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Esprit des lois, surtout livres XIV- XVII

3. Peut-être n’y avait-il pas d’abord assez pris garde. A la suite de la publication du Corporis Juris reconcinnandi ratio à Mayence en 1668 (DurENs, t. IV, part. 8, p. 235-52), un ouvrage pseudonyme le critiqua, «montrant qu’il serait impossible que tous les peuples fussent régis par les mêmes lois, sauf celles qui passent pour les premiers principes du droit naturel, et que les lois qui réglent les transactions particulières doivent autant diffèrer entre elles chez les différentes nations que les climats de leurs pays ». Hœrer, Biogr., Firmin-Didot, art. Lergnrz. Il devait s’en corriger. Dans le Specimen.… pro eligendo Rege Polonorum, 1669, il reconnaît que chaque peuple doit se décider d’après sa nature et ses besoins, qui s'expriment par sa constitution. HArT- MANN, p. 82-83. V. surtout : « Sunt et aliæ in Polonis causæ amatæ libertatis : origo Scythiæ, vita campestris, multitudo hominum, planities regionum, absentia Castellorum:. » Durens, p. 522. Cf. « Itaque legum...principia petenda sunt ex geographia et historia, id est locorum tempororumque cognitione accedente scientiæ politicæ parte nomothetica. » MozLar, p. 76. C’est l’idée même de l'Esprit des lois.

4. Cf. plus haut, p. 672, n. 1. « Un certain voyageur avoit partagé les hommes en certaines tribus, races ou classes. Il donnoit une race particulière aux Lappons et Samojedes, une autre aux Chinois et peuples voisins, une autre aux Nègres, encore une aux Cafres ou Hotentots. En Amerique encore il y a une différence merveilleuse entre les Galibis ou Caribes, qui ont beaucoup de valeur,

tère,les mœurs et les coutumes des peuples : il rend les Huns semblables aux Turcs et aux Calmoucks (1), les nations du Midi moins rigoristes (2) et plus spirituelles(3) que celles du Nord; par contre, il fait vivre celles-ci plus longtemps, à cause de leur simplicité (4); c’est à lui qu’il faut rapporter certaines habitudes des Orientaux, comme la circoncision et la polÿgamie, dont la première tout au moins est une nécessité pour les peuples qui la pratiquent (5). Ainsi Leibniz a bien connu, non seulement la rate, mais encore le milieu avec tous ses facteurs : l’hérédité, l'atmosphère, les eaux, la terre, la nourriture et la manière de vivre (6).

Il connaissait de même d’autres facteurs importants en histoire, la situation des lieux et le moment dans la durée. Il tient « l'Espace pour quelque chose de purement relatif, pou: un ord:e des coexistences, comme le Temps est un ordre de Successions (7) ». Quand il existe, dans ces

et même de Pesprit, et entre ceux du Paraguay, qui semblent être des enfans, ou des écoliers toute leur vie. Cela n'empêche pas que les hommes qui habitent, ce globe, ne soient tous d’une même race, qui a été alterée par les difjérens climuts, comme nous voyons que les bêtes et les plantes changent de naturel, et deviennent meilleures ou dégénérent. » Lettre à Sparfvenfeldt, 29 janvier 1697. Ferrer, p. 37-38 (Durens, CNED 040).

1. À propos de l’origine slave des Huns, il écrit : « Quo magis in ea sententia confirmer, Hunnos Slavinis cognatos fuisse, non Turcici vel Tartarici generis, ut hodie Calmucci, etsi his facile fucrint similes. quod cos scilicet olim regiones tenerent, in quas postea interiores Scythæ ab his successere. Nam habitus Corporis partim victui, partim regioni tribuerim. » Ann. Imp. 814, S 19,t.I, p. 280-1.

2. 14. 4000, S$ 20, t. TIT, p. 755; v. plus haut, p. 648, n. 7.

3. «Mais enfin, il est permis à ceux du Nord d’être sur leurs gardes, pour ne pas être la dupe des Nations, que leur climat rend plus spirituelles.» Réponse à Pirot sur le concile de Trente s. d.,$ xx. Durens, t. 1, p. 566.

4. « De longæuitate Septontrionalium utilis inquisitio est, puto magis simplicitati vivendi, quam loco tribuendam. » Lettre à J.-A. Schmid, 25 février 1698. VERSENMEYER, P. 42.

5. « Mihi quicquid dicant quidam nostri mirifice Spenceri et similium institutum placet, qui causas juris divini quærunt in populorum ritibus, qui ipsi Sæpe fundamentum habent in natura rerum. Sane circumcisionem apud nonnuflos populos necessitate adhiberi, ex itinerum sScriptionibus didicimus. Sunt enim quibus præputium nimis excrescit, e£ corneam duritiem acquirit. Ex tali tribu credibile ost vel fuisse Abrahan:, vel cum ad tales populos itinere suscipere Cogitaret, veritum, ne posteris suis, ea labes venisset. » Lettre à van der Hardt, 10 avril 4695. À. f. G. d. Ph, t. 1, p. 234. — Surla polygamie, v. plus haut, p. 630, n. 9.

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