Id. 942, 87, t. II, p
6. « Nisi ita conciliemus sententias, ut ecclesia jam structa, serius monasterii votum supervenisse credamus.» Jd. 832, $ 9, t. I, p. 417. « An dicemus, quæ Boso cœperat modica mox neglecta, a Theodorico renovata et amplificata; capellam Bosoni, monasterium Theodorico deberi ? » 970, LILI EpA ST.
TATTABSAT ANSE NENI p 037
8. « Ut alterutrum negandum putes, Gatalaunensem vel Halbsertadensem episcopum fuisse Hildegrinum, nisi alteri renuntiasse dicemus, aut msi tantum chorespicopus apud Catalaunos fuisse intelligatur, quod verisimilius puto; atque ita omnia recte cohæret. » Id. 809, $ 12, t. I, p. 264-5. De même, à propos d'Henri, duc de Carinthie et de Bavière, 989, $ 12, t. III,
ou les transferts de chapelles et de monastères (1), l’origine de certaines institutions (2). Parfois il prend le milieu entre deux opinions opposées (3); rarement, semble-t-il, il n’accepte aucune des solutions proposées (4).
Ainsi la eritique des témoignages chez Leibniz est avant tout syncrétique (5). Ce n’est pas, cependant, qu’il ne soit jamais assailli par le doute, ou qu’il méconnaisse en histoire l’importance de cet état d’esprit (6); mais celui-ci est, en somme, assez rare chez lui : il n’existe que quand Leibniz ne trouve soit dans les documents, soit en lui-même, aucun moyen de décider de la vérité ou de la fausseté d’un témoignage, faute de données suffisantes (7) ou par suite de
1. Transfert, non d’un évêché, mais d’un monastère à Halberstadt. Zd. 844, $ 27, t. I, p. 283; pour la fondation du monastère de Saint-Michel de Lunebourg, à laquelle on donne des dates de 906 et 958 : « Hæc addere suffecerit, posse conciliari utramque sententiam, si altera emendatur; et Ecclesiam quidem fundatam ab Ottone Duce, sed in monasterium (ut sæpe fiebat), conversam ab Hermanno.» S$. BB., t. II, n° xxx, préf., p. 33. Cf. Ann. Imp, 906, $ 13, t. II, p. 218.
2. Ex. l'exploitation des mines en Allemagne rapportée par différents témoignages à Henri Ier et à Otton Ier. « Sed nihil prohibet intelligi fodinas, quas passim jam tum exercitas, dubitandum non putem.» S%$. BB., t. IT, n.xLiv, préf., p.49. Cf. Ann. Imp. 922, $7,t. II, p. 329 et 968$ 72, t. III, p. 255-6.
3. Liutolf a-t-il été renvoyé ou s’est-il échappé de l'Italie? « Ego medium tenens, nec remissum, nee elapsum putem, sed veniam abeundi petiisse. » Id. 954, $ 44,t. II, p. 612.
&. Nous n’en avons relevé qu’un exemple : Rome s’est-elle soumise à Charlemagne et Etienne III a-t-il refusé obéissance aux Grecs? « Neutrasententia plane vera est. » Zd. 796, $ 2, t. I, p. 187.
5. Le plus bel exemple en est la façon dont il réunit et concilie les différentes origines du nom des Germains (v. pl. haut, p. 152, n. 1), surtout dans le passage de la Théodicée, cité pl. haut, p. 412, n. 1.
6. Sur son existence en philosophie, v. Leibniz Stellung zur Skepsis. A. f. G. d. Ph., 1906, p. 201-3.
7. C’est ce qui lui arrivait, p. ex. pour la prophétesse Antoinette Bourignon : lettre à Braydelongue, 1680. Z. f. Kirchengesch., t. XII, p. 364-5; sur l’origine de l’imprimerie, il n’ose rien décider, faute de documents contemporains : lettre à Tentzel (corr., fol. 154), 27 juin 14701 (cf. lettre à Pinson du 9/20 février 1700 citée par BopsMmann, p.330, n° 915); à propos d’un alchimiste, v. pl. haut, p. 466, n. 4; « Itaque quamdiu falsitas veritasve opinionis receptæ demonstrari per certiora non potest, rem in medio relinquemus.» Ann. Imp. 807, $ 32, t. I, p. 256. Les exemples les plus remarquables sont peut-être ceux où il s’agit d’actes officiels, que Leibniz n’ose ni admettre, ni rejeter. À propos d’une formule: « Ego quicquid hoc est, neque pro spurio rejicere, neque pro certo recipere ausim.» Zd. 964, S$ 2, t. III, p. 77-78; d’une constitution pontificale : « Itaque etsi excusari hæc quoque
contradiction entre elles (1). Cependant, il admet le doute & priori dans certains cas : pour les périodes très anciennes, surtout dans l’histoire particulière des peuples barbares (2), pour les circonstances et le détail des faits (3), pour leurs causes intimes (4), et devant l’invraisemblance ou l’énormité
possint, judicium tamen meum Suspendo, et actum aliquid hujusmodi facile admitto, genuinam incorruptamque scripturam extare non æque ». Id. 964, $ 12, p. 140.
