Années 1693 et
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peuples du Nord. A vingt-quatre ans, dans les « Réflexions sur la sécurité publique », il déplorait les luttes perpétuelles de la Suède et de la Pologne. Pourquoi, se demandait-il, la Suède et la Pologne ne s'avanceraient-elles pas, d'accord avec les Moscovites, en lignes parallèles, contre les Barbares ? La Suède pourrait s'élancer par rExtrême-Xord jusque dans la Sibérie; la Pologne, parle Sud, jusque dans la Tauride ; la Moscovie, par TEst, jusque vers les Tartares'. A un moment oîi la Russie n'était encore que la Moscovie, il cherchait en la Suède la conscience possible des peuples du Nord-,
Leibniz eût souhaité, semble-t-il, que le souverain du Xord décidé à la création de l'Europe orientale unît à soi, comme des collaborateurs voulus par la nature, tous les peuples nordiques. Mais d'autre part Pierre, pour s'affirmer à luimême sa puissance, n'était -il pas contraint d'écraser Charles XIF?
Or auparavant il lui fallait, en quelque sorte, consulter l'Europe. Pour lire en ses immenses terres, il devait trouver ailleurs une méthode. 11 partit ; et ce vo3'age unique suscita en Leibniz les émotions et les rêves : « Que dites-vous. Monsieur», écrivait-il à Sparvenfeld, le 13 juillet 1698, « du voyage du Czar de Moscovie et du beau dessein qu'il a de débarbariser sa nation? X'est-ce pas quelque chose d'extraordinaire ^ ? » '