Depuis Fustel de Coulanges
3. Il va même jusqu’à leur réserver le nom de documents, par opposition aux sources narratives . « At non scripturis tantum, sed et monumentis, si credimus, Papissa defenditur. Primum constitit in ipsis Pontificum numeris… et in Bullis, aut in Epitaphiis Diptychisque designantur.» Flores, $ 38, p. 330.
4. Cod. dipl., préf., $ 3; Kzorr, t. VI, p. 461 (Durews, t. IV, part. 3, p. 289). Cité par WEGELE, p. 246, n. 3.
5. « Intueri licet magnarum rerum origines in ipso fonte. » In., $ 4 KLorp, t. 463 (DurTENs, p. 290).
6. « Laborat Historiæ fides, nisi Acta inspiciantur. » [p., $ 5. KLorp, p. 463 (Durexs, p. 291). Souligné par Leibniz.
dans les bibliothèques, les archives, les bureaux administratifs, les évêchés (1) et « particulièrement les monastères où les religieux avoient coutume de marquer quelque chose de ce qui appartenoit aux fondateurs et autres bienfaiteurs (2) ». Ils ont une très grande importance surtout pour l'histoire moderne et contemporaine (3), d'autant qu'il est facile de les conserver et de les reproduire par l’imprimerie (4). Aussi Leibniz estimait-il beaucoup des ouvrages d'histoire comme celui de Sleidan, « dont la meilleure partie est un tissu d’actes publies de Dietes et Assemblées et des ecrits autorisés par les Princes », ou celui de Seckendorf, « où la plupart des choses sont Jjustifiées par les extraits d’une infinité de pieces, tirées des Archives Saxonnes (5) ».
Les principaux de ces actes sont les traités, les ordonnances, les édits ou rescrits généraux, les recès des Etats, les sentences, les privilèges (6), les actes des assemblées politiques ou religieuses, les lois et les diplômes. Nous avons déjà vu Leibniz insister sur l'importance des traités de paix, de trève ou d’alliance, des hommages, des conventions, des contrats de mariage, des testaments et des actes d'adoption, d'hommage, d’investiture et d'arbitrage, des cessions et des érections de royaumes, de principautés ou de dignités, des décisions capitales, en un mot des « diplômes majeurs » qu’il avait publiés dans le Codex diplo-
1. Mémoire du 20 janvier 1706. Kzopp, t. X, p. 392. 2. Mémoire du 1er juillet 1692. Z. d. k. VEVPEN ASE DR 3. « Remotiora illa sæcula præsertim quæ Carolina tempora prægrediuntur, sunt in potestate Eruditorum et minus habent cautionis, et in posterioribus, ubi nostris temporibus Propius acceditur, Archivorum opes sollicitandæ erunt, et cura adhibenda ne quis Magnatum offendatur: itaque consulenda erunt Scripta passim edita quibus jura Principum defendentur. » Lettre à Paullini, 1% janvier 1691. Foucuer pe Gareiz, t. VIl,.p. 177-8. Cf. la lettre à Boinebourg du 25 novembre, où, parlant de l’histoire moderne, il dit : « Il faut des bons memoires et des pieces tirées des depeches pour l’ecrire. »
&. Mémoire cité plus haut, note 2, et Cod. dipl., préf., $ 3 (référence citée plus haut, p. 395, n. 3.).
5. Nouv. Ess., 1. IV, ch. XVI, $ 10. Geur., Phil., t. V, p. 449. 6. Lettre à Jean-Frédéric, s. d. (1679). KLopp, t. IV, p. 411.
maticus (1); ils constituaient pour lui, les traités surtout à une époque où la guerre tenait une si grande place dans la vie des Etats, la base et le fondement même de l’histoire (2). Les concordats et les actes des conciles qu'il éditait dans la Mantissa (3) et les lois dont il donnait de nombreux spécimens dans les Seriptores Brunsvicenses (4) ne lui paraissaient guère moins importants : il eût voulu voir recueillir les lois et les constitutions de l’Empire, universelles ou spéciales, dont beaucoup n'étaient pas imprimées (5).
A côté de ceux-là, les diplômes proprement dits et les chartes semblaient à Leibniz d’une très grande utilité pour le moyen âge surtout : nous l’avons vu à maintes reprises les faire rechercher dans les archives et les bibliothèques, ainsi que les cartulaires des monastères (6). Lui-même a publié dans les Scriptores un cartulaire et maint diplôme (7); dans ses Annales Imperii il a donné in extenso tant de diplômes d’Empereurs, de chartes de princes ou de bulles de Papes, que ces pièces réunies rempliraient un des trois volumes de l’édition actuelle (8). Leibniz en connaissait seul la valeur soit pour établir la chronologie (9) ou la géographie historique(10), soit pour en tirer les faits mêmes de l’histoire en l’absence de documents narratifs (14).
1. V. plus haut, p. 126-7. — De même il recueillait, en janvier 1710, |’ « Estat des titres d’anoblissement.… des particuliers. de Normandie. » Ms. XXVII. 1626. | . V. plus haut, p. 395, notes 5-6. Cf. HARTMANN, p. 80-82.
. V. plus haut, p. 200, notes 1 et 5.
. V. plus haut, p. 261, n. 7 et p. 267, notes 1 à #4.
. Projet’ pour Vienne, s. d. (1709). Foucner pe Carrie, t. VII, p. 271. -—
Leibniz s’intéressait à la réédition du Corpus Julium de Brunswick que l’on
avait proposé de faire opérer par Kelner. Lettres de Pfeffinger (corr., fol.
200-2), 22 et 26 juillet 1708 et lettre à Wendhausen (corr.) du 3 septembre. 6Vplus haut, p 180n%;Lp. 18480. 6;-p183, ,n. 3; p 18%, n°3;
p293 nm 3#et,p. 303; n.3.