‹ Leibniz HistorienChapitre 664 sur 854 · In., p · texte numérisé non relu

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6. Notamment Eckhart, Gruber, Scheidt et Jung, dans les Origines Cuelficæ citées pl. haut, p.330, n. 5. V. Perrz, t. I,p. xxx-n. Cf. WEGz£LE, p. 660.

7. À propos de l’ouvrage qu’il projetait sur le style des disciples de Juste Lipse, Jaucourr dit, p. 21, qu'il aurait dû «ou justifier le style de Lipse, pour faire passer le sien, ou avouer qu’écrivant malen Latin, illui convenait assez peu de s’établirJuge de lamanière d'écrire des autres Savans dans cette Langue»,

8. (Il n’a pas laissé une œuvre historique, mais seulement des matériaux. des ébauches, des chapitres épars, écrits dans un latin souvent fort imparfait, Le temps ou plutôt la patience lui a manqué pour la mise en œuvre ». H. Ma- RION, Théodicée, Extr. (Paris, Belin) p. xvrr-xvwur. Ce jugement. semble prouver que Marion n’a jamais même feuilleté l'ouvrage.

9. Dès le 27/12 août 1688, il écrivait : « Il n’est pas difficile de compter

tât sur cet ouvrage pour se survivre? Mieux vaut croire que, là comme partout, Leibniz s’est moins préoccupé d'être élégant que simple, clair et coneis (1).

Son style est avant tout simple. La construction de la phrase est rarement embarrassée et l’on comprend d’ordinaire sans grand effort (2). La grande qualité de ce style est ensuite la clarté : pour l'obtenir, Leibniz ne recule pas devant les néologismes, bien plus clairs pour nous que les périphrases du latin classique, mais naturellement moins élégants (3). Leibniz, croyant qu'il faut à tout prix éviter les termes techniques (4), s'efforce de parler le langage de tout le monde pour désigner les phénomènes historiques (5); par suite, bien que philosophe et métaphysicien,

mais il faut répondre à la dignité du sujet et dire des choses qui ne soyent point vulgaires. » KLopp, t. V, p. 410.

1. Dans la Düisseriatio degStilo philosophico Marii Nüizolii (1670), $ vi, il écrivait : « Tres in universum laudes orationis mihi esse vidontur : claritas, veritas et elegantia. Nam utilitas ipsarum potius rerum est ». Suit la définition des trois termes ct l'exemple de « Roma ad Tiberim sita est » pour les propositions de fait. Düurens,t. IV, p.43. «Son style latin est généralement peu élégant, mais clair, précis, et toujours convenable. Il tâchait d'écrire, disait-il, comme se serait exprimé un laboureur romain qui aurait pensé comme lui ». Franck, art. cité pl. haut, p. 657, n. 5. Cf. LANGE, p. 42 : « At monendum est, multas inesse disputationes atque conquisitiones, quæ optime sermone Latino describuntur, ipsumque sermonem Latinum, quo usus est Leibnitius, tam facilem esse atque rotundum, (ut vel seuerus philologus etiam vocare debeat pedestrem orationem).Nos quidem nihil, quod reprehendendum sit, animadvertimus. Præter elegantiam autem vigor quoque et vota non deficiunt, eodem modo ct narratio serena et intimæ sententiæ, adeo gravissimæ mentis animique perturbationes depinguntur ».Ce jugement est exagéré; la seconde partie seule est exacte.

2. Il n’en était pas de même dans la jeunesse de Leibniz : ses premières lettres sont d’une construction raffinée et pénible, dont il s’est dégagé vers l’époque de son séjour à Paris.

3. P. ex. le mot historicus, qu’il emploie sans cesse au lieu de rerum np

4. « Termini.… technici cane pejus et angue fugiendi sunt ». Düssertatio citée pl. haut, note 1, $ vur, p. 45. ;

5. Il écrit, à propos du système de Copernic, que la Bible ne pouvait parler autrement qu’elle ne fit à propos de Josué.« Etridiculus foret Historicus, quamcumque demum in Mathematicis opinionem secutus, qui non solem sed terram oriri aut occidere dictitaret ». Lettre à un prêtre de Rome s. d. (1689 env.). GEHR., Math.,t. VI, p: 146; « Ego ipse in Historia solem surgere, moveri, occideri dico; et formulis hujusmodi omnes ad phænomena referuntur, opticosque motus ». Lettre à Scheuchzer, 28 mars 1711. GuarAUER, t. II, Beil. p. 65. Cf. Il faut s'exprimer «dans le sens populaire; en parlant suivant les apparences ». Théod., $ 65. Genr., Phil., t. VI, p. 138.

il emploie rarement les mots abstraits (1) et surtout s’abstient complètement d'expressions empruntées à son système philosophique (2) : on croirait difficilement que les Annales ont été composées par l’auteur de la Monadologie (3). Enfin, une des qualités que Leibniz prisait le plus dans le latin — témoin les épigrammes qu’il y écrivait et les traductions qu’il essaye d’en faire — (4) c’est la concision; il a essayé de la donner à son grand ouvrage et il y a réussi : il suffit, pour s’en convaincre, de comparer les sommaires qu’il a lui-même rédigés pour la seconde partie à ceux que Pertz a ajoutés à la première : les uns sent à la fois plus courts et plus nerveux que les autres, on dirait d’inseriptions antiques (5). En général, la phrase de Leibniz est pleine, bourrée d’incidentes et surtout d’ablatifs absolus.

