Idea etc. Konrx., t. II, p. 185 (Dutens, t. V, p
8. De Dignitate... scientiarum, 1. IE, eh. 11. Cf. Weceze, p. 476.
9. nr À de Literis instaurandis condendaque Encyclopedia (1668).KLoprr, t. I, p. 47-&
de la civilisation, la biographie des grands hommes et la bibliographie de leurs œuvres (1). Il en a donné, d’ailleurs, un véritable programme : l’histoire littéraire doit, selon lui, exposer avant tout les origines, les progrès et l’état actuel des sciences et des inventions (2): aussi doit-elle faire connaître les écrivains les plus importants, rapporter les principales découvertes et la facon dont elles ont été faites, en un mot, conserver l’art d'inventer afin de susciter de nouvelles découvertes (3). Pour cela, il suffit de faire connaître le nom des inventeurs, le lieu et la date de leur invention avec quelques détails biographiques (4); la biographie des auteurs importe moins que l’histoire de leurs découvertes. Pour l’histoire moderne, il faudrait omettre bien des grands savants, dont on ne pourrait citer la contribution effective,
1. Elle « nous apprend les progrès de nos connaissances et ce que nous devons aux études des autres, aussi bien que le moyen de trouver chez les autres les notices dont on a hesoin dans les rencontres pour profiter des travaux d’autruy. » Mémoire de 1694 cité plus haut, p. 842, n. 5.
2. « Historia literaria, ubi et de Originibus scientiæ atque inventionum. » KLopp, t. I, p.48. « Deortuet progressu scientiarum seu de Historia literaria. » Explicatur status humanæ scientiæ a primis temporibus ad nostra us que » (1681 env.). In., p. 516.
3. « Historia literaria eontinet imprimis notitiam prestantiorum scriptorum, in quibus melioris metalli venæ latent; eadem rerum egregiorum inventores æternati consecrat, et occasiones inventionum, et quod omnium potissimum est, ipsam inveniendi artem conservat, quo stimulentur præclara ingenia ad similes ausus, et novas artes vitæ profuturas, exemplis illustribus non velle tantum, sed et posse reperire discant, » KLopp,t. I, p. 47. « Cum tamen in unaquaque scientia illud sit potissimum, nosse non tantum concelusiones earumque demonstrationes, sed et nosse inventorum origines, quas solas: memoria retinere sufficit, quia ex illis cætera possunt proprio marte derivari. » CoururarT, Opuse., RE
4. Historia litteraria hielte in sich durch wen, wo und wenn die menschliche Nachrichtungen herfürbracht, vermehret und fortgepflanzt worden mit einiger Nachricht vom Leben derjenigen, so hierinn berühmt worden, welches dienen würde nicht allein denen, so sich umb das menschliche Geschlecht wohl verdienet gemacht einigen Dank abzustatten, sondern auch andre zu lüblichen Nachfloge aufzumuntern ». Mémoire pour Pierre-le-Grand (1716). GUERRIER, p. 355 (Foucner pr Gareiz, t. VII, p. 586). Cf. « Scis, quanti sit ad ornatum pariter, fructumque studiorum Historiam Litterariam augeri ut appareat, quid in quaque scientia, aut facultate a quoque sit præstitum, turn ut ex progressus narratione pateat inveniendi ratio, tum ut debitæ gratiæ rependantur primis Cujusque doctrinæ auctoribus, et promotoribus aliique ad easdem laudes promerendas excitentur tum vero ut indice quasi digito demonstretur, quibus ex fontibus vera, solidaque cognitio sit haurienda. » Lettre de 1697. FeLLER, p. 74 (Durens, t. V, p. 570)
tandis qu'on devrait indiquer ceux qui ont donné les premières bonnes éditions des auteurs anciens, les premiers résolu les problèmes difficiles de l’histoire et de la géographie, laissé des pensées originales, créé un nouveau genre de style, une nouvelle école, fait des inventions utiles dans les mathématiques et les arts mécaniques, écrit des histoires contemporaines originales, en un mot, ceux dont l'absence aurait fait souffrir quelque perte à la civilisation (1). Leibniz conseillait, de même, de faire dans les auteurs des extraits, non seulement de ce qui a été dit une fois, mais de ce qui l’a été pour la première fois (2).
Un tel idéal était loin d’être réalisé. Tout en reconnaissant l’utilité de l’histoire littéraire, Leibniz trouvait qu’on en abusait, au détriment de la connaissance des. choses mêmes (3); il la comparait aux boîtes des pharmaciens, toujours trop grandes pour ce qu’on y met; à son avis,la biographie des savants y étouffait l’histoire des sciences (4).
