COUTURAT, Opusc., pole
4.« Quand il y a des veritez ou Connoïssances où la liaison naturelle du sujet avec le predicat ne nous est Pas Connue, Comme il arrive dans les choses de fait, et dans les veritez d'experience, il faut se servir de quelques artifices: pour les retenir, comme par exemple les proprietez spécifiques des simples, l’histoire naturelle, civile, ecclesiastique, la geographie, les coustumes, les loix, les canons, les langues. Je ne vois rien de si propre à faire retenir ces choses là que les vers burlesques, item des hypotheses controuvées pour les expliquer à limitation des choses naturelles, comme une Etymologie convenable, vraye ou fausse, pour les langues, Regula mundi, en s’imaginant certains ordres de la providence pour l’histoire » De La Sagesse. GEuR. Phil,, t. VII, p. 85. Tous
l'attention; 20) remplacer les images imparfaites par des images précises ; 3°) suivre rigoureusement l’enchaînement des idées. Cf. plus haut, p. 379, n. 9 et p. 381, n. 1. ‘
excitant et sonos exhibent, incredibilem habent vim movendi. » Leibnitiana $LXIX. FELLER, P- 170 (Durens, t. VI, p. 306). ;
6. « Sæpe cogitavi, Encyclopædiam quasi quandam confici posse ex Poëtis, et plerasque scientias, aut certè potissimas earum partes, versibus egregiis explicatas haberi. Ea de re aliquando a te per otium Cogitari optem. » Lettre à Kortholt, 2 juin 1710. Korrn., t. I, p. 294 (Durens, t. V, p. 312)
ses amis les Jésuites, dont il connaissait le mérite comme éducateurs et la valeur comme latinistes (1). Il déclarait au P. des Bosses, du collège d’'Hildesheim, qu’il ne méprisait pas la versification quand elle permettait de retenir les dates et les différents nombres utiles à savoir (2). Un autre Jésuite du même collège, le P.Rempen, ayant fait de bons vers sur l’électrice Sophie, Leibniz en profita pour lui demander de composer un résumé d’histoire générale en vers pour les écoles et, comme le Père lui objectait la difficulté des noms propres, il lui indiquait le moyen de Ja tourner (3).
Aïnsi Leibniz a conçu l’histoire d’une manière à la fois assez nette ettrès complète; il a vu le moyen d’en faire une science, en a compris tous les usages, si variés qu’ils soient, et a essayé d’en développer et d’en faciliter l'étude : cette largeur d’esprit se retrouve dans le choix et l'emploi des matériaux de l’histoire.
1. C’était là principalement le rôle des Jésuites français, les créateurs de l’enseignement de l’histoire. V. sur la Pratique de la mémotre artifictelle, 1701, du P. Bourrier, collaborateur du Journal de Trévoux, VorTatrs, Le siècle de Louis XIV, liste des écrivains français, édition Rébelliau et Marion, Paris, 1894, p. 268 et G. Moon, art. cité, Reo. polit. et parlre, 9 décembre 1905,p.745.
2. « Chronologicorum, vel potiùs Arithmeticorum, artificium non sperno, cm usum insignem ad Historiam discendam aliaque memoriæ objecta numeris designata præstare possit, velut capita Bibliorum, titulos juris ». Lettre du 10 septembre 1708. Gexr., Phil., t. IT, p. 359 (Durens, t. IT, p. 283).
3. Lettre à Rempen (corr, fol. 1-4) des 8 et 18 juin 170% et réponse du 7. Le 30 juin (fol. 5 vo), Leibniz lui demandait une notice sur les Jésuites s’occupant d’histoire d'Allemagne à Paderborn, Munster et Cologne. Cf. BODEMANN, p. 238, n° 770.