‹ Leibniz HistorienChapitre 698 sur 854 · C£. Hôrrnin6, Psychologie, p · texte numérisé non relu

C£. Hôrrnin6, Psychologie, p

10. Le déterminisme, chez Leibniz, «est déjà la plus haute tendance scientifique » des modernes. Foucner DE CAREIL, Leibniz et les. deux Sophies, p.103.

V. surtout sur sa nécessité dans les différents ordres des sciences, GOBLOT, p. 196 et 232.

actions humaines (1). I1 considère en histoire « l’enchainement des choses (2) », qu’il expose dans la suite même des faits, leurs causes et leurs conséquences. Et cet enchainement est si naturel à son esprit, le déterminisme lui parait si bien la condition de l’histoire que, comme la loi de continuité, on le trouve toujours appliqué, jamais explicitement formulé. Il n’y a guère d’exceptions que là où Leibniz fait intervenir la Providence (3) ou le destin (4); si la première se confond avec Dieu, le second, désignant un ensemble de circonstances tendant toutes à la même fin (5),

3. Dans son Discours sur l'Histoire universelle, après l'exposé générai Dieu n'intervient plus comme cause que pour expliquer la prise de Rome par les Barbares d’après l’Apocalypse.c Partout ailleurs, c’est par des causes humaines que Bossuet explique les faits humains. il adhère à ce « déterminisme » historique qui, à force d'approfondir la liaison nécessaire des faits, peut arriver parfois à en fixer les lois et à en prédire le retour... Partout Bossuet se montre aussi pénétré que possible de cette idée, que tout se déroule dans l’histoire avec une suite qui est une nécessité». REBELLIAU, p. 130-2 ; cf. passage cité pl. bas, conclusion. — C’est aussi l’attitude de Fusrer pe Cou- LANGES. Paul GurrauD, art. cité Rev. des Deux- Mondes, 1% avril 1896, p. 110.

2. À propos du prince Christian de Brunswick, mort cette année, Leibniz écrit, en septembre 1703, à lord Rocksborough : « prevenu de fausses impressions contre le droit de succession establi dans le pays, il s’est fait un point d'honneur de soutenir (ses) pretensions. et il a mieux aimé se reduire au petit pied que d’en demordre : ce qui par l’enchainement des choses à causé enfin sa perte ». KLopp, t. IX, p. 39. Cf. pl. haut, p. 616, n. 8.

3. «Ita in arcto positum, uno temporis momento providentia expedivü, cut decretum erat Francos per Carolum attollere ad fastigia rerum.» Ann. Imp. 774, $7,t. I, p. 29-30; à propos de la défaite des Hongrois à Augsbourg : «Ita gubernatrix rerum providentia suum cuique genti officium fatis assignat. » Id. 955, $ 12, t. II, p. 651; « Itaque tria simul divina judicia populos pressere, pestis, gladius, fames.» Zd. 995, $ 1, t. III, p. 609. Cf. « Factum erat divino munere, ut Typographiæ inventum, et bonarum literarum introductio in Germaniam, et Reformatio sacrorum sese ordine consequeretur, non magno intervallo, et tanta commoda mutuo sibi auxilio essent. » ,S$S. BB., LAlprét ol tamo(DUTENsat IV part 2) p.595).

4. À propos du mariage de Louis le Pieux avec Judith, il écrit : « Sed fata quis vitet? » Ann. Imp. 819, $ 8, t. I, p. 323; à propos de Charles le Chauve préparant la grandeur de Robert le Fort : « Adeo miens hominum fat nescia vitando mala procurat ». Id. 877,$ 29, &. II, p. 14. On peut trouver la même idée dans la réflexion suivante sur la mort d’Arnulf. « Arnulfus ultimus Carolingorum imperium Romanum tenuit. Ita quod Carolus ille inclytus initio seculi familiæ decus intulerät, ejusdem seculi exitu amissum est. Adeo stare diu magnis negatum. » Id. 899, $ 8, &. II, p. 182. Dans la fin de la préface du même ouvrage cité par WeceLe, p.659, n.41,ilva jusqu'à parler dela «nemesis ».

5. «I y a le plus souvent des fatalités qui empêchent les hommes d’être heureux. » Lettre à l’abbé de Saint-Pierre, 7 février 4715. Durens, t. V, p. 61.

s'y ramène : ce sont, en somme, des formes du déterminisme.

L’enchaînement des choses ne sert pas seulement à expliquer le passé, il doit permettre de prévoir l’avenir, C’est ce dont était persuadé Leibniz (1); mais il Jugeait cette opération très difficile, quand il s’agissait d’un événement particulier, à cause du nombre considérable des données et de leur entrecroisement réciproque (2) ; il n’y a guère que dans les faits très généraux que l’on pouvait, selon lui, y réussir (3); encore, à son avis, n'y arrivait-on que rarement (4). Leibniz estimait ces sortes de p'évisions, quand il en trouvait de certaines (5); lui-même essayait d’en faire sur les événements de son temps et même du siècle futur. Il s’est naturellement trompé maintes fois: mais son sens historique était si sûr qu’il a assez souvent rencontré juste (6), par exémple lorsqu'il prévoyait la guerre de Hollande que préparait Louis XIV (7), les effets de la révolution d’Angle-

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