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V-Upl haut, Mp.1522/n

&. Cf. pl. haut, p. 473, n. 2. A propos de la difficulté de retrouver l’histoire dans la mythologie, il écrivait à Sparfvenfeldt (à la suite du premier passage cité pl. haut p. 526, n. 1) : « J'ai grand peur qu’il n’en soit de même de vos Eddas et Sagas, et Histoires anciennes des Francs selon Trithemius, des Ecossais et des autres Histoires particulières de quelques peuples, lorsqw’elles ne s'accordent guères avec les Histoires des autres peuples. Ainsi j> ne croirais pas, par exemple, à l’égard des Rois Danois, ce qu’un auteur du pays rapporteroit long-temps après, sur des chansons, traditions ou contes populaires. »

5. Ibid. et : «Islandicis Historicis et Sagis in rebus paullo remotioribus non multum tribuo. » Lettre à Kortholt, 4er février 1715. Korra., t. I, p. 318 (Du- TENS, t. V, p. 322). A propos d’une saga, il écrit : « Itaque centum et amplius annis a rebus gestis abesse potest scriptor. Magnam fidem in plerisque me-

et s’il n’y avait une concordance à peu près complète avec l’histoire connue d’ailleurs (1). Il en est de même pour tous les récits des peuples scandinaves ou germaniques antérieurs à leur conversion au christianisme et surtout à la fixation par l'écriture, seule capable d'empêcher la déformation qui résulte de la tradition orale (2). Tous les peuples barbares, les Hongrois ou les Bohémiens, méritent aussi peu de créance, quand ils sont dans ces mêmes conditions (3). Enfin Leibniz a su voir que les peuples récemment eivilisés déforment l’histoire, soit par simplicité d’esprié et par vanité (4), soit par des emprunts faits à des

reri censet editor, ego inesse aliquid veri et utilis non negem, sed quod diffculter a fabulis discerni possit, ut solet apud mythologos. » Ann. Imp. 968, s 24 t. LIL, p. 223. CF. $26, p. 224. En 980, $ 26, t. III, p. 467, Leibniz déclare préférer Adam de Brème à toutes les sagas.

1. cExtat narratiuncula subvetusta apud Danos, cui titulus est Gotrici saga, e0 sermone, qui nunc Islandis superest. Sedsagæ illæ, fabularum manifestæ, longe a sui argumenti temporibus absunt.…. In ea barbarie, quæ .ante literas, cum religione admissas, gentes Europæas tenuit, nihil domesticis earum narratiunculis tribut potest, nisi cum publicæ historiæ autoritate juvantur. » Id. 806, $ 6, t. I, p. 232.

2. « Nec meliorSuedonum quam Danorumaut Britannicarum gentium vetus historia est, ubi res christianas antegreditur aut Francorum monumenta. Biornonem hunc Johannes Magnonis centesimum Suedonum regem facit. Sed illi regum catalogi, tam longe producti, figmenta sunt hominum otiosorum, qui honori suæ quisque gentis per inania velificabantur, tanquam concesso in priscis jure commenti. Et jam dudum privatas populorum historias explosimus, barbara tempora explicantes, ubi publicis, id est Græcorum, Romanorum, Francorum, Saxonum annalibus non adjuvantur. Barbariem autem a defectu literarum æstimo : nam traditionibus patriis, si scriptura absit, parum tribuo, quæ sane de longinquis temporibus nuspiam/sinceræ aut fide dignæ habentur, et facillime in fabulas corrumpuntur. Carmina autem inde a Druidibus et Bardis et Scaldis memoriæ commendata dudum omnia periere.Nec quicquam habent tale septentrionales,quod sexcentorum annorum ætatem excedat. » Id. 829, $ 29, t. I, p. 394-5. Sur la nécessité de critiquer les sources de l’histoire scandinave. V. lettre à Otton Sperling, 27 janvier 1708. Korr., t. I, p. 244 (Durens, t. IV, $ 2, p. 268).

3. Ann. Imp. 878, $ 6 à propos des Danois; $ 7 : « Similiter bella ficta et principes fabulosos Bohemorum historici celebrant, vera rerum gestaet ducum nomina prætermittunt.. Unde æstimes, quæ sit in antiquis domesticæ gentium historiæ fides, quoties Græcorum, Romanorum, Germanorum annalibus non adjuvatur.» T.I, p.720. À propos d’une défaite des Hongrois en Bohême: «Sed quæ scriptores isti, haud ex monumentis, sed partim ex obscuris traditionibus aut consignationibus recentiorum, partim ex ingenio narrant, non magnam fidem habent. » Id. 943, $ 16, t. H, p. 518.

4. « Cæterum si Dudoni, primo Normannorum Neustriæ scriptori, credimus,æquante simplicitatem vanitate (ut mos est ex barbarie recens emergentibus)

nations plus civilisées (1). Telle est l’attitude de Leibniz vis-à-vis des récits visiblement mensongers : il refuse dy croire et pense que la part de vérité qui s’y trouve est si minime ou, tout au moins, si difficile à trouver, que mieux vaut s'abstenir de l’y rechercher.

Pour les légendes, qui pullulent dans l’histoire du moyen âge, Leibniz agit à peu près de même : il n’est pas insensible à leur charme, mais eroit que la vérité historique n’a rien à faire avec la beauté de la poésie (2) : aussi s'est-il efforcé de les détruire quand elles se trouvaient chez les modernes, de rechercher l’origine et la part de vérité des anciennes. C’est ainsi qu'avaient fait, en France, Jean de Launoy et Baillet, les « dénicheurs de saints (3)», aux Pays-Bas, les Bollandistes, pour qui Leibniz avait une si vive admuration (4). Ilessaya de les imiter pour l'Allemagne et, en particulier, pour la Saxe : il croyait, par exemple, que s’il y avait quelque chose de vrai dans la légende qui faisait partir pour la Palestine les enfants d’Hameln, à savoir que des enfants avaient pu partir en foule pour la Terre-

miris ac pene ridiculis narratiunculis historiæ suæ autoritatem extenuanti. » 14. 927,$ 11": Il 1p- 379:

1.« Sed jucundum erit, ipsos audire Hungarorum scriptores, historiam partim ex fabuiosis traditionibus, partim ex arbitrariis suorum figmentis varie mutilantes aut mutantes : ut fere fit, Cum a contemporaneis cultiorum populorum scriptoribus patrii annales gentis serius ad literarum studia perductæ recedunt.... Apparet, olim Hungarum aliquem, ubi umbra quædam doctrinæ ad gentem pervenit, animo ad scribendum adjecto, lectis nostrorum historiis, quædam inde sumsisse, turbatoque gestorum ordine, pleraque partim ex ingenio, partim ex avitis narrationibus ad arbitrium interpolasse. Ita Danos, Suecos, Normannos, Polonos, Bohemos,Wallenses, Scotos, ipsosque olim Francos, Saxones, Longobardos egisse video, ubi primum semidoctos homines nancisci et aliquam lucem litterarum haurire cæœpere, ut quasdam suæ gentis historias commenti, vera falsis miscentes, semibarbarorum popularium vanitati velificarentur. Itaque privatæ populorum antiquitates ad publicam cultiorum gentium historiam tanquam ad lapidem Lydium exigi debent.» Id. 955, $ 14 et 16, t. II, p. 651 et 652.

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