‹ Leibniz HistorienChapitre 441 sur 854 · COUTURAT, Opuse., p · texte numérisé non relu

COUTURAT, Opuse., p

&. V. plus haut, p. 406, n. 4-5.

5. « Gertam quandam et determinatam inter Res et verba connexionen esse dicinequit; neque tamen res purë arbitraria est, sed causassuhbesse opportet, cur certæ voces certis rebus sint assignatæ. » Coururar, L ec. Cf. note suivante.

6. « Neque vero ex instituto profectæ, et quasi lege conditæ sunt linguæ, sed naturali quodam impetu natæ hominum, sonos ad affectus motusque animi attemperatium... linguis paulatim natis orta sunt vocabula per oceasiones ex analogia vocis cum affectu, qui rei sensum comitabatur : nec aliter Adamum nomina imposuissé crediderim. » Brevis designatio, p. 2 (Durexs, t. IV, part. 2, p. 187). « Si nous avions la langue primitive dans sa pureté ou assez conservée pour estre reconnaissable, il faudroit qu'il y parût les raisons des connexions soit physiques, soit d’une institution arbitraire, sage et digne d’un premier auteur. Mais supposé que nos langues soyent derivatives qûant au fonds, elles ont neanmoins quelque chose de primitif en elles-mêmes, qui leur est survenu par rapport à des mots radicaux nouveaux, formés depuis chez elles non par hazard, mais par des raisons physiques. Ceux qui signifient les sons des animaux ou en sont venus, en donnent des exemples. » Suit celui du mot latin coaxare. Nouv. Rss AM ch TES GRHR.; Phil, ON, p. 260. Cf. COUTURAT, Opusc., p. 151-2 avec plusieurs

d'établir la signification et la valeur des consonnes (1) et des voyelles (2). Il recherche les racines des mots dans les impératifs (3), qui sont les mots les plus simples et souvent des monosyllabes, ce qui ne veut pas dire que les langues monosyllabiques actuelles soient plus anciennes que les langues polysyllabiques, car « on peut avoir étendu ce qui estoit court ou abregé ce qui estoit long (4) ».

Outre ces principes généraux, Leibniz appliquait en linguistique certains principes secondaires, d’une extrême importance pour l’histoire. Il eroyait que les noms qui désignent des rapports ou des qualités morales ont d’abord eu un sens concret et matériel (5) et surtout que « tous les noms propres, où individuels ont esté originairement appel-

exemples, dont le même;« Comme il n’y a rien sans raison, ie ne doute point que lorsque les hommes ont donné des noms aux choses ils n’ayent suivi leurs passions et imaginations que l’obiet excitoit et qu’ils ne les ayent exprimèes par des sons qui y ont du rapport... et quoyque je croye que beaucoup de mots viennent d’une langue primitive, il y en a neantmoins beaucoup d’autres que chaque nation ou race a inventés dans les rencontres ». Lettre à Sparvenfeldt (corr., fol. 20-23) s. d. (après le 20 septembre 1697). Œquidem arbitror et ego, literarum in vocibus vim quandam naturalem apud homines, impetu quodam nomina magis quèm consilio dantes saepe valuisse. » Lettre à Ludolf citée notesuivante.

4. Pour Leibniz K designe un mouvement violent, $ et Z la fin d’un mouvement (Brevis designatio, Suite : ou encore $ un mouvement continu, Z un mouvement interrompu (Ann. Imp. 858, $ 10, t. I, p. 559); R un mouvement violent, Z un mouvement doux (Noue. Ess., 1. II, ch. 11, $ 1. GEHR, Phil, t. V, p. 261-2); W un mouvement tournant (Unvorgr. Gedancken, $ 49; Durens, t. VI, part. 2, p. 27); FF une déviation (lettre à G. Meier, 10 mai 1699. In., p. 167)); Sp la pénétration lettres à Ludolf, s. d. (Ip., p. 177); à Sparfvenfeldt (corr., fol. 20-23) s. d. (après le 20 septembre 1697). Sur les combinaisons de $ avec les autres consonnes, v. FELLER, p. 428.