1. Par l'identification de Thule avec l'Islande : «res ambigua fit, varietate testimoniorum. » Jd. 834, $ 28 t. [, p. 448. « Equidem mire pugnant auctores de natali solo, ortu, nomine, tempore, donatione, gestis, exituque Papissæ » Johannæ. Æores. $ 14, p. 309. C’est le système que Bayle appliquait à la critique des récits bibliques. J. DELVOLVÉ, Religion, critique et philosophie positive chez Pierre Bayle. Paris, 1906, p. 238-9.
2. « Des Jurisconsultes ont écrit de fide historica, mais la matière meriteroit une plus ample recherche et quelques-uns de ces Messieurs ont esté trop indulgens. Pour ce qui est de la grande antiquité, quelques-uns des faits les plus eclatans sont douteux. Des habiles gens ont douté avec sujet, si Romulus a esté le premier fondateur de a ville de Rome. On dispute sur la mort de Cyrus, et d’ailleurs opposition entre Herodote et Ctesias a ropandu des doutes sur l’histoire des Assyriens, Babyloniens et Persans. Celle de Nabu-
qu’ils racontent de la defaite des Gaulois par Camille. Surtout l’histoire propre et privée des peuples est sans credit, quand elle n’est pas prise des originaux fort anciens, ny assés conforme à l’histoire publique. C’est pourquoi ce qu’on nous raconte des anciens Rois Germains, Gaulois, Britanniques, Ecossois, Polonois et autres, passe avec raison pour fabuleux et fait à plaisir. Ce Trebathe fils de Ninus, fondateur de Treves, ce Brutus auteur des Brittons ou Brittains, sont aussi veritables que les Amadis. Les contes pris de quelques fabulateurs que Trithemius, Aventin et même Albinus et Sitfrid Petri ont pris la liberté de debiter des anciens princes Francs, Boiens, Saxons, Frisons et ce que Saxon le Grammairien et l’Edda nous racontent des antiquités reculées du Septentrion, ne sçauroient avoir plus d’autorité que ce que dit Kadlubko, premier historien polonais, d’un deleurs Rois, gendre de Jules Cesar. » Nouv. Ess., 1. IV, ch. xvr, 8 11. GEunr., Phul., t. V, p. 450. Leibniz pense sans doute à la de fide historica d’Eisenhard qui (corr., fol. 17) lui avait promis, le 8 novembre 1701, une seconde édition de son ouvrage et aux études de Perizonius sur les origines de Rome. Sur l’incertitude des premiers historiens grecs, v. l’extrait d’une dissertation de Dodwell (Oxford, 1692). Ms. XIIB 713 q, n° 135. Cf. pour la période de l’histoire d'Allemagne antérieure à Charlemagne la lettre à Paullini citée pl. haut, p. 396, n. 3.
3. « On s’emancipe d’ecrire des Romans dans l’histoire... Le détail sur tout est peu seur. On n’a presque point de bons recits de batailles; la pluspart de celles de Tite-Live paraissent imaginaires, autant que celles de Quinte-Carce. Il faudroit avoir de part et d’autre les rapports de gens exacts et capables qui dressassent même des plans. » Nouv. Ess., 1. IV, ch. XVI, $ 10, t. V, p. 449.
4. « II faut avouer aussi, que toutes les parties de l'Histoire ne sont pas également susceptibles d’exactitude,car qui est ce qui nous pourroit asseurer
de certains récits(1). Telle estl’attitude générale de Leibniz.
Cependant, s’il est conduit nécessairement au doute, Leïbniz ne veut pasc douter pour douter », comme il reproche — un peu trop légèrement — à Bayle de le faire (2). Tout en admirant beaucoup le Dictionnaire historique et critique du savant français (3) et en appréciant son ironie (4), Leibniz n’admettait pas le doute sceptique que l’on prêtait à Bayle et qui se résume dans ce mot, attribué à Fontenelle, «l'histoire n’est qu’une fable convenue (5) ». Leibniz a toujours flétri le scepticisme qu’on attribuait à Bayle, et l'a combattu dans la T'héodicée (6). Il aurait voulu voir le subtil érudit employer son intelligence à établir des vérités plutôt qu’à chercher à se faire applaudir par sa souplesse (7); il ne se doutait pas que Bayle, par son attitude positiviste,
des motifs cachés que l'Histoire ancienne rapporte. On a assez de peine de les deviner dans les affaires d’aujourd’huy. » Mémoire du 1° juillet 1692. Z. d. h.V. f. N. 1885, p. 22. « Il n’est pas possible de corriger les erreurs des historiens du temps qui se commettent touchant les motifs ou desseins et dans le detail de mille particularités des princes. » Même opuscule, brouillon (Ms.XXIII, VII, fol. 12-13). Cf. pl. haut, p. 468, n. 4, et lettre à Bierling, 24 octobre 1709. GEHR., Phil., t.NII, p. 486 (KorTa., t. IV, p. 7: Durens, t. V, p. 354) cité par WeGeLe, p. 650, n. 2
1. La reine d’Espagne aurait été malade « parce qu’on auroit arresté ses ordinaires pour la faire paroistre grosse. J'ay de la peine à le croire ». Journai du 15 septembre 1696. PERTz, {. IV, p. 213. À propos d’un montre que l’on n'aurait pas besoin de remonter. « Vix credo. Res est possibilis ; sed via, quam isti homini in mentem venire potuisse, non puto.» INCFTAMEMEMEXOVITIEe col. 1231. :
