GEnR., Phil. t. VII, p
7. « Je n’entreprends pas d’expliquer en detail J'Histoire da la Genese. Je n’ose point determiner, si les jours du Hexameron sont des années ou des periodes bien plus grandes. Je ne m’éloignerois point du sentiment de ceux qui ne rapportent la Genese qu’à la formation du globe de la terre, et entendent la production des Astres de leur apparition à nostre égard, si on le pouvoit faire sans s’éloigner de la propriété des paroles. Mais c’est ce que je laisse decider aux theologiens et en attendant je me contente d'expliquer les choses
Ainsi Leibniz a admis l’idée de Cicéron, redevenue courante depuis la Renaissance, sur l'utilité pratique et morale de l’histoire (1); il ya ajouté l'utilité religieuse telle que lavait conçue le moyen âge. Il a été plus loin, avec les modernes. Voyant que l’histoire pouvait être une science, il a compris qu'elle devrait alors se suffire et deviendrait une connaissance qui serait à elle-même sa propre fin, une véritable discipline autonome: en conséquence 1l lui a reconnu un but en quelque sorte désintéressé, l’intérêt même du passé. C'était, d’ailleurs, à ce moment, le caractère dominant de l’érudition française (2). Leibniz y arriva peu à peu. Il a toujours cru que l’histoire ne devait pas viser d'autre but que la vérité (3) et qu’elle rencontrait son utilité en quelque sorte par surcroît (4); vers la fin de sa vie, il n’envisage même plus cette utilié dans ses Annales et recherche à peu près lobjectivité historique (5). Evidemment il songe encore à son usage; mais il le fait de moins en moins, préoccupé qu’il est de constituer une science historique. L'histoire ne doit pas seulement faire revivre le passé
Suivant la raison d’une maniere qui ne contredise point la Sainte Ecriture : Nam verum vero non dissonat. » Lettre à Th. Burnet, s. d. (début de 1698). Kzopp, t. VIII, p. 87: GExR., Phil, t. III, p. 220. Au $ 3 du Protogée, Leibniz s'efforce d'expliquer un passage de la Genèse. Durens,t. Il, part. 2, p. 202: aussi l'ouvrage devait-il être approuvé par la Sorbonne après sa mort. Lettre d’Eckhart à Kortholt, 26 juin 19. Kortx., t. IV, p.126. Cf. Gux- RAUER, t. I, p. 208.
1. GŒÆ. la définition de Vossius donnée plus haut, p. 340, n. 7. L’histoire était de même pour Bossuet « la conseillère des princes, la maîtresse &e la vie humaine et de la politique ». G. Monon, art. cité, R. polit. et parlre, 9 déc. 1908,
F 2. De Brocute, t. lp. 79. Cf. E. Lavisse, Hist. de France, t. VII, 2e part., p. 170. Il y a naturellement des exceptions, car Baluze, par exemple, travailla pour Colbert. V. là-dessus la thèse latine de Goparp.
3. PFLEIDERER, Letbniz als Patriot, Staatsmann und Bildungsträger, Leipzig, 1870, p. 136. Cf. plus loin, Chap. 111 et v.