V. plus haut, p. 473, n
6. A propos du moine de Saint-Gall, il écrit dans le passage cité plus haut, note 4 : « Huic quidem scriptori de circumstantiis non facile fidem adhibeas. »
7. « Hæc Abbo; sed quem numeros victi exercitus auæisse credibile est. » Id. 889, $ 5, t. II, p. 113. « Annalista Fuldensis una die viginti millia Italorum, cum multis episcopis cecidisse prodit. Numerum ex loginquo in majus auctum, credibile est. Id. 900, $ 7, p. 185. « Cladem hostium exaggeratam in decuplém forte libenter concesserim. » 1d. 983, $ 35, &. IT, p. 453.
8. « Cæterum credibile est, astrononum mortes Lotharianorum, per triennium dispersas, fama exaggerante, tanquam conspectiore Dei judicio, unum tempus compegisse ». 14. 886, $ 15, t. I, p. 459. C’est ainsi que Grégoire de Tours, suppose-t-on aujourd’hui, a réuni à la fin de la vie de Clovis le meurtre de ses parents pour en faire un récit plus dramatique.
des historiens quand ils ont été voisins des grands personnages Ou ont pris part aux affaires : tel est le cas de Nithard, neveu de Louis le Pieux (1), ou de Ditmar, évêque de Mersebourg, qui a pu approcher des contemporains de l'Empereur (2). De plus, Leibniz, qui diseute certaines assertions pour faire sortir des fables la vérité qui y est contenue (3), s'efforce, en historien judicieux, d'expliquer les erreurs des auteurs (4) et de déméler, dans leurs récits, certaines causes probables (5).
A cette partie de la critique d’exactitude se rapporte l'examen des traditions et des légendes. Leibniz connaissait les déformations que subit naturellement la tradition (6): mais, en vertu du principe deraison, ileroyait qu’on pouvait toujours y retrouver quelque fait historique permettant de l'expliquer (7) et il déclarait qu’en histoire on devait soigneusement examiner ce qui ressemblait à des fables, afin d’y distinguer le vrai du faux (8). C’est ce qu'il a fait dans l’histoire ancienne pour la mythologie et dans l’his-. toire du moyen âge pour les légendes.
Rien n’est plus incertain que les fables, déclarait- il dans
1. « Res Francorum publica in speciem quieta, ingentis mali fermentum intus coquebat ipsa in aula, quemadmodum ex Nithardi historia intelligimus ; qui sorore Ludovici genitus, inieriora nosse potuit, quæ annalistæ ullorum temporum raro atiingunt ». Id. 824, $ 2,t. I, p. 354.
2. À proposdu sort d'Otton III défait à Bassano : « In summa convenit inter scriptores ad mare venisse, navem hostilem conscendisse, inde exilientem evasisse. Sed in circumstantiis variant scripiores. Ego Ditmaro maxime fidendum puto, contemporaneo, et oiro illustri, qui facile pose præsentes audisse ». Id. 982, $ 10, t. III, p. 430.
3. 2 LH exemple cité pl. haut, p.518, n.1, à propos de la famille de Witikind. 4. Ex. chez Ditmar par une confusion. /d. 953, $ 14, t. II, p. 629.
. Ex. chez Sigonius et Aventin. 74. 907, $ 1-5, t. II, p. 220-1.
. V. pl. haut, p. 419, notes 5 à 6.
7. « Autor prædamitarum in prima parte system. Th. lib. 3 c. 3. R. Moses Ben. Majmon refert libros antecessorum, qui mentionem faciunt præceptoris ipsius Adami quem dicunt fuisse nomine Somboscer. Et quamvis parum credam Rabbino cum fabulis, nvhil tamen adeo fabulosum est, quod non antiquam reddat veritatem. Hoc non in Maimonide extat, sed autore libri Cosri (quem edidit Boxhorsius, unde Hottinger lib. I. Hist. Orient. ©. 11).» Ms. XII. Vol. I, 1, fol. 84.
8. « In historia diligenter investiganda, quæ fabulas similia, ut verum a falso distinguatur ». FELLER, p. 417.
le fragment qui devait servir d'introduction à son histoire de Brunswick; mais on y trouve des traces de faits anciens, comme les noms des rois et des héros, la mention de leurs guerres et de leurs expéditions, sans pouvoir retrouver la suite de ces faits (1). Il faisait cependant une distinction entre la mythologie grecque ou germanique et les premiers récits des peuples scandinave: ou de certains historiens germains. À son avis, l’histoire des dieux ou des héros grecs n’était pas plus une invention des poëles que la mythologie germanique; Jupiter ou Hercule étaient, comme Tuiscon, d'anciens rois déjà connus avant Homère et Hésiode, qui s'étaient bornés à les embellir, comme avaient fait les poètes du moyen âge pour Théodoxic ou pour Roland. Les autres récits, au contraire, ne méritent même pas le nom
de fables: ce sont de véritables romans imventés de toutes pièces (2).
Leibniz avait aussi sur l’origine de la mythologie sa théorie particulière, différente de toutes celles de ses contemporains (3).1l s’opposait naturellement à celles de Rudbeck, qui prétendait « tirer de la Suède les dieux fabuleux de l'antiquité par des conjectures bien souvent. les moins