V. pL. bas, chap. vi, le passage de 1670 sur ce sujet
4. « Diu optavi exoriri aliquem, qui ex fabulis poëtarum Græcorum et Latinorum, imprimis quæ ad Deos pertinent, erueret non tam Philosophiæ ac Theologiæ mysteria.. quam Historiam mythici temporis, jam Varroni et Censorino pene, ut apparet, desperatam. » Observations sur la lettre de Pezron à Nicaise, du 23 février 1699. Col. etym., t. I, p. 69 (DUTENS, VI epart te? p. 85). « Fabulæ tum Græcorum Poëtarum, tum Talmudicorum et Arabum Theologorum colligendæ et ordinandæ; inest enim nonnihil veritatis atque auri ex his stercoribus eruendi, nomina item factaque Regum hactenus incognitorum, et origines gentium atque mulia ». Leibnitiana, $ XCVI. FELLER, p.185 (Durens, p. VI, p. 313).
5.« Hortandi ut qui imposterum Scandinaviæ tractant serius paulo agant, saltem separent certa ab incertis et exhibeant semper fontes, eorumque prius fidem examinarent ». Ms. XII5, 713 q, n° 128.
de la contradiction de quelques-uns de leurs témoignages Cu de leur peu de liaison (2) et de la déformation que l’imagination fait subir aux faits dans les passages difficiles. Cependant il ne désespérait pas de pouvoir y établir, sinon des vérités certaines, du moins des hypothèses vraisemblables, qui pussent se rectifier petit à petit les unes les autres (3). Lui-même en donnait l'exemple. Sachant que, d’après les historiens grecs, les Scythes ont envahi l’Asie- Mineure et la Syrie, les Celtes la Thessalie (4), il pensait que les combats de Titans ou des Géants contre les dieux désignaient les guerres des Scÿthes ou des Celtes contre les
4.A propos de l'hypothèse de Pezron qui tire des Celtes les divers dieux grecs, il écrit : « Difficile negotium, fateor, ex quo licentia poetarum omnia perturbavit. Unde Appollodorus, Palæphatus, aliique Historiæ fabulosæ scriptores, sibi aliisque passim contradicunt, confusis, ut apparet, sub uno nomine diversarum gentium heroibus; nec jam facilè discernendis, quæ per figmenta veritati adjecere : perinde ac si quis, sublatis severioribus scriptoribus, ex Milesis nostrorum temporum fabulis historias populorum concinnare conaretur ». Considerations citées. Coll. etym., p. 70 (Durens, t.VI, part. 2, p. 85). À propos de la lettre de Pezron, il écrivait à Sparfvenfeldt, le 7/17 avril 1699: « Au reste, si on pouvait tirer la vérité historique des anciennes Mythologies, comme ce François le promet, cela seroit fort heau; mais la chose me paroît extrêmement difficile, à cause des licences que les poëtes ont prises, qui ont tout embrouillé tellement qu’on ne sçaurait presque plus distinguer le vrai du faux. C’est comme si la veritable Histoire étoit perdue, et qu’on ne voulût la rétablir sur des Romans ». Plus loin, à propos des Hyperboréens, il ajoute: « La verité est que les anciens parlent confusément et contradictoirement, des choses qu’ils ne sçavoient plus eux-mêmes lors qu’ils écrivoient, de sorte que leur autorité dans ces choses obscures est à peu près comme les regles de l’Astrologie, dont on peut tirer tout ce que l’on veut, surtout après coup.» Kortx., t. III, p. 361-2 (Durens, t. VI, part. 2, p. 223). Cf. la lettre de Ludolf d'avril 1699. FELLER, p. 121-2 (Durexs, p. 79 et t. IV, part. 2, p. 209). Cf. « Poetæ malt Geographi » avec exemples. Ms. XII, 803, 1. n° 2.
2. « Non est quærenda in fabulis accurata connexio, sed velut fragmenta male consuta veritatum. » Lettre à Gehr. Meier citée plus haut, p. 523, n. 5.
