V. pl. haut, note
historiques que l’on faisait paraître de son temps. Il s’est souvent plaint du caractère romanesque que lon donnaït à l’histoire, surtout en France (1). Il a toujours poursuivi les prétendus mémoires des grands personnages, comme ceux de Sirot ou de Pontis (2), de d’Artagnan, ou la biographie du P. de la Chaise(3). Il déplorait de voir se répandre une habitude qui répondait au désir de flatter les lecteurs par des récits extraordinaires (4).
C’est peut-être à propos de l authenticité des diplômes et des bulles qu’il a le mieux exercé sa critique. Dès son voyage en Italie, il déclarait qu’un certain diplôme, dont on trouvait la copie à Venise, avait dû être inventé par les moines,
1. « On s’emancipe même d'écrire des Romans dans l’histoire, et celuy qui a fait la derniere vie de Cromwel a cru que pour egayerla matiere il luy estoit permis en parlant de la vie encor privée de cet habile usurpateur, de le faire voyager en France... Cependant il paroist par histoire de Cromwel, faite par Carrington, homme informé et dédiée à Richard son fils quand il faisoit encor le Protecteur, que Cromwel n’est jamais sorti des iles Britanniques. » Nouv. ÆEss.,; 1 IN, ch. xvi, $ 107 Geur., Phil, t. NV, p. 449. «Prodiit Gallicè Vita Cromwelli, et Alexandrt F'arnesii…. Sed hunc ego malim in Strada, aut Dondino lègere. Habent hoc plerique mustei Gallorum libri, ut historiis afflent aliquid spiritus poëtici et Milesarium fabularum, quam vulgo Romances vocant. » Cf. critique de l'Histoire des aventures de la Reine Christine, lettre à Basnage 3/13 février 1697. Geur., Phil, t. III, 133; lettre à Hertel, 14 nrai 1695. BURCKHARD, t. II, p. 324, v. pl. haut, p. 547 n. 9 et sur l’histoire de Tamerlan, Leibnitiana, $ eux. Fer, p. 216-7 (Durens, t. VI, p. 327)
2. Idem, et : « J’estime les memoires veritables, mais je ne puis souffrir les contrefaits, tels que je crois estre les Memoires de Pontis et de Sirot… Ceux de Pontis sont une espèce de Roman, j’ai ouy dire d’une personne informée, que la Bataill: de Rocroy y est tres mal narrée. Ceux de Sirot ne me paroissent pas meilleurs» Lettre au landgrave Ernest, 17/7 juin 14691. Rom- MEL, t. II, p. 278. Dans une lettre à Larroque (corr., fol. 3-4) du 24 juillet, Leibniz parle encore de ces mémoires et demande à son correspondant ce qu’il pense de ceux de Richelieu.
3. « Merckwüdirgkeiten des XVII. Jahr-Hunderts oder Beschreibung Der Merckwürdigsten Sachen die sich im vorigen Seculo, in-und ausserhalb Europa begeben sammt beygefügten Autoribus, Actis publicis und andern Urkunden woraus jede Erzehlung hergenommen. Tomus [. Mit Fleiss zusammengetragen von Joh. Fred. Pfeffinger.» Hamburg, 1704. Préface contenant une lettre de Leibniz à Pfeffinger, « Hannover den 22. Nov. 1703. » (brouillon dans la corr. de Pfeffinger, fol. 126-127), qui renferme une critique de la vie du P. de la Chaise et des mémoires de d’Artagnan. « Non video qua utilitate legi possint memoriæ d’Artagnan pseudonymæ, cùm concedatur, veris admixta esse falsa multa, nec fidendum esse his arcanis historicis, qua ibi continentur. » Pensées de 1715. Durens, t. V, p. 189.