1. « Esset igitur optandum magnopere, ut extaret aliquis, qui meritissimos de re literaria Viros iade usque ab inventa typographia recenseret ordine temporum, annotaretque illud maximè, quid quisque potissimum in rempublicam contulerit. Ita fiet, ut multi, licet doctissimi, sint initio fortasse prætereundi.. qui tamen nominare non possunt, quid potissimum jiis eruditio debeat. Nominandi igitur illi, quibus primæ auctorum vetérum eruderationes debentur; qui difficiles in antiquitate, ut chronologia, Geographiaque, nodos primi solverunt, quicumque proprias nobis meditationes suas, easque, si non veras, saltem ingeniosas reliquere; qui novum aliquod dicendi genus, novam sectam orsi sunt, quibus in historias non aliunde descriptas, sed earum rerum quibus interfuere ipsi, earumque memorabilium, scripsere : breviter illi, qui, si non vixissent, cæteris rebus eo, qui secutus est, statu manentibus, aliquid res literaria detrimenti passaesset. Hos annotari non est res adeo vasta, utilis tamen, sed et non ego, recondita et profunda. Neque enim tanti esset de patria eorum, de varia fortuna, de exitu inquiri, quàm de iis meritis, quibus æternum memorandi sunt. Ac vereor, ne plerique ülli, qui vitas nobis dedere, hoc non satis attinderint. » Lettre à Spizel, 7/17 avril 1670. Durens, t. V. p. 347.
2. « Excerpenda essent ex scriptoribus non solum quæ semel, sed etiam quæ primum dicta sunt a quolibet auctore. Incipiendum vero ab antiquissimis, sic perspicere liceret, quid a quovis statutum.Non tamen quævis, sed humano generi instruendo inservientia deliberanda forent. » FELLER, p-. 422.
3. « Utilis est Historia literaria, sed hodie multi in ea nimis occupantur cum detrimento cognitionis reram ». Lettre à Bierling, 7 juillet 1711. Geur., Phil, t. VII, p. 499 (Korru, t. LV, p. 42; Durens, t. V, p. 371). Cf. « fateor, valde profuturam historiam literariam, sed quæ non tantèm historia hominum absolveretur, sed daret progressus quoque cognitionis nostræ»Lettre à Placcius, 27 mars 1696. Sylloge, t. IT, p. 155. (Durenws, t. VI, p. 69).
4. « Nolim nos diu nimis immorari Historiæ Litterariæ; quum... comparo
Outre cette histoire générale des découvertes, Leibniz attachait une grande importance à l’histoire de la médecine, l’art par excellence (1). Dès 1669,il demandait d’exactes histoires de la médecine et des histoires naturelles de la vie et du tempérament des hommes (2); il ne cessa, dès lors, de réclamer l’histoire des maladies (3), de provoquer la constitution d’annales médicales (4) et d’en désirer des différentes sociétés savantes, en Allemagne et à l’étranger (5).
Dans le développement de la civilisation, il était loin de s'attacher cependant au progrès matériel; sa préférence allait à l’histoire des idées. A l’école des Thomasius, il avait appris à estimer l’histoire de la philosophie (6); il ne devait
pyxidibus pharmacopolarum, et hominem illa potissimum contentum pharmacopolæ, magis pyxides, quàm medicamentorum illis contentorum compositiones, noscenti. Itaque vellem... bene animatorum studio componeretur Opus Encyclopædiæ... Cuilibet parti adjungenda esset brevis narratio, quæ originem ejus doctrinæ, ortus, progressus, et auctores unde uberiora peti possent, contineret. » Lettre à Lang, 5 juin 1716. Korrtu., t. III, p. 274-5 (Du- TENS, t. V, p. 404-5).
1. « Quid enim post studium pietatis cura sanitatis utilius? » Lettre à Conring, 24 août 1677. Geunr., Phil, t. I, p. 181. « J’approuve fort le choix que vous avez fait...de la profession de la medecine. Après l’étude de la vertu c’est la plus necessaire. » Lettre à Bloch, 20 juillet 1698. Fenrr, p. 361. Leibniz répétait « sanitas sanitatum et omnia sanitas » avant de savoir que Balzac l’avait dit. Lettre à l’abbé de Saint-Pierre, 20 octobre 1716. JÆGLÉé, & III, p. 147, note 2. Cf. plus bas, p. 361, n. 5.