Cf. plus haut, p
5. PicuLer, t. I, p. 158. — En 1714, dans son De historia pragmatica, J. D. KôxLER, professeur à l’Université d’Altdorf. distingue l’histoire narrative, « Atstoria quæ nude res gestas tantum narrat »,de l’histoire pragmatique «historia quæ simul instituit lectorem quæ ipsi in vita civili utilia vel noxia sectanda vel fugienda sunt.» BERNHEIM, p. 31 (1re édition, p. 19). Leibniz connaissait cette dernière expression, car il écrivait, le 12 avril 1712, à Eckhart, à propos des fils du comte Giannini qui étaient en pension chez lui : « kistoriam pragmaticam et iura publica.. maiore studio consultum putant ». NoLTEN, p. 401.
mort, mais y chercher les origines du présent, disait-il en substance au début de son séjour à Hanovre (1): vingt ans après, il écrivait qu’elle fait connaître dans le passé les origines du présent, en permettant de comprendre parfaitement les faits d’après leurs causes (2). C’est ainsi que l’histoire du moyen âge nous donne la suite des faits et par suite, la clé des origines, des transformations, des progrès et de la décadence des Etats (3). De là vient également l'intérêt du droit romain, de la héraldique et des généalogies princières (4).
Telles sont pour Leibniz les différentes fins de l’histoire, aussi nombreuses et variées qu’il est possible de les imaginer (5). Là, comme partout, Leibniz s’est montré éclectique, mais il n’a pas su choisir nettement parmi les formes et les buts de l’histoire afin de s’y tenir fermement. Sa grande faiblesse réside dans sa conception utilitaire de l’histoire : en voulant faire servir celle-ci à la politique et à la religion, il était fatalement amené à la rendre partiale et