Même lettre et même ouvr., p
3.« Et vereor, ne Pezronius nonnihil Rudbeckizet aut Goropizet », écrit-il à Ludolf, le 3 avril 1699. Durews, t. VI, part. 2, p. 79. « Et en general l’on ne doit donner quelque creance aux etymologies, que lorsqu'il y a quantité d'indices concourans : autrement Cest goropiser… les Etymologies etranges et souvent ridicules de Goropius Becanus, savant medecin du 16% Siecle, ont passé en proverbe. » Nouv. Ess., I. II, ch. 11, $ 8. Geunr., Phail., t. V, p. 264. Il écrivait à Greiffencranz (corr., fol. 300-310), le 2 novembre 1697 : « Il becanise terriblement. » Cf. plus loin, p. 415, n. 3 et chap. 111.
4. « Linguam Hebraicam primigeniam dicere, idem est ac dicere truncos arborum esse primigenios, seu rezionem dari, ubi trunci pro arboribus nascantur….. Illud taatèm quæri cum ratione potest, an lingua Hebræa cum cognatis sit origine bicinior, quûm cœteræ, et fontium verorum retinentior. Semper judicavi ad Hebræam rectè noscendam necessario adhibendas esse Syriacam et Arabicam, sed ex omnibus tamen conjunctis non puto radices exsculptum ii cohærentes inter se, et rationem significatus ostendentes, quod linguæ primigeniæ criterion haberi debet. Si lingua primæva adhuc tempori Mosis extitit, unde quæso Ægyptiaca nata est? Linguæ naturaliter corrumpuntur. Græca lingua diutissimè conservata per eruditos, post Heraclii tempora valde corrupta. » Lettre à Tentzel, s. d. (après le 17 juin 1697). FELLER, p. 80 (Durens, t. VI, part. 2, p. 232).
rentés devraient être voisines (1). Cette idée était, du reste, partagée par d’autres philologues contemporains (2).
Ainsi la langue primitive semblait à Leibniz actuellement perdue (3); mais on pouvait, croyait-il, la reconstituer en partie en rapprochant les uns des autres les différents idiomes existant (4), qui présentent d'ordinaire un rapport frappant entre les mots et leur signification (5). Les langues ne proviennent pas, en effet, d’une convention: elles ont une origine naturelle dans la correspondance des sons et des sentiments qu’ils expriment spontanément, comme le montre |” onomatopée; ce caractère se retrouve, non seulement dans la langue primitive, mais dans toutes celles qui en sont dérivées ou que les hommes ont ensuite inventées (6). Partant de ce principe, Leibniz s'efforce
1. «Quid judicas quæso de lingua Hebræa? Ego non possum mihi persuadere primitivam esse cum videam usque aded parum exhærere inter se significationes radicum; ut satis appareat fragurina esse et transformationes alterius linguæ linguarumve. In omni enim primitivo ordo et causæ apparere debebit. » Lettre à van der Hardt (corr., fol. 72), s. d. (entre le 4°r mars et le 15 mai 1696).«In lingua originaria meo judicio radices cognatarum cognatæ esse debent, cui nihil simile apparet in Hebræa.» Lettre à Ludolf du 23 décembre 1697. Micnagzis, p. 162 (Durews, t. VI, p. 143). « Le peu de liaison et d’ordre qui paroist dans les racines hebraïques » Pempêche d’y voir une langue primitive, écrit-il à Morell (corr., fol. 22), le 31 mai 1697.
2. Par Morhof, qui l’a donné en 1697 dans son Unterricht (Fécamp, p. 6) et à qui, par suite, Leibniz n’a pu la prendre; par Huet, p. 408 de la lettre à Bochart citée plus haut, p. 405, n. 3: par Richard Simon, MarGrvaL, p. 149.