Id. 792, $ 7, €. I, p
6. « Rien n'est si petit qui ne naisse d’une grande varieté de circonstances
ncor plus petites, et celles-ci encor d’autres et cela à l'infini. » Lettre à
ment délicat de découvrir les vraies causes en histoire (1). Cependant, le véritable savant les recherche et c’est pourquoi Leibniz accueillait, en ‘histoire comme en physique, les hypothèses concernant les causes (2). Lui-même en imdique dans son grand ouvrage soit une seule à la fois (3), sôit ordinairement plusieurs, tantôt en laissant choisir le lecteur (4), tantôt en penchant pour lune d’entre elles (5); mais toujours il a soin d’avertir le lecteur qui peut distinguer ces conjectures des raisons fournies par les textes mêmes (6). Ces conjectures sont, d’ailleurs, ord'nairement tirées des circonstances des faits (7); parfois, cependant, Leibniz invoque des causes purement morales ou psycho-
Sophie, 13/23 octobre 1691, avec de nombreux exemples de petites causes. Kzope, t. VIL, p. 146. « Il est impossible à tout autre qu’à Dieu de voir l'enchainement général des causes qui doivent concourir à la production , des choses contingentes.» FEDER, p. 463. Lettre s. d. (1695-1698) sur Antoinette Bourignon.
{. « Comme dans la machine rien n'est plus difficile ny moins éclairci que Ja nature des esprits animaux, il faut avouer aussi que cette partie de l’'Histoire est la plus sujette à caution. qui est ce qui vous pourroit asseurer des motifs cachés que l'Histoire ancienne rapporte. On a assez de peine à les deviner dans les affaires d’aujourd’huy. Mais aussi faut-il avouer, que c’est ce qu'on demande le moins dans les affaires.anciennes. » Mémoire cité du 1°r juillet 4692, p. 21-22. Cf. sur les causes de la défectian de Bérenger : « Sed hæc in tenebris vetustatis facile latent, cum hodie etiam incerta sæpe sint judicia de occultis principum actis ». Ann. Imp. 896, $ 2,
t. II, p. 156.
2. « Ego ingeniosas de causis Phænomenorum conjecturas, etsi non absolutas, tamen laudo et perutiles judico, ita enim collatio experimentis paulatim ad certitudinem majorem accedi potest. » Lettre à Jean Bernoulli, 28 janvier 1701. Com. Ep. Bern., t. IX, p.31 (GEHR., Math., t, III2, p. 649).
3. Il emploie l'expression suspicor. Ann. Imp. 789, $ 2, t. T, p. 145; arbitror, 850, $ 2, p. 549.
4. En employant la locution sive... siwe. Id. 788, $ 2 et 6, t. I, p. 140 et 149; 798, $ 3, p. 158; 844, $ 2, p. 293; 820, $ 10, p. 332; 822, $ 2, p. 344: 826, $ 7,p. 368; 829, $ 19 et 22, p. 391 et 392; 830, $ 3, p. 399; 854, $ 3, p. 563; 896,$ 23, t. IT, p. 163: 917,$ 2, p. 290; 920, $ 6 et 7,p. 319 et 320; 924, 8 26, p. 356; 924,$ 5, p. 384.
5. Avec sive… sive (guod malim). Id. 8314,$ 1, t. 1, p.414 et 941,$ 14, t. II, p. 242; sive ( quod malo), 937,$ 16, p. 463 ; « Mihi alia conjectura verisimildima visa est ». Jd. 778,$ 3, t. p. 70; « Magis crediderim », 4004, $ 34, t. TIT, p. 787. — Parfois, les deux causes s'ajoutent, au lieu de s’exclure : Leibniz emploie alors partim… partim. Id. 806,$ 12, t. I; p. 242.
6. « Carolus junior Provinciæ rex, parum rebus gerendis aptus habebatur, corporis imbecillitate an vitio, éncertum. » Id. 850, $ 9, p. 592.
7. Ex. Id. 817,8 5, 856, $ 1, 886, $ 1 et 951,$ 40, &. I, p. 316 et 570, t. 1H
-p. 88-et 610,
logiques (1), plus rarement des causes sociales ou économiques (2).
