‹ Leibniz HistorienChapitre 690 sur 854 · Lettrs à Wagner, 1696. GumrauER, D. Schr.,-6.11, p · texte numérisé non relu

Lettrs à Wagner, 1696. GumrauER, D. Schr.,-6.11, p

3.« Das organum organorum, nehmlich die rechte logik ». Plan zu einer deutschliebenden Genossenschaft. FoucHER De CAREIL, t. VII, p. 386.

&. CourTuraT, Logique, p. 90-92 et Opuse., p. 73 et 88. L'expression est empruntée à Bacon : « fil du labyrinthe ». De Augmentis sctentiarum, 3e partie. .

5. « J’ay lu un jour dans l’Amadis des Gaules, qu’un chevalier allant forcer un château enchanté, pour délivrer des prisonniers detenus par une Féa,.trouva en son chemin un lac de feu, plein de dragons qui jettaient des flammes et paroissoient prets à s’élancer sur lui. Au lieu de pont, il y avoit un plancher, peu large pour passer ce lac. Le chevalier, sans s’effrayer, mit le pied sur le plancher, et à mesure qu’il avançait, feu, lac et dragons s’évanouissaient et se changeaient en terre ferme unie et riante. Ce plancher nous sera le fil de la Méthode, qui nous fera sortir de ces sortes de mauvais pas qui nous peuvent faire tomber dans des erreurs dangereuses. » Lettre à Bignon, 13 février 1712. FEDER, p. 263-4.

6. Lettre à Wagner do 1696. Gru., t. VIL, p. 517 (trad. Foucner ne Careir, Nouv. lettres, p. 397-8). Leibniz y donne comme exemple « qu’un enfant avec une règle trace des lignes plus exactes que le plus grand maît:e avec sa main. » Cf. Nouv. Ess., 1. IV, ch. XX, $ 4 ct Rev. de métaph. et de mor., janvier 4905, p. 18-20.

7. «Je tiens qu’on pourrait faire en dix ans par méthode plus qu’on ne fera en cent ans en allant par aventure. » Lettre à Hartsoecker, 12 décembre 1706. Geur., t. III, p. 489. Leibniz a souvent répété la comparaison des dix et des cent ans : Plan (cité pl. haut, note 3), p. 384; lettre à CI. Perrault, s. d. (1674 ou 1675). À. f. G. 4. Ph. t. I, p. 567-8; Mémoire pour les personnes éclairées... FoucHer DE CAREIL, Now. lettres, p. 274-92; lettre à Bignon s. d. (197 mars 1708). Zd., p. 276. Cf, pl. bas, p. 684, n. 7.

d'inventer (1) : dans le premier cas, on ne doit se rendre qu’à l'évidence ou à la probabilité et, dans la déduction des vérités, garder un certain enchaînement continu (2); le second cas est plus compliqué. Il faut définir les choses ou les différencier, chercher les différences des différences ou les causes des causes « en poussant l'analyse à bout » et en ne s’arrêtant qu'aux données absolument simples ou à la différentielle, répéter cette analyse en «observant quelque gradation », aller du simple au composé, du connu à l'inconnu, « tacher de decouvrir quelque progression dans l’ordre de nos meditations afin d’avoir la nature même pour guide et pour garant », «ne rien omettre dans toutes nos distributions où enumerations », grâce à la méthode dichotomique, enfin redescendre par la synthèse de l’origine des choses à leurs résultats, c’est-à-dire intégrer après avoir différencié (3). C’est done la Methode des mathématiques, où l’on sépare sans cesse le certain de l’incertain, le connu de l'inconnu et où l’on relie ensemble toutes les données, que Leibniz voudrait transporter dans toutes les sciences (4), aussi bien dans l’histoire que dans la philo-

1. « Ars demonstrandi tota consistit in duabus, arte definiendi et arte combinatoria. Est enim Demonstratio nil nisi eatena definitionum. » Lettre à Conring, s. d. (après le 16/26 février 1671). Gex, t. I, p. 174. Cf. Couruxar, P.330SS.

