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V. pl. haut, p. 59, n

découvertes historiques » avaiant été faites depuis son apparition (1); aussi Leibniz désirait-il vivement le voir refaire et accompagner de preuves : cela eût dû être, selon lai, l'œuvre des historiographes des princes d'Allemagne (2). Comme Henninges avait été à Lunebourg, les ducs de- Brunswick prétendaient avoir «un droit particulier sur son ouvrage (3) » et Leibniz aurait voulu faire opérer cette refonte par un professeur de l’Université de Helmstædt (4). FH avait « exhorté un sçavant homme du voisinage » à donner ceite nouvelle édition (5), mais la tentative n’aboutit pas (6). Enfin, il était loin de se désintéresser des questions généalogiques relatives aux pays étrangers (7). Il connaissait tous les ouvrages importants qui s’y YappOrtaient (8).

«Les Genealogies, selon lopinion de bien des gens, sont “omme les perspectives, où les erreurs sont agréables dans

1. Lettre à Chauvin (corr., fol. 16), 4 juillet 1697. — D’Hozier, à qui Leibsiz avait parlé de la refonte de l'ouvrage, déclarait (corr., fol. 20-21), le 10 novembre 1697, qu’ «il y a un mélange de tant d'origines fabuleuses qu’elles dégoutent de la Lecture ». :

2. «Optandum, ut Henningesii Genealogiæ repurgarentur, additis probationibus : Historiographis Principum Germaniæ id curæ esse debet.» FELLER, p. 421.— De même, Greiffencranz (corr., fol. 75), lettre du 4 février 1698, conseillait de faire ajouter des preuves à un ouvrage généalogique de Butkens.

3. Lettre à d’Hozier (corr., fol. 17), 20/30 août 1697. Cf. lettre à Nicaise du 9/19 août. Genr., Phil, t. I, p. 575.

4. «Je voudrois qu’on pût pousser quelque savant Professeur de quelque université à travailler au redressement et supplément de grand ouvrage d’Henninges, mais il faudroit que les Princes l’encouragassent, et jy songe effectivement pour Helmstat, » Lettre à Greiffencranz, 29 janvier 1697. F£eLLenr, p- 65 (Durens, t. IV, part. 2, p. 270).

5. Lettres à d’Hozier et à Nicaïse citées note 3. Il semble que ce fut Gaspard Côrber, professeur d'histoire à Helmstædt. Dans son Journal du 18 janvier 1697, Leibniz parle, en effet, d’un subside annuel de 100 thaler à donner à Côrber pour l’ouvrage de Henninges; il devait en parler à Bernstorff et à €h. Schrader. Sur Côrber, v. BODEMANN, p. 39, n° 176.

6. Leibniz éa écrit encore à Heïneccius dans la lettre du 1° décembre 1707 citée pl. haut, p. 390, n. 38, et parle d’y ajouter des preuves.

7. Pour la maison royale d'Angleterre, v. FELLER, p. 433-4; pour la France; v. pl. haut, p. 241, n. 4.

8. V. des extraits de Guiliman (1605) sur la maison d'Autriche et de Jérôme Vignier (1649) sur l’Alsace et la Lorraine. Ms. XIIÉ 713 h, n° 377 et 743 a, dans le t. IT, non paginé. D’après Benoît Picarp, L'origine de la maison de Lorraine, 1704, p. v, Leibniz aurait protesté contre le système de Vassebourg qui fait venir de Charlemagne les ducs de Lorraine,

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l'éloignement (1) », disait Leibniz, mais lui-même, pas plus que les pr'nces ses maîtres (2), ne donnait dans ce travers. Aussi s'est-il toujours préoccupé de combattre les fausses vénéalogies, autant que d’en établir de vraies. Il savait combien l'erreur y est grave, puisque « de chaque mâle qu’on fait entrer parmy les ancestres d’une famille, depend toute la suite et que le defaut d’une seule personne la rend fautive, ce qui n’a pas lieu dans d’autres erreurs (3) »: il savait aussi combien elle est aisée, puisqu'elle peut dépendre de la similitude des noms (4), de l’explication inexacte des surnoms (5), d’une interprétation abusive de la parenté provenant du peu de précision des expressions (6), des armoiries qui «sont une source inepuisable de fables (7)». sans parler naturellement de la vanité des princes, de l’imagination, de la crédulité des historiens.

C’est pourquoi Leibniz s’est élevé contre « la fabulosité des Italiens en matiere de genealogies (8) ». Nous l'avons vu

1. Remarques sur les Chevræana, $ czxr. FELLER, p. 217 (Durens, t. VI, p. 327).

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