V. note suivante
6. « Ponderanda sunt itaque testimonia non numeranda : et res omnis redit ad doctrinam de gradibus probabilitatis, quam nemo quod sciam pro dignitate tractavit. » Suite de la lettre à Eisenhard citée pl. haut, note 2. Cf. CoururarT, Opuse. p. 211 et les textes cités, Logique, p. 246, n. 5.— Quelquefois, cependant, Leibniz semble compter les témoignages : v. pl. haut, p. 431, n. 6.
7. «Si on donne tant de croyance en Angleterre aux depositions des temoins, C’est parce que la Torture n’y est point. Cela les oblige à se contenter des preuves pour condamner, dont en quelques autres endroits on ne se serviroit que pour venir à la question. Cependant les tesmoins devroient estre,
dont-nous avons déjà trouvé l'emploi en chronologie et en généalogie (1). Leibniz l’applique toutes les fois qu’il le peut pour établir des faits aussi incontestés que pote mais Ce Cas arrive assez rarement (2).
Le plus souvent, en effet, les documents diffèrent plus qu’ils ne se ressemblent entre eux; dans ce cas, Leibniz essaie de concilier les témoignages différents. Cette tendance à tout concilier répondait, d’ailleurs, à un besoin de son esprit, eb il l’appliquait en philosophie (3).Préoccupé de tout comprendre et de chercher la raison de tout, ce qui mène volontiers à donner raison à tout le monde, voyant partout du vrai, Leibniz, maugurant la méthode éclectique,
si non, omni exceptione majores, au moins sans reproches, et deposg sur un même faut. » Lettre au landgrave Ernest, 27 avril 1683. Rommez, t. I, p. 314-5. « Quand les histoires des differens peuples se rencontrent, dans les cas, où il n'y a pas d’apparence que l’on a copié l’autre, c’est un grand indice de la verité. Tel est l’accord d’'Herodote avec l’histoire de Vieux Testament en bien des choses, par exemple lorsqu'il parle de la bataille de Megiddo entre le Roy d'Egypte et les Syriens de la Palestine, c’est-à-dire les Juifs, où, selon le rapport de l’histoire que nous avons des Hebreux, le Roy Josias fut blessé mortellement. Le consentement encor des historiens arabes Persans et Turcs avec les Grecs, Romains et autres occidentaux, fait plaisir à ceux qui recherchent les faits; comme aussi le temoignage que les médailles et inscriptions, restées de l’antiquité, rendent aux livres venus des anciens jusqu’à nous, et qui sont à la verité des copies de copies.» Moue. Ess., 1. IV, ch. xvi, $ 21. Genr., Phil, t. V, p. 451-2.