D'ARTIGNY, Nouv. Mém., t. Ip
7. Ip., p. 408 et 409. I1 y fait, en étymologie, le procès de la méthode qu’il emploiera lui-même pour la mythologie. V. pl. loin, fin du Chap. 111.
8. «In notationibus vocum cavendum mones meritô, ne ex similitudine litera-
et les Tartares se sont em-
s’en rendait compte lui-même, car il disait que, à moins d’être très sévère en étymologie, on y peut facilement tout tirer de tout (1); il n’y a aucune langue, ajoutait-il, à laquelle on ne puisse accommoder les noms des dieux, comme Pavait fait Rudbeck pour le suédois (2). C’est peut-être ce qui le rendait un peu sceptique sur les résultats de l’étymologie et le poussait à y remédier en en multipliant les garanties (3).
Le second principe, plus fécond et certainement plus juste que l’analogie, c’est, en effet, l’induction (4). Aussi
rum, vel denominatione alicujus rer sola, sine affinitate aliguorum nominum, verborum vel phrasium, applicatio ad alia compositione incongrua fiat. » Lettre à Ludolf du 12 décembre 1698 citée pl haut, p. 413 n. 5. Durens, t. VI, part. 2, p. 180 (la partie soulignée est empruntée à la.lettre de Ludolf du 6 septembre 1698, Durens, t. VI, part. 1, p. 159). « Laudo conatus tuos in enodandis vocibus Celticis et Scythicis ; et optandum foret, ut nobis superessent plura illarum linguarum vestigia; sed tamen, ut verum fatear, periculosæ plenum est opus aliæ, argumenta sumere ex simili alterius linguæ, vel similis litteris. Fecerunt id olim, uti non ignoras, Goropius Becanus et SChrieckius; et ante aliquot annos.… Franc. Foris Ostrokosci in originibus Hungaricis.» Lettre de Cuper, 23 janvier 1703. Ms. original cité.
4. «Scis.. quàm proclive sit quidvis ex quavis lingua exsculpere, si genio indulgeamus Goropio et Rudbeckii », Lettre à Acoluth, 10 octobre 1695. Du- TENS, t. VI, part. 2, p. 138. « Nominum allusiones parum.probant, et, nisi severi simus in re etymologica, facile quidvis ex quovis faciunt. » Ip., p. 128.
2. « Sed hoc modo nulla est lingua, cui non nomina Deorum accomodes, ut fecit Rudbeckius in Suedica et Otroskius in Hungarica. » Zbid.
3. « Les Etymologies bien entendues seroient curieuses et de consequence, mais il faut joindre les langues de plusieurs peuples, et ne point faire trop de sauts d’une nation à une autre fortéloignée sans en avoir de bonnes verifications, où il sert surtout d’avoir les peuples entre eux pour garans. Et en général l’on ne doit donner quelque créance aux etymologies que lorsqu’il y à quantité d'indices concourans. Autrement c’est goropiser. » Mouv. Ess., 1. IT, ch. 11, $1. Geur., Phil, t. V, p. 264. Cf. note suivante.
4. «L'étude des langues ne doit être dirigée que par le principe des sciences exactes. Pourquoi, en effet, commencer par inconnu plutôt que par le connu ? Il est manifeste que nous devons étudier d’abord les langues modernes qui sont à notre portée, afin de comparer les unes avec les autres pour en découvrir les différences et les affinités, passer ensuite aux langues qui les ont précédées, afin d’établirleur filiation et leur origine et remonter ainsi de proche en proche jusqu'aux dialectes les plus anciens dont l’analyse nous donnera les seuls résultats certains.» Cité par Max Mürzer, la Science du Langage, p.157, et Nouvelles leçons, t. I, p. 16-17 comme étant dans le PBrevis Designatio, où il nese trouve pas. À propos de la valeur des sons dans la langue primitive, il écrivait à Sparfvenfeldt (lettre citée pl. haut, p.408, n.6): «il faudroit premierement establir par une bonne induction la force deslettres singulieres, et puis venir aux combinaisons. » « Ego, non facile etymologiæ fido nisi multis conspirantibus confirmetur, et in conjecturis ipsis veril—
Leibniz conseillait-il de réunir des mots, non des raisons ou des étymologies (1). Il essayait de le faire lui-même, soit pour les langues anciennes (2), soit pour les langues . modernes en Allemagne avec les dialectes (3), hors d’Allemagne avec les mots germaniques (4), surtout dans la Russie, l'Asie et même en Afrique, grâce aux voyageurs et aux missionnaires (5), et réclamait des cartes Hnguis-
similitudinem desidero.» Lettre à Cuper, 1°7 juillet 1703. Ms. original de la Haye. A ce principe se rapporte l’emploi de la méthode directe dans l’étude des langues vivantes : « on doit, dit Leibniz, enseigner une langue plutôt par l'usage que parlagrammaire : quand on a suffisamment d'expérience de La langue, la grammaire peut servir à monter plus haut. » Lettre à Gabr. Wagner, s. d. (fin de 1696). GErn., Phil. t. VII, P- 523.G. Bar uzI, p. 198, note 3 et CouTuRAT, P. 65 note. Leibniz croyait qu'on devait apprendre le latin d’après les mêmes principes. VNova metk.,$ 40. DurTENns, t. IV, part. 3, p. 178.
