‹ Leibniz HistorienChapitre 496 sur 854 · Lettre à Nicaise citée pl. haut, p. 450, n · texte numérisé non relu

Lettre à Nicaise citée pl. haut, p. 450, n

2. « Quand il s’agit de raisonnement le bon sens suffit, au lieu que les discussions des sçavans sont nécessaires dans les matières de fait, où il faut avoir recours à l’antiquité et à l'Histoire. » Lettre à Sophie s. d. (1696- 1697). Kzopp, t. VIII, p. 30.

3.« Ad demonstrationes Historicas, opus est Elementa Antiquitatum sive artis criticæ per modum scientiæ tradi ejusque usus in sacris….. Et ego quidem vellem Elementa antiquitatum sive Criticæ Artis perinde atque alicujus scientiæ tradi, quæ suis quibusdam demonstrationibus niterentur, ut silicet resistentes convincei possent. Per fundamenta erunt reliquiæ vetustatis, quas adhuc sensibus usupare licet, nempe Membranæ antiquissinæ, mermorum laminarumve et nummorum inscriptiones ut reliquam suppellectilem statuarum, annulorum vasorumque et quicquid tale passim servant curiosi nune omittam. Itaque enumeranda erunt quæ hujusmodi hodieque extant, præsertim momenti majoris ad hoc institutum, texenda et Manuscriptorum historia ex quibus excussi sunt veteres libri, adjicienda indicia ætatum et ex quibus notis monumenta quæque genuina noscantur. Hinc jam facile erit Historiæ Græcæ et Romanæ, astruere suam fidem, sed maxime sacræ ubi prius ostensum erit libros qui habentur genuinos esse et sæpe ipsis rebus coætanos. Veraces postes, saltem in his quæ ad summam rerum gestarum pertinent, consensus librorum tum inter se, um cum nummis et marmoribus evincet. » Genr., Phaul., t. VII, p. 143-4. Cf. lettr> à Huet de même date (1679). Durews, t.V, p. 457-8, citée pl. haut, p. 369, n. 3 et Nouvelles ouvertures (CoururAr, Opuse., p. 226) citées pl. haut, p. 368, n. 4.

4. « Sed missis criticis discussionibus ad antiquas res constituendas necessarias. » Ann. mp. 980,$ 10, t. II, p. 400. Cf.: « Nous avons besoin des antiquaires par exemple à peu près comme les juges ont besoin des notaires experts pour reconnoitre les ecritures contrefaites. » Mémoire de 1697. Kzopp, t. X, p. 16-17.

résultats positifs. Leibniz connaissait ces différents genres de critiques : il les a pratiquées toutes, soit séparément, soit simultanément: mais il ne semble pas qu'il ait jamais eu l’occasion d’en faire la théorie (1) : c’est à peine si, à propos des opérations qu’elles comportent, il insiste de temps en temps sur leur importance. Cependant, pour plus de clarté, nous les distinguerons toutes chez lui et nous essaierons de voir comment il les pr'atiquait. |

La critique de restitution, la première que l’on ait à effectuer, qui consiste, étant donné un document, à se demander s’il est tel qu’il devrait être et, s’il ne l’est pas, à le rétablir, lui paraît, comme à tous ses contemporains (2), la plus importante de toutes. Leibniz regrettait, en effet, de voir diminuer au xvire siècle le nombre des critiques, tels qu'ils existaient pendant la Renaissance et à l’époque de la Réforme, qui s’occupaient de conserver les documents et de corriger le texte des manuscrits corrompus (3). Aussi s’est-il efforcé de remonter aux textes originaux (4), ou tout au moins aux manuscrits les plus anciens; lorsqu'il ne la pas pu, il a essayé d’améliorer les copies de diplômes (5) ou d’historiens qu’il possédait; il n’a jamais hésité à proposer des conjectures (6) et il a parfois réussi, sinon à donner le texte véritable, du moins à restituer un texte très plausible (7). Toujours il a proclamé l'importance de la critique

1. Le seul passage où il en a parlé d’une manière un peu étendue est la lettre à Huet citée pl. haut, p. 536, note 2: il y est question ‘à la fois de la critique de restitution, de provenance, d'interprétation et d’exactitude. Pour l’application de ces différentes critiques à un même passage, v. pl. bas, chap. rv.

Page 1