V. plus haut, p. 708, n
6. « Le temps est la plus pretieuse de toutes les choses du monde ». Mémoire, S. d. (1697). GUERRIER, p. 16. Cf. lettre à des Billettes, 11/21 octobre 1697. GER., {. VIE, p. 457: « Le tems irécouvrable, qui est la plus précieuse chose du monde. » Projet pour l'Académie de Dresde (1703). Durens, t. V, p. 175; « Cura nihil in rebus humanis tempore sit pretiosius ». Lettre à Teuber, 3 janvier 1712. NoBex, p. 21 (BODEMANN, p. 330, n° 976). Dans le Plan zu einer deutschlisbender Genossenschaft, s. d., il compare la science à l’aloès américain, qui demande beaucoup de temps pour lever, mais se développe considérablement par la suite, et ajoute : « Weiten aber die meisten menschen die beschaffenhoit dieses baumes der erkenntniss nicht wissen, hauen sie ab ehe seine zeit sehr viel schuld haben komt zu blühen. » Foucrer pe CaREIz, VA p. 387-8.
7. «Ordinairement tous los dix ans le monde change de face ». Lettre à Boinebourg, 25 novembre 1691. Kior», t. VI, p. 34. C’est tous les dix ans que Leibniz pensait faire rédiger Phistoire de Brandebourg, v. pl. haut, p. 195, n. 3. Peut être Leibniz a-t-il pris ce chiffre à Descartes : « La même chose qui nous a plû il y à dix ans, et qui nous plaira peut-être encore avant dix ans, nous semblé maintenant extravagante et ridicule ». Dise. de La méth., 2e part., $ 4. CE. le mot de Napoïéon : «il faut changer le système militaire des États tous les dix ans. »
notion (1). De même, il n’ignorait pas ceux de crise (2) et de révolution (3).
Enfin Leibniz a connu le rôle des grands hommes dans l’histoire; il les désigne sous le nom de héros qu'ils portaient volontiers dans l’antiquité et que, depuis Carlyle, les Allemands emploient aujourd’hui(4).Les hommes qui sont doués d’une raison et d’une puissance inférieure, dit-il, ne doivent servir aux autres que d'instruments, ce sont les sujets; ceux qui ont reçu de Dieu la raison sans puissance, ont le droit de conseiller et ceux qui possèdent la puissance ont le devoir d'écouter, ce sont les souverains; mais ceux à qui Dieu a donné à la fois une haute intelligence et une grande puissance, sont les héros, que Dieu à créés pour être les principaux instruments de sa volonté (5). De tels hommes
4. Non seulement il emploie le mot momentum au sens français d’instant (v. plus haut, p. 677, n. 9 et autres passages de COUTURAT, Opusce., pp. 597, 600-9 et 615-25), mais, au sens d’instant précis : v. plus haut, p. 719, n. 4; cf. lettre à Schleiniz, 23 septembre 1712, où il dit que la Hollande ne peut résister sans les puissances du Nord. «Il faudrait même n’y perdre point de temps.— Momenta temporum pretiosissima sunt in transitu rerum. Et l’Europe est maint:nant dans un état de changement et dans une crise, où elle n’a jamais été, depuis l’Empire de Charlemagne. » GUERRIER, p. 227-8. Cf. le passage de la lettre s. d. à Papebroch : «scio omnem veritatem habere suum momentum », Cité par BARUZI, p. 88, note 3. V. aussi, p. 23, l'importance chez Leibniz des moments historiques à propos de la conquête d'Egypte, les textes cités p. 96, note 5, à propos de la Chine et, p. 173, n. 2, à propos de Pierre le Grand. « En politique rien n’est st pretieux que les momens favorables, qui ne reviennent point, et si on n’en profite pas, on merite le reproche de la posterüé…. Frederic Ulrich perdit en un moment tous les avantages acquis par son grand pere Jules... Le veritable temps où les puissans Princes peuvent profiter, est celuy des grands mouvemens ou des revolutions, tel que nous le voyons à pres2nt et surtout lorsque les affaires commencent à prendre un pli nouveau, mais ferme. » Considerations sur les interests de la Sme M. d. B. (1691). Kcorpp, t. VI, p. 272. Souligné par Leibniz.
2. V. lettre à Schleiniz, note précédente, et : « nous somnres à la veille d’une crise qui doit decider du sort de l’Europe ». Lettre à Grote, 20/30 décembre 1688. Kzopp, t. VI, p. 426. ;
3. A propos de la religion des anciens Chinois, il écrit qu’on ne doit point les condamner, « parce qu’elle ne paroist point s’accorder d’abord avec nos notions scolastiques ordinaires. Et d’ailleurs il n’y a point d'apparence, qu’on puisse détruire cette doctrine sans une grande r£volution. » Lettre à Remond, s. d. (1715-1716). Durens, t. IV, p. 171.