‹ Leibniz et lorganisation religieuse de la terreChapitre 91 sur 305 · Id., t. Vil, p. 581. (Dernier mémoire · texte numérisé non relu

Id., t. Vil, p. 581. (Dernier mémoire

4. Guerrier, éd. cit., p. 321. Lettre à Bourguet, déc. 1714. o. F. de Careil, éd. cit., L VII, p. 368.

l'on a coutume de décrire. Œuvre révolutionnaire, d'ailleurs. Mais Leibniz la commença-t-il ? Après avoir déclaré en 1712 que les lois ne l'arrêteraient guère ', il ne se décidait pas. « Je ne suis pas encore venu à la considération des lois russiennes »^ disait-il en 1714 ; « d'autres y travaillent, mais je verrai peut-être un jour ce qu'ils auront fait -. »

Peut-être ne parvint-il pas à rédiger les projets de lois, parce que la guerre perpétuelle produisait une instabilité tout à fait contraire à une organisation juridique. D'ailleurs, le servage, qui s'étendait alors à toute la classe rurale astreinte à l'habitation fixe', interdisait le mouvement des choses et des hommes. De plus, Leibniz, qui naguère avait déploré de ne pouvoir apprendre la langue slave ', n'attendait-il d'avoir des collaborateurs qui eussent vécu en Russie? De trop nombreuses données, éprouvait-il, lui échappaient.

Nous ne pouvons donc déterminer exactement l'influence de Leibniz sur les lois russes. Du moins voyons-nous qu'une fois de plus on l'accuse à tort d'abstraction. Parce qu'il s'est dit lui-même, un jour, le « Solon » de la Russie ^ ; parce qu'il a complaisamment écrit que la Russie était une « table rase », on s'est figuré un réformateur utopique qui conseille de loin, sans égard aux contingences historiques. Pareil jugement serait définitivement rendu impossible, si l'on parvenait à établir, non plus seulement une harmonie générale,

1 . Guerrier, p. 272. Lettre à lElectrice Sophie de Hanovre, novembre 1712.

Page 1