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V. plus loin, chap. vr

3. « Et l’on peut juger que tout le genre humain est d’une meme race, ce qui se decouvre particulierement par l'harmonie des langues qu’on trouve n’estre que l’alteration des memes racines, quoyque apparemment la langue radicale ne subsiste plus. » Phrase précédant celle que nous citons plus haut, p. 404, n. 1. « L’harmonie des langues fait juger (sans parler de l’autorité des livres sacrés) que tout le genre humain est d’une meme race. » Mémoire du 1er juillet 1692. Z.d.h. V. f. N. 1885, p.29. « Car il semble. que presque toutes les langues ne sont que des variations, souvent bien embrouillées des mêmes racines, mais qu’il est bien difficile de reconnaitre, à moins que de comparer beaucoup de langues ensemble, sans négliger les jargons, dont il seroit bon que les sçavans de chaque pays prissent la peine de recueillir les mots particuliers. » Conjecture sur l’origine du mot Blason. J. des S$., juillet 1692 (Düurens, t. VI, part. 2, p. 185). Dès le mois de janvier 1686, Leibniz avait déjà l’idée de l’étymologie de ce mot (qu’il tirait de l’allemand B/æsse, cf. français blesser, marquer). Lettre à Spener. BopEmANN, p. 305.

4. « Mud tamen notatu dignissimum est per magnam continentis nostri partem linguæ cujusdam antiquæ latissimè fusæ vestigia in linguis præsentibus superesse; cüm multa sint vocabula quæ inde ab Oceano Britannico ad usque Japanicum protenduntur. » Brevis designatio, p. 2-3 (Durens, t. IV, part. 2, p. 187). CÊ. «Il est manifeste assez, que presque toutes les langues du monde connu aux anciens ont un rapport considerable et paraissent venir d’une même source. Mais quand on passe dans l’Amerique et aux extremités et lieux reculés de l'Asie et de l'Afrique, les langues paroissent si differentes entre elles et les nostres qu’on diroit que c’est une autre race d'animaux. » Lettre à la Loubère, 15 octobre 1691. Bopemanx, p. 126.

5. « Nam novæ facilè linguæ nascuntur mixtura et corruptione cœterarum... et repetitæ corruptiones corruptionum omnia tandem originis linea menta confundunt. » Brevis designatio, p. 3 (DutTens, p. 188)

Ce langage primitif n’était certainement pas un idiome encore en usage, soit une langue germanique, comme le croyaient le Hollandais Goropius Becanus ou le Suédois Rudbeck (1), soit même une langue ancienne, l’hébreu ou le phénicien comme le pensaient Bochart et beaucoup de ses contemporains (2). Leibniz a toujours réagi contre ces préjugés : il a créé les mots de «goropiser », «bécaniser » ou « rudbeckiser » pour ridiculiser les savants qui, d’après des analogies superficielles, rapportent tout à leur langue natale ou favorite (3). Il comparait les mots de l’hébreu à des trones d'arbre: il fallait, à son avis, rechercher simplement si l’hébreu et les langues apparentées approchent plus que les autres de la langue primitive et en gardent plus de racines. Si cette langue existait encore au temps de Moïse, d’où viendrait l’égyptien? La corruption naturelle du langage avait dû, d’ailleurs, la faire disparaitre (4). De plus, l’hébreu ne présente pas les caractères d’une langue primitive, car les racines en ont trop peu de rapports entre elles et, dans une telle langue, les racines des mots appa-

1. Lettre à Sparfvenfeldt, 7/17 avril 1699. Konrm., t. III, p.361 (Durens, t. VI, part. 2, p. 223). Cf. Max Müezen, p. 156.

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