants et quelques sphères cristallines. » Or, maintenant, nous savons que notre monde n'est qu'un « appendice » de l'un des innombrables soleils. Nos maux ne sont donc qu'un presque néant à côté des biens universels ^ Nous nous hiérarchisons selon une discipline inviolable. Peut-être, dans le fond, sommes-nous tous également mauvais ; mais nous ne le sommes pas d'une manière semblable. Le plan universel nous adapte à telles circonstances, par qui nous sommes plus ou moins méchants. « On peut dire que les hommes sont choisis et rangés, non pas tant suivant leur excellence que suivant la convenance qu'ils ont avec le plan de Dieu '. » Dieu n'a de commune mesure qu'avec l'Univers ; et sa fin ne peut être qu'universelle. De là vient que son plan est simple et fécond, d'une fécondité infinie et riche de toutes les particularités. Mais ces particularités trouvent leur gloire dans l'universel, comme toutes les substances s'expliquent dans la monade infinie.

Ainsi se transfigure encore la notion de Bien général. L^individu se doit courber devant le Bien universel et se confondi-e en lui de plus en plus héroïquement. Pourquoi Dieu a-l-il décrété l'existence d'un malheureux? Ce malheureux [)Ouvait ne pas exister ; mais le monde ne serait plus ce monde. L'homme non éclairé contemple douloureusement un Sextus sortant « du temple, tout en colère », et méprisant « le

1. Gerhardt, Pfiil. Schr., éd. cit., t. VI, pp. 113-114. Théodicée, par. 19.

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