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plus, dès lors, la négliger : son esprit éclectique lui faisait un devoir de l’étudier, en même temps que son instinct historique l’y poussait (1). Il répétait volontiers, comme pour l’histoire littéraire, que la biographie ne devait pas empiéter sur l'exposition des idées, reprochait à la plupart des écrivains d’avoir fait plus l’histoire des philosophes que celle de la philosophie et louait son maître d’avoir réagi contre cette tendance (2). Il eût voulu qu’on n’y négligeât pas plus la scolastique que la philosophie ancienne, à cause de son utilité pour la théologie (3).

Leibniz, qui fut grand théologien dès sa jeunesse et le resta toute sa vie (4), attachait une importance considérable à l’histoire ecclésiastique. Il la divisait pour la chrétienté en histoire des rites, des martyrs, des Pères, des dogmes, des conciles, des hérésies, du gouvernement, des Papes et des ordres ecclésiastiques (5), et y ajoutait l’histoire des controverses religieuses (6). Il distinguait l’histoire des religions de l’histoire ecclésiastique (7), l’histoire du culte ou des rites sacrés de l’histoire des dogmes ou des

1. « Je trouve ordinairement que les opinions les plus receues sont les meilleures ». Lettre au landgrave Ernest,12 avril 1686.GenRr., Phil, t. II, p. 20. V. AD. BERTEREAU, Leibniz considéré comme historien de la philosophie. Thèse, Paris, 1843, surtout p. 7 et 9-10. Sur son éclectisme, v. NourkrissoN, La Philosophie de Leibniz. Paris, 1860, p. 87-91.

2. « Plerique alii antiquitatis magis quàm artis periti, vitas potids quam sententias nobis dederunt. Tu non Philosophorum, sed philosophiæ historiam dabis. » Lettre à Thomasius, 20 /30 avril 1669. Genr., Phil., t. 1, p.15 (Durens, t: IV, p. 7). Cf. lettre à Chr. Wolf, 11 décembre 1711. Konrx., t. I, p. 270 (Düurews, t. V, p. 445). « In Diogenio Laertio et plerisque aliis scriptoribus magis hominum, quàm dogmatum historiam invenio; magis philosophorum quam philosophiæ. » Lettre à Hansch, 14 mars 4715. Korru., t. III, p. 89 (Durens, p.170).« Il me semble que la plupart de ceux qui ont écrit sur Diogène Laerce, ont plustost sçu l’histoire des hommes que des dogmes. » Lettre à Basnage, s. d. (octobre 1693). Geur., Phul., t. III, p. 102 (Fee, p. 63).

3. Lettre de 1697. Fezcer, p. 74-75 (Durens, t. V, p. 574). Cf. plus bas, chap. 1v. Lettre au P. des Bosses, 2 juillet 1710. Gene. ,Phil., t. III, p. 407 (DüurTens, t. VI, p. 191).

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