9. V. là-dessus J. Dezvozvé, surtout pp.221-246; cf. notre compte rendu. Rev. E. Hist. mai-juin 1908, p. 298-9.
3. I1 l’appelait un « merveilleux Dictionnaire ». Nouo. Ess., &. I, ch. 1, début, ou «le plus beau des Dictionnaires ». Id. Avant-propos.
&. « Jronias eum amare novi ex Novellis reipublicæ litterariæ ». Lettre à Ritmeier, 19/29 mars 1697. NOLTEN, p. 369. Leibniz avait essayé de faire nommer Bayle bibliothécaire à Cassel : lettres à Papin et à Basnage, 15 mai et 31 août 1697. GerLanD, p. 220 et Genr., Phil, t. III, p. 137 (FEDER, p.92): Ë
5. Bernneim, p. 497 (ire éder, p.111). En réalité Bayle établissait la critique historique. DELVOLVÉ, L. c. On trouve cependant chez lui le doute absolu pour certaines périodes. V.pl. haut, p.473 n. 2, où son attitude rappelle celle de Justel pour le haut moyen âge (cf. pl. haut, p. 48 n. 4) et en général], (v. p. 399, n. 2).
6.«Est-il possible que le plaisir de douter puisse tantsur un habile homme ». Théod., $ 185.
7. « Hæc de Bælio mihi amico et æstimato habeo, qui vellem ingenii opes magis ad stabiliendas veritates profuturas, quàm captendos plausus homi-
» = , , ; ESSAI SUR, L'ACTIVITÉ ET LA MÉTHODE HISTORIQUES DE LEIBNIZ 475
était plus près que lui de la méthode scientifique des modernes (1).
Leibniz admettait encore moins le scepticisme absolu du P. Hardouin qui prétendait, non peut-être sans arrièrepensée dogmatique (2), que tous les écrits de l'antiquité et de la plus grande partie du moyen âge avaient été composés par des moines des xrr1 et x1ve siècles et voyait des faux, dans tous les diplômes mérovinigens et carolingiens (3), théorie qu'avait soutenue le P. Germon contre Mabillon (4). Le philosophe s’est élevé contre ces paradoxes (5).I1 avait souhaité voir les Jésuites forcer Hardouin à se désavouer (6), Mais ne croyait pas à la sincérité de sa rétractation (7).
num liberiorum adhibuisset : minus inde lucri bibliopolæ, sed plus autori laudis solidæ et veræ quictis adhibuiset. » Lettre à Bierling citée pl. haut, p. 473, n. 4 — Sur son opposition avec Bayle, v. HARNACK, t. I, p. 11.
1. DELVOLVÉ, P- 333-5. Le grand tort de Leibniz, là comme ailleurs, c’est l'affirmation a priori, qui amènera une justification rationnelle d’idées non établies par l'expérience.
2. D’après Bourczier, t. I, p. 584, il voulait soutenir la Compagnie de Jésus et le catholicisme pour en finir « d’un seul coup avec tous les témoignages des droits de l’Eglise, sans cesse attaqués par les adversaires de ses doctrines philosophiques et théologiques.» C'était aussi l’avis de la Croze, adversaire de Hardouin, d’après une lettre de Leibniz à Cuper du 29 décembre 1707. Original de la Haye.
3. BerNHeiu, p. 203 (1e édon, p. 115). V. l’épitaphe du P. Hardouin par Jacob Vernet, professeur à Genève, dans pe BroeLte, t. Ep: 105°
&. V. pl. haut, p. 898, n. 6. ;
». CHæc adparet proficisci ex paradoxis suspicionibus Viri dere litteraria meritissimi, Cujus ideô nomini parcendum censemus, quum sciamus, eas a multis in pessimam parter accipi; quasi plerosque veteres, certè profanos Scriptores vobeixs reos faciat et inaudita censura Senatu litterario movere velle videatur, malo ad sacros etiam auctores perventuro in pari, ut adversarii putant, caussa... Certè seculo XII. confictos non esse, qui habentur veteres (codices) innumeris quidem argumentis evinci potest, neque ea res nostræ hic est disputationis».Suit le passage cité pl. haut, p.14, n. 6. V. aussi son jugement contre l’hypercritique du P. Maimbourg. We- GELE, p. 649, n. 1.