‹ Leibniz HistorienChapitre 481 sur 854 · V. pl. haut, p. 453, n · texte numérisé non relu

V. pl. haut, p. 453, n

cédé ordinaire de Leibniz. « Il écrivait le plus souvent sur des pages in-folio (à peu près du format « ministre ») pliées en deux dans la longueur. Le brouillon occupait une des deux colonnes ainsi marquées; il s’augmentait successivement d’adjonetions et de notes marginales inscrites dans l’autre colonne; et 11 n’est pas rafe que celle-ci soit aussi pleine que celle-là (1) ». Quand il faisait des extraits, il ne dépassait pas ordinairement la demi-moitié gauche, de sorte que chaque moitié restait écrite d’un seul côté; ce système avait Pavantage d'économiser du papier, avantage auquel Leibniz était loin d’être insensible (2). Et comme il sentait qu’il eût été bon d’avoir des fiches correspondant chacune à une idée ou à un fait, après avoir pris ses notes d’une manière ininterrompue, il découpait avec des ciseaux sa feuille en morceaux de toute grandeur : de là les coupons de dimensions si variables qui subsistent aujourd’hui (3). Pour se reconnaître dans ce chaos, il y mettait des titres généraux et parfois y ajoutait des numéros; ils nous permettent de reconstituer jusqu’à un certain point, ses origines des nations (4).

Ainsi Leibniz a connu le système des fiches, si fécond pour les historiens contemporains, et il l’a pratiqué econsclemment ; c’est à cela peut-être qu’il convient d’attribuer la richesse et la précision de son information en histoire. À ce

4. /CouTuraT, Opusc. p. 1v-v; cf. KLorp, t. I, p. 1v. FEx. les fac-similés cités pl- haut, p. 326 n. 3. Celui que donne Baruzi, p. 224, est presque une exception. — Sur les dépenses de papier faites par Leibniz, v. lettre à Witzendorf, s. d. (1677), BopEMANN, p. 391, n° 1009. — L'écriture de Leibnitz est fine, presque droite, très serrée : cf. CoururaT, Logique, p. 147 note 1.

2. Sans accuser Leibniz d’avarice, il est certain qu’il poussait l’économie fort loin : sa correspondance est pleine de récriminations sur le prix des ports de lettres, des livres qu’on lui achète, de précautions à prendre sur son logis quand il est absent, de réclamations sur son traitement, de demandes de pensions nouvelles, même de questions sur la meilleure manière de placer son argent. Ses secrétaires, Eckhart et Rühlmann, étaient, d’après leurs lettres à Leibniz, dans le dénûement (v. pl. haut, p. 297, n.3 et p. 293, n.1). Leibniz ne les payait pas lui-même, leur accordait à peine le nécessaire, se faisait âprement rembourser les quelques thaler qu’il leur avançait, les laissait sans feu pendant l’hiver; on comprend qu'Eckhart lui ait donné l’épithête de sordidus. Sur ses revenus au moment de sa mort, v. D'œBNer, introduction.

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