V. lettre à Cuper citée pl. haut, note
7. «Il a pris le bon parti de publier une espece de retractation, écrivaitil plus tard du P.Hardouin. Mais il paroist bien qu’il y a eu de la simulation et les manieres de raisonner du P. Germon prouvent bien qu’on est un peu trop infecté de pyrrhonisme. » Lettre à Lelong, 12 juillet 1708. Ed®r citée, p-85.— Par suite, Leibniz regrettait que Hardouin eût été chargé de diriger la collection des conciles ; il craignait de la voir mutilée. Lettres à Struve, 29 décembre 1715 ct 27 septembre 1716. Durens, t. V. p. 217. — Ilne se trompait pas : le 20 décembre 1715, un arrêt du Parlement de Paris en avait défendu la vente. La clé du cabinet des princes, mars 1716, p. 170.
L'influence de ces doctrines se répandait non seulement en France (1), mais en Allemagne. Dès le début du xvii® siècle, Burckhard Mencke, inspiré directement par Bayle, préludait par des dissertations académiques sur la valeur du témoignage en histoire, sur les différences que présentent les récits des historiens et sur les mémoires historiques à celles qu’il devait écrire un peu plus tard sur le charlatanisme des savants (2). Plus encore, Frédéric-Guillaume Bierling, professeur à l’Université de Rinteln, procédant également de Bayle, dans un ouvrage intitulé de Pyrrhonismo historico, posait en 1707 les principes de la critique historique impartiale en justifiant la nécessité du doute en histoire, tant pour fortifier que pour limiter la valeur du témoignage, et les appuyait d'exemples solides (3). Leibniz ne paraît pas avoir connu les ouvrages de Mencke (4); au contraire, il a lu et approuvé en partie l'ouvrage de Bierling, mais sans aller aussi loin que lui dans la voie du doute (9). Il s’y mêlait, semble-t-il, chez celui-ci, un pessimisme auquel répugnait l’optimisme naturel de Leibniz (6).Celui-c1 devait, d’ailleurs, jusqu’à sa mort poursuivre le pyrrhonisme en histoire (7) : dans ses dernières années, il croyait sans
1. Outre l'exemple de Germon, v. dans la Rev. des cours et conf. du 16 janvier 1908, p. 452, un passage où Michel Levassor s’inquiétait du «pyrrhonisme » en France.
2. De eo quod justum est cirea testimonia historicum, Halle, 1701. De historicorum in rebus narrandis inter se dissidiis horumque caussis, Leipzig,1707. De commentariis historicis, quos Galli Memoires vocant, Leipzig,1708. De charlataneria eruditorum, Leipzig, 1715 (et 1728). WacuLen, t. ILE, p. 269 et WEGELE, p. 568. ;
3. WAGuLER, 1. €. et Weceze, p. 650, n. 1. — La lettre du 28 septembre 1709, qu’il adresse à Leibniz, infirme l’attribution de l'ouvrage à Gehrard Patje, que lui donne BeRNHEIM, p. 227 (1re édon, p.136). Il y écrit: «Adject bigam opusculorum a me in lucem emissorum, eaque tibi omnis eruditionis arbitrio affero »; l’un est sûrement le de pyrrhonismo historico,car Leibniz en parle dans sa réponse. Konru., t. IV, p. 4 (Durens, t. V, p. 853). L’édition de la Bibliothèque nationale que nous avons vue est, d’ailleurs intitulée : Friderici Coilielmi Bierlingit Commentatio de pyrrhonismo historico…. Lipsiæ, 1724, in-8°.
k. Il n’y en a pas trace dans leur correspondance.