‹ Leibniz HistorienChapitre 711 sur 854 · V. pl. haut, p. 380, n · texte numérisé non relu

V. pl. haut, p. 380, n

3. «Phantasia seu imaginatio est Ccognitio cum imagine extensionis seu figuræ. » CoururaT, Opuse., P. 491. A propos des animaux, il écrit: «Et l'imagination forte qui les frappe et émeut, vient ou de la grandeur ou de la multitude des perceptions précédentes. Car souvent une impression forte fait tout d’un coup l'effet d’une longue habitude ou de beaucoup de perceptions médiocres réitérées ». Monadolog ., $ 27. Geur., t. VI, p. 641. -

4. « Man wies, wie viele die einbildung gesund gemacht. » Suivent des exemples. KLopp, t. I, p.146, $ 22-23 (Foucrer De Care, t. VII, p. 90-94).

5. «Los miracles des guerisons reçoivent quelque distinction. Car il y a des maux que la force de l'imagination peut surmonter comme ceux qui consistent dans les humeurs et dans les esprits. Mais quand le mal est dans los parties solides, et quand il y a solution de continuité, il est difficile de croire que la seule imagination puisse redresser les os disloqués, ou reunir les cartilages brisés ou rejoindre les nerfs Coupés de travers. Je croy que la guerison surprenante de Mme la duchesse de Parme, qui s’est faite sur les prieres d’un pere Capucin est du nombre des premieres, qu’on pourrait reduire à des causes naturelles. » Lettre au landerave Ernest, s. d. (hiver de 1680). Romano, t. I, D'R275: :

6. À propos des visions de Mine d’Asseboure, il écrit au même : « Pour de la fourberie, il n°y a point d'apparence; on ne scauroit Pattribuer naturellement qu’à la force de limagination. La Mere qui estoit une grande devote... a consacré ce fruit a Jesus-Christ quand elle le portoit encore dans sos entrailles. Ces impressions peuvent operer sur l'imagination.» fn., t. TI, p. 342. Cf. lettre à Sophie, s. d. (1694). KLopp, t. VII, p- 161 et pl. haut, p. 672, n. 1.

7. I'écrit, à propos de Mue d’Assebourg : « Il y a de l'apparence que Sainte Therese, Sainte Catherine de Sienne et autres personnes semblables estoient

tance à la douleur des martyrs et des fanatiques (1). Par suite, elle explique aussi ce qu'au xvie siècle on nommait Rene c'est-à-dire « le défaut de eeux qui s’imaginent une révélation immédiate, lorsqu'elle n’est pas fondée en raison (2) », que nous appelons aujourd’hui des illuminés. C’est à l'enthousiasme que Leibniz rapportait Jeanne d’Arc (3), dont la délivrance de la France lui paraissait presque un miracle (4). Ainsi, il a connu ce que nous appelons l’auto-suggestion, il a vu parfaitement toutes les particularités qu’entraine l'imagination et les erreurs qu’elle cause (5).

Enfin Leibniz a connu le rôle de la volonté. En raison même de son déterminisme, il croyait que l’homme est maitre de ses pensées et qu'il doit les régler pour mieux agir:e’est à quoi sert la philosophie (6). «Il nya que la volonté qui manque aux hommes pour se délivrer d’une

à peu près de même naturel. » Lettre citée note précédente. « Cependant une personne qui à l'imagination très forte peut avoir des apparitions assés vives et assez distinctes pour luy paroistre des verités. » Lettre sur la même, citée pl. haut, p. 542, n. 4. Cf. lettre à Magliabechi, 8 novembre 1691. Durens, t. V, p. 96.

1. «Constat martyres cruciatus exquisitissimos sustinuisse non alia ratione, quam forti imaginatione futuræ voluptatis, nam alioqui dolori aut voluptati obsistere nobis impossibile est, nisi contrariis oppositis. » Suivent d’autres exemples. Lerbnitiana, $ Lx1x. FELLER, p. 169 (Durens, t. VI, p. 306). « Les Martyrs et les Fanatiques, quoique l’affection de ces derniers soit mal reglée, montrent ce que peut le plaisir de l’esprit : et qui plus.est, les plaisirs mêmes des sens se réduisent à des plaisirs intellectuels confusément connus. » Prine. de la nature, $ 17. Durens, t. II, p. 38.

2. Nous. Ess., 1. IV, ch. x1x, $ 3. Ceme., t. V, p. 485. V. tout le passage, $ 5-10. Cf. Remarques sur la lettre sur l'enthousiasme. Durens, t. V, p. 49.

3. « Puellam Lotharingam, vulgo Aurelianensem, subornatam non apparet. Enthusiastica, opinor, fuit. » Lettre à Bierling, 24 octobre 4709. GEur., t. VII, p.486 (Korra., t. IV,p 7; Durens, t. V, p. 855).

&. «Nemo ignorat Ludowici XI patrem, urbe Regia et maxime Galliæ parte exutum, vix Puellæ ducta, quasi miraculo, regnum recepisse. » Mantissa, préf., $ xv. Durens, t. IV, part. 3, p. 846.

5. « Y a-t-il quelque chose plus propre à précipiter dans l'erreur que de prendre l'imagination pour guide? » Nouv. Ess.,$ 11, du passage cité, pl. haut, p. 713, n. 8. Suivent les exemples.

6. «Il n’y a rien qui soit absolument en nôtre pouvoir; mais il n’y a rien qui le soit plus que nos propres pensées; et c’est pour cela même que nous en devons rendre compte plus que de toute autre chose... Nous sommes faits pour penser. Iln’est point nécessaire de vivre, mais il est nécessaire de pensser et nos pensées nous suivent au-delà de la mort. Il est vrai que nous pen-

infinité de maux (1) »; malheureusement « bien souvent les volontés des hommes ne sont que des velléités (2). »

A côté de ces facteurs d’ord'e purement psychologique, Leibniz en connait d’autres d’ordre matériel, en étroit rapport avec eux. Le principal est le tempérament, qui est a1 corps ce que le caractère est à l’esprit, c’est-à-dire la cause de toutes nos actions: c’est l’état naturel du corps, comme le caractère est celui de l’âme. Il contribue lui-même à former le caractère et produit en nous toutes sortes d’effets comme la sagacité naturelle, la rapidité ou la lenteur, la constance des sentiments. C’est lui qui différencie les personnes, car tous les esprits sont égaux; c’est lui que l’on doit étudier quand il s’agit de négocier avec les hommes. Comme il est la cause de nos maladies, sa détermination relève en partie de la médecine; mais il se révèle par la nourriture que nous prenons, par notre style, par notre manière de sentir et de nous laisser persuader (3).

serons éternellement, mais il n’en est pas moins vrai, que nos pensées futures sont une conséquence de nos pensées présentes. Gette considération nous doit porter à rectifier et à perfectionner nos pensées présentes autant qu'il est possible; non pas qu’il faille négliger d’agir; au contraire on ne pense jamais mieux, que lorsqu'on pense à ce qu’on fait. Cependant il y a certaines grandes et importantes pensées à régler, qui se répandent sur nos actions. On n’y sauroit penser avec trop d'attention, et c’est ce qu’on appelle Za véritable Philosophie» Leibnitiana, $ cLxvir., FELLER, p. 219-20 (Durens, t. VI, p: 328).

1. Suivent des exemples tirés de l’histoire, Lettre à l’abbé de Saint-Pierre, 7 février 1715. Durens, t. V, p. 61.

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