Id., p
7. « Errores vulg. in Hist. » Ms. XIIB 713 q, n° 128. Cf. la liste des erreurs relevées dans Gottfried Arnold, Unparteische Kirchen- und Ketzer- historie par EckuarT, Monatl. Ausz. de 1700 (trad° latine, Durens, t. V, p. 605-9).
8. « Complures sunt in Historia sacra profanaque concilianda ambiguitates, veluti ac Sesac idem Cum Sesostre an Dynastia Pastorum eadem cum habitatione Israelitarum in Ægypto. Fateor non satis convenire circumstantias, sed tamen cogitandum etiam puto quàm facilè corrumpi potuerit, velut historia per scriptores Græcos longè à verbis gestis remotos, et interdum obscuras quasdam traditiones secutos, interdum etiam ingenio indulgenter et accepta non ex fide reddentes Israelitas pastores ex Syria partem Ægypti tenebant, exiere etiam cum exercitu magna Ægyptiorum clade : ea res à pos- {cris celebrata facilè efficere potuit, ut in ea regione quam insederant, nempe ut terra Gosem,.etiam dominati crederentur. Quam falsa de Judæis Strabo, Tacitus aliique circa propiora narrant scimus. Notavi in Assyriis bis fere redire eamdem seriem aliquot Regum, ea res facit, ut priores ad posteriores protrahendos suspiscer. Itaque ncc Reges illos, nec Sesacum vel Sesostrem nec pastores Ægyptiacos duplicandos putem. » Lettre à Cuper, 26 octobre 1709. Ms. original. — Dans une autre lettre du 5 décembre 1702 au même, il se demande si la différence qui existe entre la face d’une médaille et l'inscription vient de l'ignorance ou de la négligence des monétaires.
9. Opinions fausses et en partie ridicules vulgairement receues. $. d. (1688).
dans les dictionnaires (1) et qu’il était possible de les dissiper par une discussion établissant la vérité historique (2).
Dans la critique d’exactitude, Leibniz a suivi deux principes généraux, que l’on peut ainsi formuler : le faux contient le vrai, le meilleuz est plus croyable que son contraire. « L'erreur même, dit-il, ne peut se soutenir que par quelque mélange de vérité (3) ». Aussi déclarait-il dignes d’éloges ceux qui, ne croyant pas tout incertain, distinguaient le certain de l’ineertain et, dans celui-ci, choisissaient le vraisemblable (4); on devait y arriver, croyait-il, en comparant ce quiest certain avec ce qui est douteux (5). En histoire, il publiait même des pièces visiblement fausses pour essayer d’en tirer quelque fait ancien (6). Il discutait certaines généalogies saxonnes de peu de valeur, pour en
KLopp, t. V, p. 443. — Il reprochait à Pufendorf ses erreurs et sa partialité, surtout dans l’histoire de Suède. Lettre à Bierling, 28 octobre 1710. GEur. Phil, t. VII, p. 487 (Korru., t. IV, p. 14 et DUTENS, t. V,p. 358;Lcite par GuarAuER, t. II, Beil., p. 15-16, Feuerbach, et WeGELE, p. 514, n. AAC «Fatendum utilissimos esse Pufendorfii labores Historicos, etsi sæpe cespitaverit schedas unius partis sequutus, cùm non rara ipsæ ministrorum relationes ad dominos erroribus laborent, quos acies detegit.» Lettre au même, 7 juillet 1711. Zd., p. 499 (Korra., p. 41-42 et DuTENs, p. 371).
1. Lettre à Basnage, 12/22 septembre 1692 sur le Dictionnaire de Bayle. FEDER, p. 52.
2. À propos des remarques que du Cros pensait donner sur les mémoires du chevalier Temple, Leibniz écrivait à Basnage : « Le public sera bien aise sans doute d’estre instruit à fonds de ces matières, d'autant plus qu’il n’est pas possible qu’un seul ministre en sçache tout et par conséquent qu'il est bon que plusieurs escrivent sur les mêmes evenemens. » S. d. (janvier 1692). GEHR:, Ph, LITE p. 79.
8. Cité par Gogzor, p. 231. Cf. «il y a de certaines faussetés qui sont utiles pour trouver la vérité. » Lettre à Foucher, janvier 1692. J. des S$. de juin 1692 (Foucner pe Careir, Lettres, p. 92; Durexs, t. II, p. 239).
4. « Libellus de incertitudine scientiarum exigui momenti est. Laudari merentur qui non omnia incerta faciunt, sed certa ab incertis distinguunt, 6x incertis verisimilia eligunt. » Pensées de 1715. Durens, t. V, p. 192.
5. « Si quelqu'un examinoit les Fragmens donnés par Annius, et les conferoit avec soin avec les bons Auteurs, Inscriptions, Medailles, etc. et marquoit ce qui paroit avoir de l'apparence de ce qui est insoutenable, il feroit une fort bonne œuvre. » Lettre à Lelong (corr., fol. 82-87).