2. De la sagesse. Grrx., t. VII, p. 82 (cité en partie pl. haut, p. 478, n. 8 et p. 549, n. 4).

3. Id., p. 83-84; cf. FoucHeRr DE CargiL, Nouv. lettres, p. 410 et CouTuRAT, p. 184. C’est en somme la méthode de Descartes, avec plus de précision (cf. pl. haut, p. 478, n. 3).

4. «J'ai remarqué plusieurs fois, tant en Philosophie qu’en Théologie, et même en matiére de Médecine, de Jurisprudence et d'Histoire, que nous avons une infinité de bons livres et de bonnes pensées dispersées çà et là, mais que nous ne venons presque jamais à des établissemens; j'appelle établissemens lorsqu'on determine et achéve au moins certains points, et met certaines Théses hors de dispute pour gagner terrain et pour avoir des fondemens sur lesquels on puisse bâtir. C’est proprement la méthode des mathématiciens qui séparent certum ab incerto, inventum ab inveniendo, et c’est ce qu’en d’autres matiéres nous ne faisons presque jamais, parce que nous aimons à flatter les orcilles par de beaux discours, qui font un mélange agréable du certain £t de l’incertain pour faire recevoir l’un à la faveur de l’autre. » Lettre à Th. Burnet, 1/11 février 1697. Geur., t. IT, p. 191-2 (Durens, t. VI, p. 244-5), Cf. lettres à Ernest-Auguste, s. d. Ip., t. VII, p. 25 (Kropp, t. V, p. 67-68), où Leibniz dit que les mathématiques sont surtout utiles pour « apprendre

sophie (1), la logique n’étant « pas cette Methode de bien enregistrer les faits, mais plus tost la Methode de diriger la raison pour profiter « des faits et en tirer- des vérités générales (2).

A la loi de continuité l’on peut rattacher enfin l’activité singulière que Leibniz déploya pour les sociétés savantes. Lui qui rêvait une société unique divisée en classes (3), qui déclarait que certains travaux historiques qu'il projetait pour l’Académie de Vienne étaient l’œuvre d’une société et non d’un homme (4), savait que les Académies sont par essence, la continuité (5) : c’est pourquoi Leibniz, qu'on a pu nommer « l’Académicien (6)», s’esi perpétuellement occupé de ce genre de sociétés, l’a toujours prôné, a sans cesse cherché à réaliser celles qu’il projetait lui-même ou que proposaient ses amis (7), si bien qu’on a pu le consi-

Part de raisonner avec exactitude » et que l’on doit «réduire tous les raison. nemens humains à uno espece de calcul ou de compte »; proposition à Bossuet, d’une méthode de raisonnement mathématique, 3 septembre 1700. Durens, t. I, p. 647; sur l'utilité de réduire en forme les controverses, lettre à Placcius, 19maitt690 JD. ENVI, p.72.

1.V. pl. haut, p. 552-553, pour l’histoire, p. 362, n. 4 et Foucuer pe CAREIL, Nouv. lettres, p. LxvI ct cexix pour la philosophie. C£. : « la raison » est autre chose qu’une connaissance de la verité qui procede avec ordre. » Il ne faut pas « juger per saltum. On n’a qu’à aller toujours par ordre, et rien poser sans estre asseuré par experience ou par preuve; et ne se contenter d'aucune preuve, si elle n’est bonne dans la forme, ot si la matiére ne contient des propositions deja prouvées à leur tour par l'experience ou par quelque autre preuve. Et lorsqu'il n’y à pas moyen d’avoir des preuves decisives, on est obligé d’estimer les degrés de probabilité, et de suivre ce qui est le plus probable et le plus seur ». Lettre à Morell (corr., fol. 49-50), 29 septembre 1698.

2. Geur., t. VII, p. 182 cité par CouTuraT, Logique, p. 162. C’est, en somme « Cet art d'inventer sans lequel on n’avance guère. » Cité par Th. Rigor, Essai sur l’imagination créatrice, p. 248.

