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V. pl. haut, p. 318.ss

point de vue encore Leibniz est fort en avancesur son siècle, où on ne connaissait guère, en France tout au moins, que le système des cahiers. Du Cange, par exemple, prenait ses notes tout d’une suite, en distinguant seulement quelques rubriques (1). Bossuet faisait de même ses extraits d’une manière suivie et ajoutait enstite en marge des titres sommaires et des annotations à l’encre (2). Les Bénédictins du xviie siècle ne paraissent guère avoir connu que le système des cahiers. Mabillon, parlant de la nécessité de faire des. recueils de ses réflexions ou de ses lectures, distingue deux principaux systèmes : celui des cahiers, sur lesquels on écrit tout d’un trait ce qui est pris d’un ouvrage après avoir indiqué son titre, on ajoute ensuite en marge des rubriques dont on peut faire une table alphabétique; le second est celui des registres contenant, par ordre alphabétique, soit les syllabes, soit les mots principaux; le prémier, celui qu'employait Bossuet, paraît au Bénédictin à la fois le plus simple et le plus commode (3).

Les procédés de travail de Leibniz étaient naturellement pratiqués par ses collaborateurs. Et parmi ceux-ci, nous avons vu que trois ou quatre, surtout Feller et Eckhart, n'ont pas été de simples copistes, mais des érudits qui travaillaient sous sa direction et d’après sa méthode.

1. P. ex. Res, Urbes FNomina. FEUGÈRE, Etude sur la vie et les ouvrages de Du Cange, Paris, 1858, p. 62 ss. Cf. LANGLoIS, p. 305.

2, RÉBELLIAU, p. 152. à k de

3. Trauté des Etudes monastiques, Part. II, ch. x1v. Des collections'ou recueils. p. 303-6 et 311. Il n’y à guère que pour les Catalogues que Mabillon paraît, comme ses contemporains, avoir connu le système des fiches. V. pl. haut, p.456, n.7.Peut-être au siècle suivant les Bénédictins ont-ils changé de méthode. car Dom Lobineau parlé déjà de prendre des notes «à part sur. des feuilles séparées ». Letire à Dom Simon Bougis, supérieur général de la congrégation de Saint-Maur, 3 octobre 14708. Bull. de La soc. archéologique de Nantes, t. XXVI (1887), p. 41 ss. — [Histoire de Bretagne, faite sans doute d’après ce système (voir sur elle dom TAssiN, Histoire littéraire de la Congrégation, de Saint-Maur, Bruxelles 1770, p. 484-88), avait paru en 1707 ct elle avait eu un tel succès. que les Etats de Languedoc, à l’imitation de ceux de Bretagne demandaient un Bénédictin pour écrire leur histoire. Leibniz à la Croze. 29 septembre, 1716. Korra., t. I, p.435 (Durens, t. V, p. 509). Leibniz s’en tretenait de cet ouvrage avec la Croze de 1712 à 1744. Ip., p. 420, 430 et 436 (DurTens, p. 501, 504 et 506); il l’a cité Ann. Imp. 992$ He TI p 580!

Leibniz trouvait naturelle la collaboration dans les sciences (1), à condition qu’il.y eût unité de direction (2); quand il.n’aurait fait lui-même qu'exciter les autres au travail. disait-il, il aurait rempli suffisamment son rôle (air regrettait les grandes villes où il aurait trouvé des collaborateurs (4) ; il. n’a cessé d’en réclamer pour les mathématiques (5),le droit et la philosophie (6) et n’en a obtenu qu'en histoire (7). Ce principe, conforme à la division du travail (8), était, d’ailleurs, suivi d’une façon générale au XvrIe siècle comme pendant la Renaissance (9):

‘1. Il écrivait de Leuwenhoeck à Bleiswyck, le 24 février 1698 : «Il a raison de tenir ses manières d’observer secretes, tant que la république ne l’aide pas comme il faut. Mais si on lui donne une honnête pension, et si on lux entretenoit des jeunes gens propres à le soulager dans les experiences, puisque lux seul ne peut pas voir et.examiner une infinité de choses, qu’il pourroit faire observer aux autres par sa methode, je tiens qu’il y est obligé. » Feper, p. 344-5.

2. À propos de l'édition du Louvre des mathématiciens du Louvre, par Boivin et la Hire, il écrivait à Huygens : « On dit que l’ouvrage auroit esté plus exempt de fautes, si un seul, qui eut l’habileté de ces deux sçavans, eut eu la direction de cette édition. » GeHR., Briefw., p. 725.

3. C’est ce qu'il dit dans une lettre que nous n’avons pas retrouvée. Cf.: « Si j’estois aussi capable d’avancer les Méthodes que je suis disposé à en projetter, nous irions sans doute bien loin ».Lettre à l'Hôpital, 28 avril 1693. GEHr., Math., t. II, p. 236.

4. Lettres à Th. Burnet, 7/17 mars 1696. GER, Ph III D M5 (Durens, t: VI, p. 232); à Papin, 15 mai 1697. GERLAND, p. 220. — Dès 1690, il demandait un jeune homme intelligent et instruit pour le former. Lettres à Placcius du 8 septembre (Durews, t. VI, p. 48) et à Dransfeld (corr., fol. 20) du 13 octobre.

5. Lettres à l’Hopital s. d. (après le 24 février 1693) du 13/23 mars 1695. Geur., Math., t. II, p. 228 et autres lettres citées par CouTuRAT, p. 395,note 3; lettre à Basnage de Beauval s. d. (1693). FEDER, D199:

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