Il estimait, non seulement les causes ou les motifs, mais encore les circonstances de l’histoire (3), qui en constituent comme la chair (4). Il aimait naturellement en histoire le détail, qui fait pénétrer dans l'intimité même des choses (5). Aussi le recherche-t-il toutes les fois qu’il le peu’ (6) et regrette-t-il fréquemment que les écrivains aient négligé de rapporter les circonstances de certains faits (UE il s'élève contre l’absence de détail chez les historiens du moyen âge (8), contre la sécheresse de Nithard (9) ou des
1. Ex. pour l’entente de Charlemagne et de Haroun-al-Raschild, 807, $7,t. I, p. 248; pour l'accession de Wala à la révolte, 830, $ 6-7, p. 400; pour les raisons du succès des Normands, 860, $ 13, p. 594; pour la prétendue possession de Charles, fils de Louis le Germanique, 878, $ 4, p. 718; pour le mariage des filles d’Otton III, 979, $ 9, t. III. p. 390.
2. Ex. pour les impôts des Saxons et le miel de Lunebourg, 797, $ 4-5, t p.198:
3. Janvier 1671. Kzopp, t. IV, p. 381. CÊ. « Le tout revient souvent aux : circonstances, qui font une partie de l’enchaînement des choses. Il y a une infinité d'exemples de petites circonstances qui servent à convertir ou à pervertir. Rien n’est plus connu que le Tolle Lege » de saint Augustin. «Ce furent ces paroles qui acheverent de le determiner à quitter le Manichéisme. » Théod., $ 100. Geur., t. VI, p. 160.
4. Le corps de l’histoire, « pour avoir toute sa beauté doit estre revetu comme de chair, c’est-à-dire il ne doit pas manquer du,detail des circonstances curieuses ». Mémoire cité de 1692, p. 21.
5. «Un fait ne peut ordinairement être établi que par un détaib. Lettre à Bossuet, 5 février 1702. Foucrer De Careix, t. IT, p. 433. « L'histoire aime à descendre dans le détail ». Lettre à Urbich, 14 août 1708. GUERRIER, p. 88.
6. Surtout pour les grands personnages (v. pl. haut P. 559-560.) Un manuscrit s. d. inachevé estintitulé De La véritable cause de la retraite de Charles V. MST 023 Mol 2] S’agit simplement des circonstances dans lesquelles on a trouvé à l’Escurial un manuscrit autographe de Charles- Quint intitulé : «Raisons véritables de ma retraite pour servir de mémoire à la postérité ». ;
7. « Inepti librarü, ut sæpe solebant, propria virorum nomina in describendo omisere. » Ann. Imp, 7914,$ 7, p. 151: à propos de la réconciliation de Wenilon avec Charles le Chauve : « Quibus artibus tam facile iterurn, in regis gratiam irrepserit, scitu dignum erat : sed ab illorum temporum annalibus nihil de negotiorum interioribus expectes ». Id. 859, $ 10, p. 588. De même :« Non satis constat, quas ob causas tune potissimum male audierit Carolus.... Sed credibile est nova supervenisse odiorum flabella, quæ suppressit infantia historicum ». Jd. 859, $ 5, t. I, 879.
5. «Sed quôd potissimum comitiorum negotiorum fuit, imperii regnorumque Causam scriptores non satis altingunt, et vix obiter indicant », Id. 831, $ 4, &. I, p. 410.
9. Il écrivit à propos de lui : «adeo Scriptores exsucci destituunt judicium lectoris ». Id. 887, $ 8, t. I, p. 466.
chroniqueurs du xesièele (1.11 regrette qu'on ne puisse croire aux circonstances que rapporte le moine de Saint-Gall (2); au contraire, il estime beaucoup le poête saxon, qui donne sur son peuple des détails absents des autres historiens et, après l’avoir édité dans son grand recueil, 1l en reproduit des extraits dans ses Annales (3). L'étude des faits historiques nous a montré que Leibniz ne néglige généralement de détail d'aucune sorte (4). Il donne, par exemple, des détails caractéristiques sur loriginal d’un document (5), fait, dans les circonstances, le départ du certain et de l’incertain, du connu et de l'inconnu (6) et, parfois, suppose des circonstances non rapportées par analogie avec d’auties dûment transcrites (7).
Leibniz ne se préoccupait pas simplement de tirer des documents les faits, leurs circonstances et leurs causes, il essayait encore de faire rendre en quelque sorte aux sources tout ce qu'elles contenoient, par un véritable raisonnement. Leibniz qui, pour constituer la science de VPhistoire, déclarait qu’on y devait faire de. véritables démonstrations (8), croyait à la nécessité de raisonnements