3. « Nempe ubi confusio est, quidvis ex quovis non difficulter facias, præsertim imaginatione, quod concinnitati deest, supplere : uti acies in nubibus depugnantes, magis animo quàam oculis offeruntur. Non despero taämen, posse majore industria et judicio aliquid erui certius; neque ideo quenquam deterreo, atque etiam conjecturas audaciores non ferendas tantum arbitror, sed et laudandas, ubi ingenium acumenque habent. Nam ut sæpe juvat fortuna audaciam, fieri potest, ut superveniat aliquando nova lux, quæ perficiat cæpta. Et tot quæ ineuntur itineribus, credibile est aliquod rectum esse. » Observations citées. Coll. etym., p. 71-72 (Durens, t. VI, p. 85-86).
&. Lettres à Nicaise, 5/15 mai 1693. Geur., Phil, t. V, p. 541, à van der Hardt (corr., fol. 21-22).
Grecs d’Asie ou d'Europe (1) et que le mythe de Prométhée rappelait la défaite des premiers (2). Ce n’était, d’ailleurs, qu’une hypothèse dont la valeur dépendait de celle du témoignage des poètes qui faisaient de Prométhée un Titan et surtout de Callimaque, qui tirait les Gaulois des Titans, peut-être par fiction (3).
L'histoire ancienne n'étant pas son domaine propre, Leibniz y a montré une certaine réserve; il n’a pas fait de même pour la mythologie germanique, dont l'introduction à l’histoire de Brunswick l’obligeait à s’occuper davantage (4). Partant de ce fait, que sous les fables des dieux se cachent des faits véritables, il croit pouvoir les découvri en unissant le témoignage de Tacite aux anciennes généalogies des dieux germaniques (5). On sait à quels
1. « Suspicatus aliquando sum Titanes et gigantes quibus cum diis, id est antiquissimis cultioris orbis, sive in Græcia sive in Asia ipsaque Ægypto Regibus, conflictatio fuit, ex genere fuisse Celtarum et Scytharum. Sane Prometheus refertur inter Titanes et ad Caucasum alligatum, nil aliud significare credibile est, quam Jovis (magni per Asiam Regis) præfitio incessis Caspiis ports, Asia fuisse exclusum. Qui verd in Thessaliam irrupere Gigantes, ex üllis ipsis locis venisse verisimile est, unde postea Celtæ profecti sunt, cum sub Macedonum Regibus Alexandri posteris irrumperent in has oras, délphinicumque templum spoliare conarentur ». Lettre à Cuper, 1€ juillet 1703. Ms. original.
2. Lettre à Sparfvenfeld, 7/17 avril 1699. Korrx., t. III, p. 359 (Durens, t. VI, part. 2, p. 222-3). Passage cité par WEGELE, p. 654, n. 4 (avec sciences et Romains pour Licences et Romans) et, en partie, par BoDEMANN, p. 299. Cf. lettres à Nicaise, 16 juin 1699. Geuxr., Phil, t. V, p. 587; à Magliabechi du 10 octobre citée pl. haut, p.523, n.2; à Morell (corr.,fol. 52-53) du 17 septembre 1699 : «Il pourrait bien cstre que ces Titans eussent esté des peuples scythiques. Car Promethée qui estoit un Titan sc disait attaché au mont Caucase ce qui pourroit signifier portes Caspiennes... gardées par des troupes contre l’irruption des Scythes » et pl. haut, p. 525, n. 1. Gehr. Meier (corr., fol. 215-20), lettre du 11 juin 1699, approuvait cette théorie.
3. « De Titanibus tam multa et pugnantia habent Poëtæ,ut ægrè certum aliquid constituere possis. Libenter tamen credo, Scythas aut Celtas fuisse. (Si Celtarum nomine occidentales, id est, Germanos et Galloss comprehendas) qui cum Dis, id est, cultioris Asiæ et Græciæ Regibus antiquis bella gessere. Adde Prometheum Titana Caucaso alligatum; ut credi possit, nihil aliud significari, quàm exercitu ad portas Caspias in excubiis collocato, Scythicas gentes fuisse exclusas. Callimachi, nescio, an pondus habere possit testimonium, Gallos à Titanibus derivantis, poëtico fortasse lusu, cum Delphici templi violatores ab Apolline deletos, tanquam priscorum in Deos paria audentium sobolem repræsentat. » Considerations sur la lettre de Pezron, Coll. etym., p. 74 (DUTENS, t. VI, part. 2, p. 86-87).