1. Lettre à Gehr-Meier (corr., fo]. 101), s. d. (après le 3 avril 1696).
2. Lettre à Nicaise, 30 avril /10 mai 1697. GEnR., Phi. t. IT, p. 568. « Aliquando Scythica inspicor, quæ nunc usurpatur qui jactantur cum Germanis re peri spes inferiorem. Scythica passim apud Herodotem aliosque Græcos scriptores leguntur. Atque utinam talia ex veteribus non minûs quam Gallica, Persica, Phrygia collecta haberemus. » Lettre à Cuper du 5 décembre 1702. Ms. original cité. Lettre à Biel, 2 mars 1715. BARKEY, Symbolæ. 2e cl. fase. 3 (1781), p. 484.
3. Lettre à Paullini, 22 novembre 1692. Foucner DE CAREIL, t. VII, p. 200: le 1° décembre 1693, il écrivait à Gehr. Meier (corr., fol. 84): «Vellem persuadere hoc... viris doctis per omnes Germaniæ provincias ut peculiares suæ regionis voces annotarent.…., Multum ea res profutura esset non tantum ad verborum origines, sed et rerum, rituum, jurium.... Nulla habemus antiquiora monumenta abditæ vetustatis quam ipsa vocabula jam plera fugientia, quas plebs utcunque adhuc servat. » Cf. lettres à Ludolf, 15 avril 1692. Durens, t. VI, p. 106 et à Fabricius, 44 septembre 1705. Korru, t. 1,p "105. Durens, t. V, p. 272-3.
4. Il désirait voir faire un recueil de mots souabes et suisses. «Inde facilius intelligatur an remotiores ali Germanicæ populi ad Helvetios Colonias miserunt. » Lettre à Pregizer (corr., fol. 28-29), 25 juillet 1692. « Ac vellem verba vestra propria phrasesque ab aliquo polyglotto colligerentur. » Lettre à Hottinger (corr., fol. 12-13), 3 février 1708.
5. V. pl. haut p. 274-276 et BaARUZz1I, p. 127: 10 pour les langues de Russie et de Sibérie : lettres à Ciampini (corr.. fol. 3),s. d. (après le 10 mars 1692). Leibniz essayait d’en avoir par les PP. Kochanski, Grimaldi, Vota : lettre au landgrave Ernest, 10/20 Juillet 1692, Rommez, t. IT, p. 428 Ss.; lettres à Witsen (corr., fol. 1-2, 8-9, GUERRIER, p. 25 et Dürens, t. ME Sparte p. 200) des 10 mars, 9/19 août 1694, 27 août /6 Septembre 1697 et 5 novembre 1698:
Schafirof, 22 juin 1716. GUERRIER, p. 10, 22,50-51,87, 191,278 et 344: 2° pour les mots tartares : lettres à Benzel, 12 octobre 1697. FE LLER, P. 157 et de Rôber (corr., fol. 12-13) du 3 novembre ; 3° pour la Chine et l’Asie orientale, lettres
à Bouvet, 25 février 1701 ( corr. de Pinson, fol. 94-96) et au P. Verjus citée
tiques (1). Par ces procédés, Leibniz était arrivé à des résultats intéressants pour l’histoire(2). Le mot père, le plus commun de ceux que connaît l’homme, avait pour lui la plus grande importance et 1l cherchait à en avoir l’équivalent dans toutesles langues (3); c’est d’aprèsles principales formes de ce mot, Atta chez les peuples du Nord et Abba chez ceux du Midi, qu'il divisait les langues de l’ancien continent en deux grands groupes (4). Les plus importantes étaient naturellement pour lui les premières, qu'il appelait aussi langues celto-seythiques (5) et subdivisait en deux fractions, l’une celtique correspondant à l'Occident, l’autre sevthique correspondant a lOrient et surtout au Nord de PEurope (6). Leibniz comprenait parmi les Celtes, les Ger-
pl haut, p. 403, n° 5 ; 4° pour les langues d’Afrique, lettres à Ciampini (corr. fol. 16-17), 24 novembre 1692 et à Fantoni(corr., fol. 6-7),15 janvier 1693.Leibniz reçut des paters de Witsen : DurTens, t. VI, part. 2, p. 199. — V. surtout pour la méthode employée la lettre à Podesta s. d. (1695 env.). FELLER, p. 49-54 (Durexs, t. VI, part. 2, p. 228-30) et la lettre à Chamberlayne s. d. (avant 1715), n. a. où il dit qu'il faudrait étudier l’ancienne langue persanè d'après les vieux livres et les inscriptions bilingues de Palmyre, où les noms propres permettraient de retrouver l’alphabet. Durens, p. 193.
1. Cf. pl haut, p. 494, n° 2, et lettre au landgrave Ernest, 10/20 mai 1692. RômmeL, p. IL, p. 430;:Fezzer, p.160 (Durews, t. VI, p. 302)et Durens, t. VI, part. 2, p. 188.