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V. pl. bas, chap. v, début

6. «Aliud est possibiles, aliud verisimiles dare interpretationes ». Lettre à Gehr. Meier (corr., fol. 27-28), 18 mars 1692.

7: « Methodus notiones vocum receptarum investigandi procedit ab exem plis et habet aliquid simile cum derivatione hypotheseos ex phænomenis. » Lettre à Chr. Wolf, 9 novembre 1705, édon citée, p. 45.

8. « VeHem eruditus aliquis et ingeniosus colligeret omnigena ænigmata veterum et recentiorum quorum interpretationes indubiæ passim extant, applicaretque illis artem interpretandi viamque traderet, qua quis procedere deberet a verbis in mentem. » Lettre à van der Hardt (corr., fol. 345), 4 août 1711.

au moyen des combinaisons possibles des mots et de tous les renseignements qu’on possède (1); Leibniz en a donné l'exemple en droit en définissant les mots, après en avoir recherché le sens, en partie d’après leur étymologie (2). L'interprétation doit correspondre à tout ce que l’on sait, d’ailleurs, de l'intelligence, des sentiments, du caractère et des intentions de l’auteur. Quand le texte est obscur, il faut rejeter le sens lttéral, rechercher l'accent et le style du morceau et, au besoin, transposer les lettres et les syllabes, en retrancher et en ajouter. S’il présente plusieurs sens, il est ambigu; mais le plus souvent, d’après la combinaison des circonstances, il y en a un qui apparaît comme plus plausible que les autres. En somme, le principe de l’herméneutique réside dans deux procédés : en premier lieu une combinaison de divers éléments, mots, phrases, groupes de phrases, périodes, soit entre eux, soit avec les contextes, de façon à dégager celui qui est possible et, parmi plusieurs également possibles, celui qui est le plus probable ; en

4. « Mihi breviter Hermeneuticæ totius fons sic aperiri posse videtur.. ad interpretandum ponantur primtim omnium vocum definitiones : cumque una vox possit esse homonyma seu habere definitiones varias ; tentetur cum quibus combinari possit, seu quot fieri possint combinationes definitionum in unam paraphrasim utiles, seu quarum singulæ possibiles sunt; inutiles rejiciantur. Ut verô ex hactenus retentis veræ eligantur, fiat porro combinatio cum verbis antecedentibus et consequentibus, locis parallelis, historia, loco, tempore, ratione ; quia in dubio autor, nisi alia id probent, præsumitur non errasse. » Voova meth., pars. 11,$ 67. Durens, t. IV, pars 3, p. 208-9.

2. Ex. au début du De casibus perplexis. Id., p. 45-47. Dans le De stilo.…. Nizoli, $ vu etix, Durexs, t. IV, p. 44 ét 45, il a donné l’analogie comme moyen d’arriver aux définitions. — Sur l'importance des définitions pour Jui, v. lettres à Conring, 3 janvier 1678. Genr., Phül.,t. I, p. 185; à J.-H. Pape, 9 août 1694. Kzopp, t. I, p. xxiv ; à Huygens du 4 sept:mbre. GEHR., Briefa., p. 752; à Bourguet, 22 mars 1714. Gemr., Phil. t. ILE, p. 569 (Durens, t. VI, p. 216). Sur la fin de sa vie, Leibniz les faisait rassembler par Hodann. Jd,, t. VII, p. 30 ; Coururar, Opuse., p. 437, ss. Il était persuadé qu’elles dissipaient les malentendus en éclaircissant les idées. Il écrivait à Malebranche, le 47 janvier 17006 :« Si on donnoit les definitions les disputes cesseroient bientôt », rappelait celles du Codex diplomaticus et ajoutait au sujet de leur absence : «Je trouve ce même défaut dans la philosophie et quelquefois même les mathématiques ». 4. f. G. d. Ph., t. XI, p. 318-9. V. surtout la définition de l’amour, « Amari »st felicitate cujusdam delectari », qu'il proposait pour faire cesser la querelle du quiétisme. Lettre à Nicaise, 28 mai 1697 (v.st.). Genr., Phil, t. II, p. 569 (Durens, t. V, p. 548). Dès le 23 mars 1690, il donnait à Arnauld les principales définitions qui figureront dans la préface du Codex diplomaticus. DuTENS, t. IT, p. 47.

second lieu, si cette combinaison ne fournit pas de sens acceptable, il faut recourir à des changements dans le texte (1), c’est-à-dire à une véritable critique de restitution.