1. Nous n'avons pas relevé chez lui de mot correspondant à royauté, clergé, p. ex. Dans une lettre à Kress (corr., fol. 4) de mai 1712, il remarque que le mot «Eglise » a deux sens, celui de réunion des fidèles et de corps constitué, mais il n’emploie guère « Ecclesia » en ce sens.

2. C’est l'attitude qu'il a, en quelque sorte critiquée : « Comme un geometre n’a pas besoin de s’embarrasser l'esprit du fameux labyrinthe de la composition du continu, et qu'aucun philosophe moral et encore moins un jurisconsulte ou politique n’a pas besoin de se mettre en peine des grandes difficultés qui se trouvent dans la conciliation du libre arbitre ot de la providence de Lieu... de même un physicien peut rendre raison des expériences... sans avoir besoin des considcrations generales qui sont d’une autre sphere; et s’il y emploie le concours de Dicu ou bien de quelque âme archée de cette nature, il extravaguce aussi bien que celuy qui, dans une déliberation importante de practique, voudroit entrer dans de grands raisonnements sur la nature du destin et de nostre liberté. »

3. CF. le jargon philosophique de son disciple Weguelin dans la philosophie de l’histoire. Ouvr. cités par WeceLe, p. 854-5 et HARNACK, t. I, p. 458.

k. Nombreux exemples dans Perrz, t. IV,p. 368-482; quelques-uns dans BoDEMANN, Handschriften, p. 1836-55. Leibniz avait surtout essayé de traduire en deux vers la fameuse épigramme d’Ausone (PERTz, p. 383)

«Quel mari qu’ait Didon, son malheur la poursuit: Elle fuit quand l’un meurt, et meurt quand l’autre fuit. » Ou encore : « Tes deux maris, Didon, causent seuls tes malheurs ; L'un d'eux meurt et tu fuis, l’autre fuit et tu meurs. »

5. Ceux de Pertz sont plus longs, ceux de Leibniz sont de petites phiases concises et analytiques. Ex. : «Conradus rex Bavariam fratri commisisse dicitur. Fuit Ratishonæ et deinde Hersfeldiæ. Ungari Saxoniam vastant…. Burchardus dux in Allemannia tyrannice egisse dicitur. De genere ejus. » Ann. Imp. 918, $ 1-3, t. II, p. 300 et : « Eberhardus Henrico regalia affert.

Ce dernier fait nous permet de croire qu'il s’est attaché, en histoire, à imiter le style de Tite-Live, tout au moins dans ses narrations. Il avait beaucoup pratiqué cet écrivain dans son enfance (1), et ne cessa de s'y intéresser : il déclarait qu'il préférait quelques pages de Tite-Live à Pétrone entier (2) et notait avec soin toutes les indications relatives à ses manuscrits inédits (3). Tout en croyant qu'il fallait réserver Tite-Live pour l’âge mûr, il ne se repentait pas de l'avoir lu enfant (4). C’est qu’il en avait fait son profit et on peut reconnaître chez lui l'influence du grand écrivain, sans doute dans son fréquent emploi de l’ablatif absolu (5), peut-être dans celui de la proposition infinitive (6). Certaines tournures indi-

rectes ou elliptiques (7), certaines expressions (8), des

Cu: hic dictus Auceps. Fristlariæ rex eligitur. An coronatus:; an recte omiserit. Lex de pace publica ». 74. 949, $ 1-2, p. 308.

Ne pl baut-p. 2:

2 ADI AD ant D 364 n. 12:

3. V. pl. haut, p. 16, n. 4: « Un grec de l’isle de Chio de la maison de Justiniani est venu icy pour vendre un Tite-Live entier dont nous n'avons que trois decades ot demie des 14, dont il est composé. fl en veut avoir 50.000 écus. Sa Majesté luy en a fait déjà offrir dix mille. Il fait une histoire de la maniere dont ce livre s’est conservé et comment il est tombé entre ses mains ». Lettre à Kotzebue, s. d. (1700-1701), citée par Bopemann, p. 120-1, n° 500.

&. V. pl. haut, p. 8, n. 6.

5. Qui senrble caractéristique du style de Tite-Live. V. Revue Universitaire du 15 mars.1904, p. 244.

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