De Bunonis Picturis historicis. Ms. XI. Vol. MPMOIREE
6. « Est apud nos, qui mnemonicam illam artem, cujus passim specimina occurrunt, non infiliciter exercet. Cœcus est, eoque minus imaginatio ejus distrahitur. Mihi ia exercitio-hujus artis præcipua difficultas in eo e:se videtur, ut connexionem quandam subitô invenias inter locum et quod in co est locandum, ea enim connexio admonere locati debet ». Lettre à Bierling, 20 juin 1712. GEeHr., Phil., t. VII, p. 505-6 (Korru., t. IV, p. 69 et Durens, t. V, p. 385). Cf. le rôle qu’avaient pour lui les prædicamenta de la logique formelle. Lettre à Wagner de 1695. Gerr., Phil LONIT;t p. 516-7 M(trad."par Foucner De CAREIL., MNouo. lettres, p. 395). Déjà il avait parlé de l’usege des lieux communs dans le droit. » Nova Meth., pars 11,$ 85, et Ratio corporus ;uris reconcinnati, $ 67. Durens, t. IV, part. 3, p. 220 et 240.
de la mémoire avec du jugement (1) ». Croyant qu'il faut toujours garder un certain ordre dans l'opposition des idées (2), Leibniz donnait «un moyen mnémonique pour retenir une suite quelconque d'idées en la rapportant à une série ordonnée de personnages bien connus », par exemple les patriarches, les apôtres ou les premiers empereurs romains (3). Il indiquait aussi d’autres moyens, vers, hypothèses représentatives, étymologies, causes finales (4).
De tous ces procédés, celui qui lui semblait le meilleur, parce qu'il satisfaisait à la fois l'oreille et l'esprit (5), qu'il
avait pour lui l’ancienneté et la simplicité, c’étaient les vers. Leibniz rêvait même une encyclopédie faite d'extraits de poètes, où une grande partie des sciences seraient versi- fiées (6). Pour l'histoire, il y aurait volontiers employé
1. Définition de la mnémotechnie, par Guyor-DAUBES, L'art d'aider la mémoire, 6e édition, 1885.
2. «Pour tirer une verité d’une autre, il faut garder un certain enchainement qui soit sans interruption... Il faut tacher de decouvrir quelque progression dans l’ordre de nos meditations à fin d’avoir la nature même pour guide et pour garant ». De la sagesse, s. d. (1710 d’après Bourroux, édition des Nour. Essais, p. 39). GER. Phi. t. VII, p. 82 et 84. C’est, en somme, la troisième règle de Descartes.