L'application de ces règles est différente selon qu’on n’a qu’un auteur ou qu’on en a plusieurs. Dans le premier cas il faut nécessairement interpréter le texte par lui-même (2). ce quioffre parfois de grandes difficultés ;mais les passagesles plus élairs doivent servir à expliquer les plus obscurs (3). Dans le second cas, la tâche devient plus aisée, car les diftérents textes du même genre s’éclairent réciproquement (4); c’est ainsi que les diverses langues sémitiques et orientales,

1. « Fiat item, et quamprimum quidem, applicatio ad mentem autoris, affectus, ingenium, voluntatem, v. g. prudens non præsumitur ineptum aliquod et frustraneum, neque exitum habens in testamento, constituisse : Unde Semper actus interpretandus, ut valeat potiùs quàm infirmetur. Item interdum mens est autoris obscurè loqui, explicatè interdum. Obscurè v. g. dedita opera loquebantur oracula, veteres Pythagorici, autores ænigmatum, philosophi chymici. Quoties hi explicandi sunt, fugiendus sensus Obvius. Attendatur item ad accentum loquentis, manum scribentis. Quod si verd his Complicationibus fiat, ut nulla denique paraphrasium tolerari possit. Ibi necesse »st transponi literas, et quæcumque sunt artis Steganographicæ vel Cryptographicæ præcepta. Observari, an corruptus sit textus vel distinctio, an non voces trajiciendæ, an non aliquæ omissæ vel superfluæ : adhibendique ali tropi seuimmutationes probabiles et possibiles non jam dictionis, sed orationis. Quod si jam nulla paraphrasis seu sensus est tolerabilis, oratio dicitur obscura. Si vero multæ simul, ambigua; plerumque tamen una aliqua 2x Combinationibus cum cireumstantiis capta est probabilior, Ex quo patet breviter, fontem hermeneuticum ess- duplicem : 1) com- binationem variarum Cujusque dictionis, phraseos, commatis, pericdi; inter se et cum Circumstantiis: ut apparcat, quæ possibilis,et si plures possibiles, quæ probabilior: 2) si verû nulla tolerabilis significatio illa combinatione emergat, levem ac probabilem immutationem seu tropum, orationis interpretandæ. » Nova rneth., pars 11, K 67. DurExs, p. 209.

2. Lettre à C.-D. Koch, 28 février 1701. Geur; t. VII, p.470 ss. (reprod. À: JICNT APRES P. 395 ss. avec observations de Stein, p. 396: Cf. COUTURAT, Logique, p.161). Le 24 décembre 1704, il Jui conseillait de consulter les anciens interprètes d’Aristote. Id., p. 476.

3. «Et puisque le même S. Augustin s'explique fort nettement en d’autres endroits, où il marque précisément après tant d’autres, l’infériorité de ces livres, je crois que les règles de la bonne interprétation demandent que les passages où l’on parte d'une manière plus vague, Sotent expliqués par ceux où l Auteur s'explique avec distinction» Lettre à Bossuet sur l'autorité du concile de Trente, 14 mai 1700. Durens, t. I, P. 617, $ xxvr.

4. «Le grand nombre des escrits dos Peres, qui nous reste nous donne moyen d'expliquer l’un par l’autre, plus facilement que les Livres de la Sainte Ecriture dont le nombre est plus petit. Car. il est toujours plus aisé d'expli-

quer une grande lettre en chiffres qu'une petite. » Lettre au landgrave Ernest, & août 1683. Rommez, t. I, p. 359.

en particulier l'arabe ei l’arménien, peuvent, par leur rapprochement, servir à l'explication de la Bible (1). Mais, quel que soit le nombre des auteurs, on doit toujours, dans le passage à interpréter, se préoccuper du contexte (2), c’està-dire de la suite et de la connexion des idées. Quel que soit l’auteur aussi, on doit, pour l’expliquer, s'attacher à connaître sa langue. Leibniz sait, en effet, que le langage évolue d’une manière assez régulière (3). Il déclare, par exemple, que le gree a moins changé que le latin, et surtout que les langues modernes, à eause de l'excellence des auteurs grecs (4); il sait qu’au début de l’ère chrétienne le style était simple (5), tandis qu’au ve siècle il devmt souvent emphatique (6). Il n’ignore pas que dans l’antiquité toutes les formules des poètes (7), au moyen âge celles des diplômes (8) et les titres des peuples primitifs (9) ne doivent

1. Lettres à Th. Burnet, 22 novembre 1695. Genr., Phil, t. III, p. 165 (DurTews, t. VI, p. 226); à la Croze, 14 décembre 1711. Korru., t. |, p. 414 (Durens, t. V, p. 498). C£. pl. haut, p. 407, n. 4.