SAN SD haute D M2 ne

4. « Dicss aber sind nicht eines menschen, sondern collegii wercke, doch müssen loute seyn die den grund legen». Lettre s. d. (1709). FoUcHER DE Careiz, t. VII, p. 272. 2

5. V. le passage de Mommsen, cité par LanGLois, p. 424. Cf. DiLrHey, art. Cité, p. 255, répétant que les Académies assurent la continuité du travail régulier. CRE

6. H. ScHucHarpr, trad. par CoururarT. Reo. intie de l’enseignt, 15 mars. 1904, p. 248. — Bæœcku, discours de 1835 et de 1847 à l’Académie de Berlin, l’appelle «eine ganze Akademic » et «eine ganze akademische Natur ». Æl. Schr., t. I, p. 365 et t. II, p. 202.

7. Sur «la continuité ct la persévérance de ses efforts jusqu’à la dernière heure », v. Foucaer DE Careis, t. VII, p. xxx1v et surtout Harnacx, t. I, p. 21, qui les fait durer un demi-siècle, de 1667 à 1716; cf. LAMPRECHT, p. 124-5.

dérer comme le promoteur de cette Association internationale des Académies (1) qui s’est inaugurée par l'étude dè ses œuvres.

La loi de continuité, quiimprègne ainsila pensée de Leibniz dans tous les domaines (2), a une influence considérable sur son histoire. Il n’en pouvait être autrement : cette loi, d’une certitude toute morale (3), doit être la rêgle de l'histoire, dont la certitude est également morale: la continuité, base de tout raisonnement, est, en particulier, au fond raisonnement par analogie (4), sur lequel repose à peu près toute la construction historique (2); nulle part plus qu’en histoire il n’est important de relier le présent au passé et de voir comment celui-ci se prolonge dans celui-là. D’autre part, tous les grands penseurs modernes ont proclamé ou appliqué cette loidans le domaine des sciences morales et historiques proprement dites. Déjà entrevue, semblet-il, au xvie siècle (6), elle a été dégagée au siècle suivant par les grands critiques et les grands historiens de la France

Au contraire, le Gottfried Wilhelm Leibniz unddie deutschen Sozictäten des 17. Jahrhundorts, de Ludwig Kerrer, Berlin, 14903, in-80 de 45 pates, ne contient ni un texte, ni une vue nouvelle. — Leibniz s’est occupé des Académies française et italienne pour la langue. Unvorgr. Ged., $ 35-39. Durens, t. VI, part. 2, p. 21-23. Il écrivait à Tschirnhaus, s. d. (après le 7 mai 1693) qu'une société de médecine ferait plus en dix ans que des hommes isolés en cent. GEHR., Briefw., p. 482-3. Outre le Collège historique, il approuvait un projet de congrès de savants, présidé par Rodolphe-Auguste, que Gehr. Meier (corr., fol. 29), le 17 juillet 1692, aurait voulu voir réunir, à l’occasion de la foire de Brunswick; il proposait d’en parler au duc. Lettre à Gehr. Meier (corr., fol. 40-41), 16 décembre 1692.

1. G. DarBoux, Rev. intie de lenseignt, 4 mars 1901, p..208"6t 207. Ch.-V. LANGLOIS, Quest. d’hist. et d’enseignt., p. 284 et 287. — Leibniz avait proposé une réunion solennelle des quatre classes de la société de Berlin : lettre à Printzen, S. d. (mars 1711). KLopp, t. X, p, 434.

2. On la retrouve dans toutes les sciences morales : en politique, v. le passage du Mars très chrétien, cité par Baruzr, p. 48; en pédagogie, v. plus haut, P. 677, n. & et lettre à Morell, 17 décembre 1698 citée par Banuzi, p. 76; en religion, lettre à Grimaldi s. d. (1696 environ). FELLER, p.18 (Durexs, t. V, p. 75), citée par WeceLr, p. 647, n. 2; cf. lettre à Jablonski, 12 mars 1700. HARNACK, &. II, p. 62 (GUHRAUER, D. eh tail, p. 146).

Page 1