2. A et E la joie et la douleur; I l'admiration; U la douleur. Ip, p. 427. A et. U lui paraissent les deux sons extrêmes. Lettre à Sparvenfeldt citée ci-dessus:

3.cRadices verborum in lmperativo magna ratione quæruntur.» FELLER, L. c.

4. Lettre à la Loubère (corr., fol. 29-30), 2 juin 1692. Cf. « non plane fatum monosyllaba esse polysyllabis priora; interdum cum voces prolixiores contra huntur, ita Arc: xvpuaxn, Arz Artista. Et in nominibus propriis Hans ex johanne, Lips ex philippo. » Note sur une lettre de Gehr. Meier (corr., fol. 2928 ss.) du 27 octobre 1699.

5. Nouv. Ess., 1 III, ch. 1, $ 5 cité plus haut, p. 403, n. 2; FELLER, p. #26. Cf. lettre à Gehr. Meier, 40 mai 1699. EckxarT, Coll. etym., t. IT, p. 287-88 (Durens, t. VI, part. 2, p. 168). — Sur la transformation des sens moraux, : v. lettre à Gehr. Meier, 10 mai 1699, où on lit : « Solent sæpe permutari potentia, scientia et voluntas. » Durens, t. VI, part. 2, p. 168.

latifs ou generaux (1) » et que, réciproquement, les noms généraux deviennent souvent des noms propres (2). Pour lui, tous ces derniers ont été autrefois appellatifs, sans quoi ils ne s’expliqueraient pas; aussi, toutes les fois que nous ne comprenons plus les noms géographiques, devons-nous penser que nous nous éloignons de la langue ancienne ou que le peuple qui la parle n’est plus indigène (3). Il croyait aussi que les langues anciennes se conservent plus facilement dans les noms propres que dans les noms communs (4), tout en reconnaissant que les premiers nous arrivent souvent défigurés (5).

Leibniz croyait, en particulier, que les noms des fleuves sont les plus anciens, parce que les premiers hommes s’établissaient ordimairement sur leurs bords (6). Il en est de même des noms de forêts, qui, avec les noms de fleuves, subsistent le plus souvent, malgré le changement des habitants (7). Aussi cherchait-il à expliquer les noms des cours

Fgl. Nouv. Ess., 1. III, Ch. 1,$ 3. Geur., Phil, t. V, p. 255. Cf. L III, ch. in, $ 5, p. 267 avec exemples. « Nec dubium est propria vocabula aliquando appellativa fuisse, ut nunc quoque Ælba, Scandis, appellativa fluvii vox est; propria nobis. » Durens, t. IV, part. 2, p. 203 et plus bas, note 8.

2. « Teutones sunt originariè collecti homines in genere. Sed nomina generalia sæpe fiunt propria. » Lettre à Kortholt, 20 mai 1715. Korru., t. I, p. 323 (DurTens, t. V, p. 325).

3. « [lud enim pro axiomate habeo, omnia nomina quæ vocamus propria, aliquando appellativa fuisse, alioqui ratione nulla constarent. Itaque quoties non intelligimus, intelligere debemus, ab antiqua nos lingua discessisse ». Brevis designatio, p. 1 (Durens, t. IV, part. 2, p. 186). Cf. « Porro nomina fluviorum antiquissima esse debent, nam proxima locorum novissima hominum, pleraque hodiè nemine intelliguntur, magno indicio... mutatarum cum gentibus linguarum ; ut credibile sit præsentes nationes indigenas: nam omnia propria vocabula aliquando ob causam imposita, id est appellativa fuere. » Ms. XXIII. 23 a, fol 1%:

4. € Linguæ antiquæ facilius conservantur in nominibus propriis quam in appellativis. » Ms. XII. Vol. I, 2, fol. 85.

5. « Locum Melac annalistæ vocant. Corruptum puto (ut solent propria nomina) et Meldorpium significari, Ditmarsorum caput. » Ann. Imp. 809, $ 3, t'I, p. 261.