2. «Nihil facilius est, quam arripere aliquid ex libris, quod avulsum à suo corpore infirmius aut deformius apparet, quam si cæteris connexum legatur.» Lettre à Pierre Eric, 12 /22 janvier 1691. À. f. G. d. Ph., &. IX, p. 317.

3. « Quoy qu'il y ait tousjours presomption, que le Siecle precedent s’accorde avec le suivant, neantmoins cette presomption peut estre detruite par des conjectures valables». Lettre au landgrave citée pl. haut, p. 502, n. &.

4. «J'ay esté.… surpris de voir que des auteurs Grecs si éloignés les uns des autres à l'égard des temps et des lieux comme Homere, Herodote, Strabon, Plutarque, Lucien, Eusebe, Procope, Photius s’approchent tant au lieu que les Latins ont tant changé et les Allemands, Anglois, et François bien davantage. Mais c’est que les Grecs ont eu dès le temps d’Homere et plus encore lorsque. Athenes estoit dans un estat florissant, de bons Auteurs, que la posterité a pris pour modeles au moins en ecrivant. Çar sans doute la langue vulgaire des Grecs devoit estre bien changée déja sous la domination des Romains.» Nouv. Ess., t. III, ch. 1x, $ 22. Geur., Phul., t. V, p. 320.

5. « Dans les escrits d’or, qui restent des premiers temps, il paroist une grande simplicité et on ne s’ecarte gueres des expressions de la Sainte-Ecriture.» Lettre citée pl. haut, p. 502, n. 3.

6. « C’étoit l'usage de ces tems là de donner dans un excès étrange sur les titres et sur Les épithètes.…..on se servit quelquefois de ces termes d’unc manière peu exacte. » Lettre à Bossuet, 24 nrai 1700. Durens, t. I, p. 632, $ LXXXV et LXXXIX.

7. Remarque sur la Lettre sur l’enthousiasme! $ 111, à propos des invocations aux Muses DuTens, t. V, p. 47.

8. « Je ne sçay si on peut asseurer qu’il y avoit nécessairement des ducs aux lieux où l’on donnoit des diplomes avec defenses ut nullus dux, Marchio comes etc. car cette clause estoit du stile general.» Lettre à Ch. Schrader (corr., fol. 10) s. d. (après le 9 novembre 1690). :

9. « Ego, populis minus cognitis nec satis edomitis facile a scriptoribus

pas être pris à la lettre et que les mots qui désignent la parentésont d’unevaleurtrèsincertaine chezles historiens(1), tandis qu’ils acquièrent leur valeur absolue dans les actes officiels, comme les bulles et les diplômes (2); il sait aussi qu'il faut se garder de prendre pour le résultat d’un dénombrement les grands nombres ou les chiffres ronds donnés par les auteurs de la même époque (3).

Ainsi préparé, Leibniz s’est intéressé aux grandes questions d'interprétation qui étaient en quelque sorte à l’ordre du jour de son siècle, en particulier dans l’histoire religieuse. La plus importante peut-être était celle de l’Apocalypse; il s’en occupa dès son arrivée à Hanovre (4). Il reprenait l'opinion de Grotius dans ses Commentaires sur le Nouveau Testament, que le sens littéral en concernait surtout la ville de Rome; il laissait de côté le sens mystique (5) et raillait volontiers ceux qui prétendaient y ren-

reges tribui, observo. At Curia, vel imperialis vel Romana, non æque honoris prodiga erat. » Ann. Imp. 929, $12,t. II, p. 398.

1. « Sed Olaum... fratris filium vocant. Nec aliud patruelem Alberto Stadensi significare puto: nam exemplis constat abusos his vocibus obscurorum temporum scriptores.» Id. 840, $ 4, t. I, p. 268; cf. 969,$ 9, t. III, p. 260. « Et fatendum est. Cognationum vocabula incértæ admodum potestatis esse apud infimæ Latinitatis scriptores, adeo, ut sobrinus aliquando pro leviro usurpetur. ÿ Zd. 830, $ 10, t. I, p. 401-2.

2.0 FEquidem historicos illorum temporum in regiæ originis honore tribuendo liberales fuisse, notavimus (X. p. 508, n. 9)... Sed Romani pontificis apud me non exigua est autoritas, cum illa sedes in titulis concedendis profusa esse non Soleat. » Zd. 864,5 22, t. I, p. 603.

3. « Per centenos et millenos mergebantur. Ita Regino; quod ali deinde male accepere, tanquam centena hostium millia perissent. Zta forte numeri aliquando eliam in sacra historia crevere. » Id. 8914, $ 13, t. II, p. 130. «15 comitatum comes est circumlocutio magni ducis, vel archiducis, qualis erat Bruno, gubernator totius regni Lothariensis. » 995, $ 16, t. III, p. 616.

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