L,A VRAIE NOTION DU PROBABLE
Nouveaux Essais, liv. IV, ch. ii, § i/j.
... Sans disputer des noms, je tiens que la recherche des degrés de probabilité serait très importante et nous manque encore, et c'est un grand défaut de nos Logiques. Car lorsqu'on ne peut point décider al)solument la question, on pourrait toujours déterminer le degré de vraisemblance ex (latis, et par conséquent on peut juger raisonnablement quel parti est le plus apparent Et lorsque nos Moralistes (j'entends les plus sages, tels que le Général moderne des Jésuites) joignent le plus sûr avec le plus probable, et préfèrent même le sûr au probable, ils ne s'éloignent point du plus proljable en eifet ; car la question de la sûreté est ici celle du peu de probabilité d'un mal à craindre. Le défaut des Moralistes, relâchés sur cet article, a été en bonne partie, d'avoir eu ime notion trop limitée et trop iiisuflisante du pr()l)able.... Mais le probal)le ou le vraisend)lable est phis étendu : il faut le tirer de la nature des choses ; il l'opinion des personnes, dont l'autorité est de poids, est une des choses qui peuvent contribuer h rendre une opinion vraisend)lal)le, mais ce n'est pas ce ((ui acliève... la vorisimililude. Itlt lors(jUi' C.o pernic était presque seid (h' son opinion, cUv él.iit toujours... plus vraisemblable (jue celle de tout le reste du genre huniiiin. Or je ne sais si l'établis-
sèment de l'art d'estimer les verisimilitudes ne serait plus utile qu'une bonne partie de nos sciences démonstratives, et j'y ai pensé plus d'une fois.