6.58. BB., t. II, n° xxi-11. Vita S. Suiberti, dicti Episcopi Verdensis, falso attributa Markelino Presbytero. Ludgero attributa narratio de Canonisatione S. Suiberti. Utrumque scriptorem suppositum esse non dubium st, ct a multo posterioribus profectum. Quia tamen ante aliquot sæcula vixerunt veri autores, potuere aliqua novisse, quæ nos hodie fugiunt. [taque hæc, ul alia Pseudigraphia antiqua, conservari digna visa sunt. » Préf., p. 23.
tirer ce qu’il pouvait y trouver de bon et résumait ce qu’il y avait de vraisemblable (1). Il agissait de même pour certaines pièces interpolées (2), pour certains récits de valeur (3) ou de provenance (4) incertaine. En second lieu, il applique son optimisme à l’histoire. Quand il n’y a pas d'indices suffisants pour agir d’une façon opposée, il interprète les textes de la façon la plus indulgente (5); c’est ce qu'il fait, par suite, dans les cas douteux (6).
D'autre part, dans le redressement des erreurs historiques, il était guidé par deux principes particuliers, lun positif, l’autre négatif. Le premier est que, de deux éerivains, on doit croire de préférence celui qui est le plus rapp’oché des temps et des lieux où s’est passé l'événement dont il s’agit (7); le second, que l’on peut admettre ce qui semble naturel, mais non ce qui paraît invraisemblable ou impossible (8). Nous avons déjà vu l'application du premier
1.« Nobis discutiendi ratio constitit, tum est credulitati tandem modum imponant viri docti, tum vero multo magis quod veritatis tgniculi fabulis interlucent, de quibus admonere cura fuit. Verisimilia ergo ex dubiis eruta in pauca cogamus... hoc tamen in rebus, aliorum silentio transmissis, .aliquoties fidei non spernendæ. » Ann. Imp. 807, $ 38-39, t. I, p. 257-8.
2. « Sed cumulemus figmentum fabula quia aliquid veri inesse potest. » A propos d’un diplôme. Zd. 8738, $ 23, t. I, p. 726.
3. À propos de l’origine des comtes d’Eberstein. « Quæ, etsi magnitudine et gravitate Ottonis indigna, aliquid ex vero trahere possunt. » Zd., 939, $ 15, t. IL, p. 485.
4. À propos d’une accusation contre le duc de Saxe Hermann : « Hæc quidem fabulæ saporem habent. Talis censura veniam corvo dabat, et Hermanni temoritas magis, quam præsulis facilitas puniri merebatur. Henricus torque aureo donatus, domum remissus est. Subesse aliquid veri puto, cujus domestica narratio ab avo sibi favente ad historicum utcunque pervenit. » Id. 969, $ 21, t. TITI, p. 266-7. Sur la mort de Géron, archevêque de Cologne: « Ditmarus fabulam aspergit, cui aliquid veri inesse potest. » 1d. 9%6, $ 23, p. 368.
5. «Ego... cum sufficientia non sunt contraria judicia, in meliorem partem Dropondendutn censeo. » Lettre à Bierling, 24 octobre 1709. Grur., Phu., t. VIT p. 486. Korrtu., t. IV, p. 6 et Durens, t. V, p. 354.
6. Voir les citations de WeGeLe, p. 650, fin de la note 2. C’était aussi Pattitude de Fustel de Coulanges, par exemple pour les impôts de la fin de l’Empire romain. V. GuirauD, Rev. des Deux- Mondes, 17 mars 1896, p. 109.
7. « Bulgarorum regem nunc salutaribus undis ablutum, Latinorum annales habent. Sed ego plus Græcorum fidei tribuo in viciniæ rebus, et tinctum puto ». Id. 886, $ 21, t. I, p. 655. À propos des affaires d'Orient, il écrit : « Hæc Luitprandus, sed Græcis scriptoribus magis fido; qui nihil tale... habent. » Id. 919, $ 16, t. II, p. 315.
8. «J'ai là un jour un livre fait en Anglois contre le Duc d’Yorck, qui
de ces principes dans le fait d’oppeser au témoignage des modernes celui des anciens et depréférer ceux-ci à ceux-là(1); c’est par là que Leibniz a pu, par exemple, réfuter la légende de la Papesse Jeanne (2). Quant au second, il est d’un maniement plus délicat et son application ne dépasse pas la critique d’exactitude. Leibniz l’a pratiqué, en quelque sorte, d’instinct et en gros dans ses recueils d’historiens, où 1l refuse de croire aux choses monstrueuses (3).
Dans les Annales Imperii, il agit parfois ainsi (4), mais d'ordinaire avec plus de circonspection (5). Chez Egimhard qui, d’une manière générale lui paraissait plus élégant qu’exact (6), il n’admet pas certaines assertions quand elles sont en désaccord avec d’autres témoignages (7);
me parut fait effectivement par un homme instruit, car il m’apprit des particularités croyables. »‘Lettre au landgrave Ernest, 27 avril 1683. RoMMeEL, t. II, p. 216. « Il faut etre bien téméraire et bien extravagant pour traiter de supposés les passages de l’Alcoran qui parlent honorablement de Jésus-Christ et ceux de Pline,.de Tacite et de Suétone qui parlent des chrétiens. » Lettre à la Croze, 2 décembre 1706. Korrx., t. I, p. 384 (DuTens, t.V, p. 482). «On accusa les Templiers de choses horribles, et qui a force d’etre atroces paroissent incroyables... Il est aisé à croire qu’il y a eu des grands desordres parmy les Templiers en particulier surtout par rapport au peché de la chair, dans les pays chauds. Mais il n’est pas trop croyable que de telles abominations se soyent pratiquées par autorité de l’ordre et aux receptions de nouveaux freres. » Ms. XII. Vol. IL. 2, fol. 2, de juillet 1715.