‹ Leibniz HistorienChapitre 710 sur 854 · V. pl. haut, p · texte numérisé non relu

V. pl. haut, p

2. « Affectus sunt conatus agendi à sensu orti. » Leibnitiana, $ ct. FELLER, p- 189 (DurTens, t. VI, p. 315).

3. Id., $ cv. FELLER., p. 193-4 (DUTENS, p. 317). Of. $ c1x, p. 195.

4. « C’est un dicton commun, que l’intérêt gouverne le monde; mais on x raison de dire... que ce sont plutôt les passions. » Jugement cité pl. haut, p. 705, n. 5. Durens,t. V, p. 41. Cf. « Il arrive tous les jours que les hommes agissent contre leurs connoissances, en se les cachant à eux-mêmes lorsqu'ils tournent l’esprit ailleurs pour suivre leurs passions; sans cela nous ne verrions pas les gens manger et boire de ce qu'ils savent leur devoir causer des maladies et même la mort. Ils ne négligeraient pas leurs affaires, ils ne feraient pas ce que des nations entières ont fait à certains égards. Si la Géométrie s’opposait autant à nos passions et à nos intérêts présents que la Morale, nousne la contesterions et ne la violerions guère moins, malgré toutes les démonstrations d’Euclide et d’Archimède, qu’on traiterait de réveries et croirait pleines de paralogismes. » Noue. Ess., 1. I, ch. 11, $ 11et 12; lettre à Wassenaer du 7 décembre 1703, où on lit: « Je voy... que bien souvent ce n’est pas même l’interest qui brouille les gens et que plustost quelque piquanterie ou passion. » BoDEMANN, p. 380, n° 970.

5. « Scilicet necessitatis nomen laxamus … aut astringimus prout nobis placet. » Lettre à Eckhart (corr., fol. 25), 1er décembre 1699.

6. «Sed ægre mens affectus vincit, nisi opposito alio affectu ». Ann. ?mp. 974, $ 28, t. III, p. 338.

7. Lettre à Boïinebourg, 2/12 septembre 1695. Fever, p. 390. Cf. pl. haut, p. 571, n. 5, et les exemples de la lettre s. d. citée, p. 711, n. 5.

8. V. pl. haut, p.469, n. 2 et : «Nos omnes quodammodo pueri sumus, qui sæpe audita credunt, atque instar psittaci imitantur; nos, sæpe aut fortiter. cogitata. Nihil facilius, quàm demonstrationum suarummet oblivisci. » Leibnitiana, $ cv. FeLrer, p. 194 (Durens, t. VI, p. 317).

tons les abus souvent répétés (1), en elle consistent tous les préjugés (2); elle explique que les hommes professent généralement les religions des pays où ils habitent (3); c’est à elle aussi qu’on peut attribuer une bonne partie des hérésies, comme presque toutes celles d'Orient ou, en Occident, celle de Félix d’Urgel, qui « ne consistent que dans les termes (4) », quand elles ne proviennent pas de livres apoeryphes (5); cependant, comme « la contrainte est ennemie de la vérité (6) », la persécution et même la réfutation n’ont ordinairement d'autre résultat que de les développer (7). Nos opinions proviennent de deux sources, notre nature propre et notre situation présente : on doit tenir compte de l’une et de l’autre dans le gouvernement des hommes (8).

C’est surtout l'importance de l'imagination que l'on

1. « Sed post terna exempla tolerabilior videri cæpit, et sæpe repetiti abusus apud vulgus in jus eunt.» Ann. Imp. 987, $ 23, t. III, p. 517.

2. Leibniz rapporte d’après Priscus et Jordanis l’2xemple qu’Attila n'osa marcher sur Rome, par crainte de mourir ensuite comme Alaric. Jugement cité pl. haut, p. 705, n. 5. Geur., t. II, p. 430 (Durens, t. V, p. 45-46).

SNouv, Ess., 1. AV, chv, $16 Ip., À. V; p.440.

4. Lettres à Sophie, 16/26 octobre 1691. Kcopp., t. VII, p. 151-2; à la Croze, 2 décembre 1706 et 21 janvier 1716. KorTu., t. I, p. 385 et 441 (Du- TENS, t. V, p. 483 et 512). Cf. Ann. Imp. 71914, $ 9, t. I, p. 151-2.

5. À propos du livre apocryphe de l'enfance de Jésus, il écrit en 1697: « Quolies antiqua sunt hujusmodi apocrypha, non pauca docent, atque interdum hæresium sive fontes, sive rivos velut indice digito nobis ostendunt.» FELLER, p. 110 (Dutens, t. V, p. 569).

6. Remarques à propos de la lettre sur l'enthousiasme, s. d. (après 1711), $ xv. DurTens, t. V, p. 30.

7. « On peut dire que les revolutions, tant aux Pays Bas que dans la Grande Bretagne, sont venues en partie de la trop grande intolerance des rigides. » Considérations sur l'ouvrage de Hobhes, $ 7. Geur., t. VI, p. 393. Cf. lettre à Nicaise, 9/19 ooût 1697 à propos du quiétisme. In., t. 11, p. 573, et lettre à Sophie 45 mai 1699, à propos des développements du protestantisme.KLorr, CNIL Ep M1

8. « Quæ (opiniones) rursum vel naturales sunt, nam quisque opiniones et observationes libenter arripit temperamento suo consentaneas; vel casuales sunt, nam homo pauper, aut ab aliis pendens, varias ob causas sæpe cogitur assuescere rebus ingratis; et sæpe casus aliquid cogit nos historiæ meminisse, cujus alias non meminissemus, si nempe nos valde attigit, aut accessit nota quædam, v. g. pudor noster vel honor, vel etiam in aliis casus extraordinarius. Arte igitur in indaganda aliorum assuefactione vel notitia opus est, et varie tentandi sunt, ita tamen plerumque ne sentiant. Et artis hic est pauca principia pertentare, unde cætera, constituta jam arte, ratione sequantur. » Leibnitiana, $ ci. Fezver, p. 190 (Dutens, t. VI, p. 315).

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peut suivre à travers les œuvres de Leibniz, qui l'avait sans doute étudiée chez Malebranche (1). Nous avons déjà vu quelle part Leibniz fait à cette faculté dans la mémoire (2), ce nom désignant tout ce qui peut produire des images, par suite les perceptions extérieures aussi bien que les perceptions libres (3); elle lui permet d’expliquer un grand nombre de phénomènes psychologiques assez complexes et, en apparence; mystérieux. Elle peut, par exemple, produire des guérisons (4), principalement quand il s’agit de maux internes, dus aux idées ou aux liquides de l’organismeet qu’on observe une continuité entre les part es solides (5). Elle explique le naturel de quelques personnes, par suite de certaines impressions survenues à leur mère pendant la conception ou la gestation (6); elle rend compte des visions et des prophéties chez certains saints, prineipalement les mystiques, comme chez les prophètes hébreux (7); elle donne le secret de l’extraordinaire résis-

4. La recherche de la vérité, livre second : de l’Imagination.

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