Id. 814, $ 19, t. I, p
8. « Nomina etiam vetera hominum, quorum nulla Gernraniæ gens plura Frisiis retinuit, ducunt nos in Sacraria, ut sie dicam, veteris lingua.» Breois designatio, p. 2 (Durens, t. IV, part. 2, p. 186).
9. Nouv. Ess., 1. III, ch. DL, S 5. GERR., Phi, €. V. p. 267. Suivent des exemples.
10. P. ex. Chilpéric, passage cité pl. haut,note 8; Welf et Ulfilas. Ann. Imp. 819, $12,t. I, p. 12.
11. P. ex. Odin, Teutou Tuiscon. SK. BB., {. I, p. 8-9, note c, Irmin; Hermann, Hermès ou Arimann, dans les passages cités pl. haut, note 1, à propos de l’origine des Germains: même Ann. Imp. 4002,$ 56, t. III, p.823, c’est-à-dire presque à la veille de sa mort.
12.V. pl. haut, p. 410,n. 7. Cf. « Locorum difficilior explicatio est:sane antiquissima diplomata Caroli ævo data, hodiernas fere non Sylvarum tantum et montium sed et villarum jam tum appellationes hodiernas habent et credibile est pleraque à Saxonibus advenis non fuisse imposita sed inventa. » Ms. cité pl. haut, p. 410, n. 4. Cf. lettre à la Loubère (corr., fol. 37-38) du 49 novembre 1695, où Leibniz lui parle d’un dictionnaire basque « pour voir si on y découvriroit quelque rapport soit à la langue Britannique, ou à l'Hibernoise
lui paraissaient provenir des rivières (1), quelques-uns avoir été donnés par les premiers défricheurs des forêts (2), d’autres par les fondateurs mêmes des villes (3); mais la plupart lui semblaient relatifs à la situation géographique des localités (4). |
Quels principes Leibniz appliquait-il en étymologie? On a pu, d’après ses propres déclarations, lui reprocher de n'avoir pas de règles fixes, de voir un véritable jeu d'esprit, une sorte de passe-temps dans cet exercice (5). Il ne faudrait pas, cependant, exagérer : Leibniz .ne croyait pas, en linguistique, pouvoir obtenir de certitude absolue; mais
ou peut-estre aux langues d'Afrique » et lui demande «si la connoissance de cette langue pourroit servir à expliquer bien manifestement les Etymologies des rivieres et des villes » du pays où on le parle; et lettre à Nicaise du 24 août 1701, Geur., Phil, t. III, p. 592, pour le basque.
1. « Multum ad questionem hanc accuratius definiendum facerent etyma locorum, fluviorum maximè et montium, quorum nomina sunt nominibus villarum antiquiora. » De org. German, $ 28. Durens, t. IV, part. 2,
; 9. « Passim loca ab hominibus nominantur, qui primi excisis sylvis : excoluere, sed antiquiora sunt nomina a rivis.» Ann. Imp. 808, 7, t. I,p. 260. Cf. pl. haut, p. 410 n. 7. ,
3. Cf. pl. haut, ibid. Ex. Brunswick, Osterrode. Ms. XXIII. 23 a, fol. 14 — Il a parlé assez souvent des origines de Brunswick : Ms. XXII, 470, n° 2; mémoire du 1° juillet 1692. Z. d. h.V.f. N. 1885, p. 37(cf. Kzopp,t. VI, p. 374); lettres. d. (avant le 5 mai 1704) où J.-A. Gallilui envoyait l'extrait d’un manuscrit de Riccioli sur Bruno. Corr. de Sitonis, fol. 9 ; Ann. Jmp. 768, $ 22 et 861,5 32-35, t. [. p. 16 et 608-9.
% P.ex. Hanovre. Ms.cité ci-dessus et note sur une lettre de Pfeffinger(corr., fol. 221) du 13 juillet 1704; Hambourg. Ann. Imp. 808, $ 7 et 814, 12,t. I, p. 260 et 278.
5. FÉcamPr, p. 81-83 avec références (v. pl. haut, p. 152, note 9). Lui-même écrivait à Spanheim, le 4e octobre 169%, à propos de l’étymologie des Cermains qu’il proposait : « Mais tout cela ne sont que des conjectures ou plustost des jeux d’esprit que je soumets entierement à vostre jugement.» Corr. de Tentzel, fol. 78. « Etymologica res conjecturis, non demonstrationibus agitur; et credo, veras interdum esse origines, quæ minimè sunt verisimiles : casus enim in linguarum mutationibus magis quàm consilium dominatur. » Lettre à Ludolf, 12 décembre 1698. Durens, t. VI, part. 2, p. 180 (datée à tort du 23 avril dans GUHRAUER, Kurzmainz,t. 11,p.236).11 termine ainsi la lettre à Cuper du 5 décembre 1702, où il lui expose l’'étymologie d’Aeorpata et d’Arismaspi (reproduite plus tard dans la Brevis designatio, p. 5-6, DuTENs, t. IV, part. 2, p. 1489-90) : « Interim talia non nisi inter conjecturas habeo, donec pluribus indiciis confirmarentur.» Ms. original cité. De même, il finit le $ 743 de la Théodicée, sur le nom des Germains et d’Irmin, par ces mots : « Mais le plaisir qu’on sent, lorsqu'on croit trouver dans les mythologies des dieux quelque ancienne histoire des temps fabuleux, m’a entraîné peut-être trop loin, et je ne sais, si j’aurai mieux rencontré que Goropius Becanus, ou que
il en était de même pour toutes les sciences historiques (1). De plus, l’insistance avec laquelle il revenait surses hypothèses et la façon dont il essayait de les fortifier sans cesse pour les rendre plus vraisemblables montrent quelle en était l'importance à ses yeux (2). En réalité, il avait des principes, parfois bons mais qu’il appliquait souvent mal, parfois assez mauvais.
Le premier de ces principes était l’analogie, soit des mots, soit des choses ; tantôt des mots en entier, tantôt d’une partie seulement, car il croyait que les lettres pouvaient se transformer les unes en les autres (3). Outre les analogies lexicales, il en cherche soit entre le sens des mots (4), soit entre les conditions historiques des peuples de langue différente (5). Cependant les meilleurs philologues du xviie siècle se défiaient de ce principe : Huet lui-même, qui appelait son ancien maître Bochart « le Père des conjectures (6) », l’engageait à se garder de l’abus d’ «.étymologiser » (7). Ludolf et Cuper, tout en louant les efforts de Leibniz, l’avertissaient qu'il était fort dangereux de chercher des arguments dans les ressemblances des lettres, comme avait fait Goropius Becanus (8). Leibniz
M .Rudbeck, et que M. l’abbé de la Charmoye. » GEuR., Phil. t.V, p.165. Dans sa discussion avec Beaudelot (corr..fol. 1-4), lettre du 29 décembre 1714, sur les monuments de Notre-Dame de Paris, il donne son Opinion comme «la plus vraisemblable; car on n’y sauroit arriver à la certitude.» Cf. lettre à Otto Mencke de 1706.44. EE. Suppl. t. IV, p: 239 (Durens, t. VI, part. 2, p. 184).