‹ Leibniz HistorienChapitre 519 sur 854 · V. pl..bas, chap. vr · texte numérisé non relu

V. pl..bas, chap. vr

3. « Generalement on doit estre fort reservé à croire les Satyres; nous en voyons qu’on a publiées de nostre temps, contraires à toute apparence qui ont pourtant esté gobées avidement par les ignorants. Et on dira peut estre un jour : est-il possible qu’on auroit osé publier ces choses en ces temps-là. s’il n’y avoit eu quelque fondement apparent. Maissi on le dit un jour, on jugera fort mal. Le monde cependant est enclin à donner dans le Satyrique ». Nouv. Ess., 1. IV, ch. xvi, $ 10. Geur. Phil., t. V, p. 449.

4. « Grata solet esse humanæ maliciæ anecdota historia, sed fidem facile invenire non debet. » A propos de Luitprand. Ann. Imp. 93838, $ 6,t. II. p.422.— Leibniz reprochait à Pufendorf d’avoir dit, dans ses ouvrages, bien des choses qu’il aurait pu taire et echerché, en quelque sorte, dans son histoire de Brandebourg les anecdotes scandalcuses. V. pl. haut, p. 207, n. 1; lettres À Th. Burnet, 11/22 juin 1695. Geur., Phil, t. TITI, p. 163 (Durens, t. NA p. 229).

9. «Tacitum suspicionibus nimium indulsisse aliquando, non negarim. Florus non nihil ab Historico ad declamatorem vergit. » Lettre à Bierling, 7 juillet 1714. Geur., Phil, t. VII, p. 495 (Korra., t. IV, p. 35 et DurTens, t. V, p. 368).

6. À propos dela partialité de Lactance pour Domitien, il écrit à Gehr. Meier (corr., fol. 42-43), 31 décembre 1692 : « scriptor autem Historiæ etsi a partium studio alienus semper non possit, ponere tamen affectus debet in limine Historiæ. »

7. « Procope est fort croyable quand il parle de la guerre contre les Vandales et les Gots; mais quand il debite des medisances horribles contre lImperatrice Theodora dans ses A necdotes, les croye qui voudra. » Nouv. ESS L. c. pl. haut, note 8.

8. «Res igitur Roderici,et Gæsaris Porgiarum, Patris et filii, scripsere multi-

proquement fausser leur histoire, comme il est arrivé dans la lutte entre la France et la maison d'Autriche (1). L'intérêt enfin est une importante cause d'erreurs. Il se manifeste, en effet, sous toutes sortes de formes : la vanité, la vénalité, l'intérêt personnel ou collectif et le patriotisme par exemple. Nous avons déjà vu des exemples de vanité et de vénalité dans Seipion Dupleix et Paul Jove (2), d’intérêt personnel avee certains auteurs de mémoires, qui augmentent leur rôle pour se grandir devant la postérité (3), ou d’autres qui en fabriquent de toutes pièces afin de plaire à leurs lecteurs (4); le même mobile a poussé les historiens locaux, surtout les chroniqueurs, à embellir leurs récits (9). Les cas où un certain intérêt général est en jeu sont plus nombreux encore dans l’histoire du moyen âge: il tient autant de place que l’intérêt personnel dans l’embellissement des chroniques (6); c’est manifestement dans le but d'enrichir leur communauté que les moines ont interpolé ou imaginé de toutes pièces des chartes, des diplômes

. eloquentes viri, sed jucundum tamen et proficuum erit, legere quæ in literas retulit simplici stylo, et quantum judicare licet, odio et amore procul, testis rerum, in dignitate constitutus multaque aperiens, undè rectius judicium feras. » Préf. de Burchard. Durens, t. IV, part. 2, p. 75.

4. « Accedunt populorum studia inter se adversa, et multa video passim apud Gallos ineptè fingi credique de Carolo Quinto, de Ferdinandis,de Philippis, quæ ex nescio quibus rumusculis, licentia scribendi, in Historiam irrepsere. Vicissim Germani Hispanique libenter credunt, quicquid de Ludovico XIII. contemtim, de Richelis vero et Mazarino administris pene supra humanam malitiam narratur : quamvis nec ille tam pusillus fuerit, necisti tanti in utramvis partem. » Cod. dipl., préf, $ 1. Kzopr, t. V, p. 461 (Durens, t. IV, part. 3, p. 289). — Il est rare qu’on rende justice à ses adversaires : Leibniz relève ce fait dans le chevalier Temple, d’après Constantin Huygens, et dans l’Histoire secrette des intrigues de la France en diverses Cours de l’Europe. Pensées de 1715: Durens, t. V, p. 189.

Page 1