CouTURAT, Opuse., p
6. « Tout va par degrés dans la nature, et rien par saut, ct celte regle à l’egard des changemens est une partie de ma loy de continuité. » Nouv. Ess?, 1. IV, ch. xvi, $ 12. Gex, t. V, D 400.
gaire, «la forme populaire (1) », qui semble prise à un adage scolastique (2). Elle est, comme la précédente, fondée sur le principe de raison (3).Leibniz déduisait, d’ailleurs, de la loi de continuité comme du principe de raison (4) le principe des indiscernables, à savoir que jamais deux choses ne peuvent être absolument semblables et ne différer que par leur nombre et leur position (5).
Telle est cette fameuse loi de continuité, dont Kant a pu dire qu’elle était la plus haute systématisation de l’esprit humain (6). On voit que chez Leibniz, tout au moins sous sa dernière forme, l’idée de continuité correspond à la conception actuelle d'évolution (7), c’est-à-dire de changement lent et successif, provenant d’une cause naturelle et intérieure, qui s'oppose à celle de révolution ou de changement brusque, dû à une cause le plus souvent extérieure (8). Que ce soit là la thèse générale de Leibniz, on ne peut guêre en douter (9) et les applications de la loi de continuité dans