6. « Les noms des rivieres; estant ordinairement venus de la plus grande antiquité connue, marquent le mieux le vieux langage et les anciens habitans ». Nouv. Ess., 1. IE, ch. 11,$ 1. Grur., Phil, t. V, p. 264. Cf. plus haut, note 3.

7. « Et vetustissima linguarum vestigia Supersunt in nominibus fluviorum atque sylvarum, quæ mutatis accolis plerumque persistunt; proximæ sunt locorum ab hominibus constitutorum appellationes: quanquam enim multæ? villæ, multa oppida à conditoribus nominentur, quod in Germania valde est

d’eau du Hanovre (1), de l'Allemagne (2), de l'Europe oceidentale et orientale, où il trouvait plusieurs noms semblables imposés par les mêmes peuples (3); pour lui, la plupart de ces noms signifiaient ordinairement eau ou fleuve soit en général, soit avec des particularités (4). De même, les noms de forêts de l’Allemagne et les noms de montagne S’expliquent par des noms communs très généraux, dont le sens est originairement bois ou hauteur (5).

Leibniz agit de la même façon pour les noms de peuples et d'hommes. D’une part, il déclare que les premiers ne signifiaient à l’origine que peuple ou homme en général (6) et il applique ce principe aux différents peuples de l’Aïlemagne et des pays voisins (7); il recherche, par exemple, le sens et l'origine du nom des Celtes et des Gaulois (8),

frequens, quæ serius exculta est; alia tamen loca à situ, à proventu, à cæteris qualitatibus appellantur, et vetustiorumr difficilis est etymologia ». Breois designatio, p. 1 (Durens,t. IV, part. 2, p. 186).

. 4. P. ex. l'Ocker, Ann. Imp. 775, $ 2. t. I, p. 59; la Leine, l’'Ocker. Nouv. Æss., 1. III, ch. 1, $ Z. Geur., Phul., t. V, p. 262-4.

2. La Weser, Zd., p. 263; le Rhin, la Rühr. Jd.,p. 261 et Monatl. Auszüge de décembre 1700. GunrAUER, D. Schr., t. II, p. 499; le Danube. Durens, t. IV, part. 2, p. 203. Cf. plus bas, note 4.

3. Le Don, le Dniéper, le Dniester et le Danube. « Sæpe enim gentes eædem diversis fluminibus eadem nomina imposuere. » Durexs, t. IV, part. 2, p. 203. Cf. p. 189. De même pour le P6 et le Rhône. Feper, p.428 et Nouv.Ess., p.261. Cf. « Eridanus non unius fluvii sed appellativum nomen erat, ut Albis.» KLopp, t. X, p. 430. Pour la Morawa, v. Ann. Imp. 894, $11,t. II, p. 147.

4. « Viseræ vel Wistulæ, Albis, Rheni, Salæ aliaque multa fluviorum vocabula, nihil aliud quàm aquam, aut fluvium vel in universum, vel circumstantiis, quibusdam circumscriptum (velut originis montanæ, cursus Violenti, gustûs salsi significabant. » Durens, t. IV, part. 2, p. 68; cf. p. 203. Cf. pl. haut, p. 410 n. 1.

5. Ex. Le Harz, le Hardt signifiant forêt. FeLLEr, p.431. Pour les montagnes, v. pl. haut, p.158 n.6 et :« Sic Alpes, His, Brenner sunt montes, colles, cacumina ». Ip., p. 68. De même pour les Pyrénées, le Brenner et les Alpes. Nouv. Ess., L. c.; pour les Alpes et l’Apennin. S5 BB. toL Up 45; col. 2.

8. « Sciendum autem, vetera Gentium nomina interdum origine sua nihil aliud significare, quàm gentem, hominemve in universum ; eodem ferè modo, quo sæpè propria montium fluviorumque vocabula originariè nihil aliud quam montem, aut fluvium, aut simili aliquid in genere significant. » Durens, t. IV, part. 2, p. 68. :

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