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V. pl. bas, Chap

10.V. pl. bas, même passage. « Des Historiens un peu trop trop modernes, pour estre Crus aisement » racontent l'Histoire de Saxe «presque depuis le

Ï savait, d’ailleurs, que lès fables elles-mêmes sont utiles pour nous faire connaître les croyances des hommes, l’état des mœurs et de la littérature (1). Les légendes montrent la crédulité des hommes du moyen âge (2) et prouvent pariois leur immoralité (3).

Te est l’inimense champ de matériaux de l’histoire que Leibniz a connu et exploré presque en entier (4). Pour s’y reconnaître et en user convenablement, il était nécessaire d’avoir un grand nombre de Connaissances, soit générales, soit particulières. Les premières sont l’instruction ordinaire requise de tout historien, les secondes

deluge jusqu’à Charles Magne, et ils se fondent sur de vieilles traditions ou chansons. C’est pourquoy on est obligé d’en rapporter quelque chose sans y ajouter trop de foy et plus tost & dessein de la critiquer. » Mémoire du 4er juillet 1692. Z. d. h. V. f. N: 1885, p. 32. — 11 oppose à l’histoire la tradition qui fait venir le nom de la « Westphalie » du cheval de Witikind, «folen ». Breois synopsis hist. Guelf. PErTz, t. IV, p. 227-8. |

1. Il écrit, à propos de Gervais de Tilbury. « Il y a de l’or dans cette boue. Les fables mesmes dont il est si prodigue ont leur usage pour faire connoistre le genie de ce temps ». « Quoyque cet auteur dise mille choses extravagantes, il en dit aussi bien d’utiles et les unes aussi bien que les autres servent à faire connoïstre l’etat des lettres de son temps. » Lettres à Lelong des 13 décembre 1707 et 24 septembre 1708. Ed. p. 63 et P. 79. De même, à propos des extraits des histoires mémorables de Cæsarius de Kistenbeck : € Porro in Memorabilium

opere progenio ævi credulus, multa narrat inepta et ridenda potius quam mira- Cula.. (exemple). Talium historiolarum aliquot decades noster Suppeditare posset, quarum partem debuit Fratri Adamo, Sacerdoti et Monarcho Cœnobii nostri Luccensis. Sed hæc,sive ad credendum, sive ad fingendum proclivitas, non obstitit, quo minus aspergeret noster Historiæ sui temporis inservitura. » LYC BB. Préf. du n° xuir du t. II, p. 47. Cf. t. ne MON à propos de la translation de saint Ephiphane à Hildesheim. V. aussi sur la chronique de Dietrich Engelhus : « Ut ex Gervasit decimi tertu, ta ex Engelhusio decimi quinti doctrinam, saltem qualis in Germania erat, velutin speculo intueri licet. » SS. BB., t. IT, n° z1, préf., p. 56.

2. « Mira extat fabula apud Albertum Argentinensem ab Urstisio editum, quam attingere libet, ut misereat antiquæ credulitatis, quanquam non defuere in hac luce temporum Eusebi Nierenbergii et similes mythologi, qui recoxere.» Ann. Imp. 9838, $ 39, t. III, p. 454.

3. A propos du récit de la prise du château de Chèvremont par l’évêque Notker de Liège qui s’en serait emparé, sous prétexte de baptiser le fils du seigneur, en déguisant des soldats en clercs, Leibniz écrit, après en‘avoir montré l'impossibilité : « Sed minus miror, hæc tam inepte fingi, quam tam improbe laudart potuisse; tanquam scelus susceptum commodo rerum ecclesiæ in virkutis actum verteretur. » In. 987,$ 11,t. III, p, 511. |. 4. À ce point de vue encore, Leibniz est bien de son temps. Le xvrrre siècle est l’âge de l’humanisme et de la « Polyhistoire » ou polygraphie. V. Dicraey, Deutsche Rundschau de MR SEA WAGHLER, t. TMD 854

sont ce que nous appelons les seiences auxiliaires de l’histoire. Leibniz a possédé les unes et les autres.

[ avait l'esprit naturellement porté à la synthèse tout autant qu’à l'analyse. « La tête de cet homme, a dit Diderot, était ennemie du désordre; et il fallait que les matières les plus embarrassées s'y arrangeassent en v entrant (1) ». Aussi aimait-il l’érudition en quantité. Il ne comprenait pas les reproches de confusion et de prolixité qu'adressait Bossuet à l’histoire du luthéranisme de Seckendorf (2). « 1! pouvait retrancher bien des choses, répondait-il, mais cest de quoi je ne me plains jamais, surtout à l'égard des Livres qui ne sont pas faits pour le plaisir (3). » Tout en reconnaissant qu’ «un bon eéhoix est l’ame des Recueils », il approuvaït le réfugié français Chappuzeau, auteur d’un projet de Dictionnaire historique et géographique, de n'avoir 5as voulu «reserver son ouvrage: 1l'esttoujours plus seur et plus utile de donner trop que trop peu », ajoutait-il (4). Il ne méprisait point «les compilations lorsqu'elles sont faites sur de bons sujets et d’une manière propre à nous faire gagner la peine de chercher au besoin (5) ».

1. Diperor, Encyclopédie, édor de Genève, 1777, t. XIX, p. 791,5. v. Leie- NITZ Cité par GUHRAUER, t. II, Beil., p. 10. Cf. la caractéristique de Leibniz par J. Bourneau, L'Allemagne au xvire siècle. Rev. des Deux Mondes, 1er août 1886, p. 604.

2. « La confusion y est horrible et dans une grandeur enorme.» Lettre du 26 mars 1692. KLopp, t. VII, p. 166.— Un réfugié français, Monceaux (corr., fol.3-6) avait projeté de partir de cet ouvrage, « de lui donner une autre forme et. d’escrire une histoire suivie du lJutheranisme, sur les memoires » dressés par Seckendorf. C’estle« Projet d'Histoire de la Reformation de l'Allemagne par Luther, presenté à $. A. $. de Brandebourg et approuvé », envoyé à Leibniz le 4 octobre 1697.

3. Lettre du 8/18 avril 1692. Durens, t. I, p. 531. Cf. : « Ces sortes de livres ne sauroient estre trop longs, puisqu'ils sont remplis de faits tirés des sources». Lettre au landgrave Ernest s. d. (décembre 1691). Rome, t. II, p. 371, et: « Un livre chargé de faits importans et nouveaux ne sauroit estre trop long pour le public ». Lettre à le Clerc, 3/18 janvier 1692. Durens, t. V, p. 566.

4. Lettre à Chappuzeau (corr., fol. 3-4), 12 septembre 1692. « Je repete la priere que je vous ay faite pour l’interest du public de ne pas trop eviter les digressions utiles sur quelques sujets considerables. » Lettre au même (corr.

fol. 7), 23 septembre 1692.

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