‹ Le̕mpereur FrédéricChapitre 7 sur 21 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

DOCUMENTS RELATIFS A L AVENEMENT DE l'empereur FRÉDÉRIC

A Son Altesse Royale le prince Guillaume.

En raison des changements qui peuvent se produire dans ma santé et m'empêcher temporairement de m'oc;cuper des affaires, et en raison de la maladie et de l'ai)sence prolongée de mon fils, le Prince Impérial, je charge Votre Altesse Royale de me suppléer dans tous les cas où je croirai avoir besoin d'être suppléé pour les affaires courantes du gouvernement, notamment pour la signature d'ordres, et cela sans qu'il soit besoin d'une autorisation spéciale pour chaque cas particulier.

Berlin, 17 novembre 1887.

Signé : Guillaume.

Contresigné : Bismarck.

Le Beicksanzeiger a annoncé que le chancelier a reça le télégramme suivant de San Remo :

AU moment où j'éprouve la plus profonde douleur au sujet de la mort de l'empereur et roi, mon père bienaimé, je vous exprime à vous, ainsi qu'au ministère d'Etat, mes remerciements pour la fidélité avec laquelle' vous l'avez toujours servi. Je compte sur votre appui à tous dans la lourde tâche qui m'échoit. Je partirai le lO mars au matin pour Berlin.

Frédéric.

Le Reichsanzeiger publie le télégramme ci-après que rempereur et roi a adressé au ministre d'Etat :

Sur le deuil national, qui a été jusqu'ici d'usage, nous ne voulons rien décider. Nous préférons laisser à chaque Allemand le soin de manifester sa douleur au sujet de la mort de l'empereur, et de fixer, comme il le jugera convenable, d'après les circonstances, la période de temps pendant laquelle il aura à s'abstenir de participer à des réjouissances publiques.

Frédéric.

Adresse de la Municipalité de Berlin,

Grand et puissant Empereur, Très gracieux Roi,

Le fondateur de l'empire d'Allemagne est rentré dans le repos éternel. Mourant, il sauvegardait encore la paix de ses peuples. Sa mort a plongé le monde dans le deuil; son peuple fidèle le pleure; sa ville impériale reconnaissante verse sur lui des larmes brûlantes.

Ineffaçablement sont gravées dans nos cœurs ses pa-

rôles : a Soutenu par ma ferme confiance en Dieu, tous mes efforts, mes soins incessants ne tendent qu'au bien de mon peuple. » Ces mots, l'Empereur aujourd'hui défunt daigna nous les écrire au Jour de l'An dernier : ce sont les derniers qu'il nous a adressés. Sa plume était le burin de l'histoire.

Très gracieux Empereur, avec Votre Majesté nous sentons la douleur du fils qui lit l'adieu du père sur son visage serein ; nous sentons la tristesse du chef d'armée qui dépose les palmes sur le cercueil du grand capitaine. Nous sentons le deuil du HohenzoUern pour le grand Empereur HohenzoUern.

Respectueusement nous vous prions de recevoir l'expression simple de nos intimes sentiments.

Avec admiration nous voyons en vous la force d'àme qui, conduite par le devoir, surmonte le plus profond des chagrins.

L'amour, que depuis longtemps votre peuple a pour vous, accompagnait Votre Majesté rentrant dans ses foyers.

Le trône de Votre Majesté est dans une ville pleine de gratitude. Tous nos cœurs font vœu d'une fidélité inébranlable pour vous; ils élèvent une ardente prière pour votre santé ; ils remercient respectueusement la fidèle et infatigable compagne de Votre Majesté; ils forment le souhait que Votre Majesté puisse, consolée de son affliction présente, régner de longs jours heureux, défenseur puissant de la patrie, directeur sage de ses forces imposantes, gracieux protecteur de son développement pacifique.

De Votre Majesté Impériale et Royale le très humble et très fidèle magistrat.

Signé : Forokrkbbck.

Les très humbles et très fidèles conseillers municipaux*

Signé : Strtor.

L'Empereur a remis sa réponse écrite à M. de Porckenbeck, Tinvitant à en faire aussi la lecture ; elle est ainsi conçue :

Comme, à mon ^rand regret, je ne suis pas encore tout à fait en état de parler, je me vois dans la nécessité d'employer ce moyen pour vous exprimer, à tous et aux représentants de ma capitale, mes remerciements du témoignage de sympathie que m'envoient les habitants de Berlin en cette heure ^d*affliction.

Cl En présence de la douleur qui nous remplit tous, je songe tout d'abord aux grands événements auxquels, pendant une si longue période de sa vie parmi vous, l'empereur défunt a pris part; puis je porte mes regards sur les nombreux témoignages de sa bienveillance, du vif intérêt qu'il portait à Berlin, dont l'épanouissement pendant ces dernières années lui a causé tant de joie. Comme lui, j'ai jusqu'à présent suivi de près le développement de la capitale, dont la prospérité m'a toujours tenu au cœur, et que je me ferai toujours un devoir de favoriser, me souvenant toujours de la sincère sympathie que les habitants n'ont cessé de me témoigner aux jours heureux et malheureux de ma vie. »

Proclamation de Vempereur Frédéric,

a À mon peuple!

(( L'Empereur a terminé sa vie glorieuse.

a Dans le père bien-aimé que je pleure et pour la perte duquel ma maison royale est, avec moi, plongée dans une douleur profonde, le fidèle peuple de Prusse a*perdu son roi couronné de gloire ; la nation allemande, le fon-

dateur de son unité : l'empire ressuscité, le premier empereur allemand. Son glorieux nom restera inséparablement lié à la grandeur de la patrie allemande, de cette patrie dans la restauration de laquelle le labeur opiniâtre du peuple et des princes de Prusse a trouvé sa plus belle récompense.

« En relevant, avec un soin paternel et sans jamais se lasser, à la hauteur de sa grave mission l'armée prussienne^ l'empereur Guillaume a établi le fondement solide des victoires que, sous sa conduite, ont remportées les armes allemandes et d'où est sortie l'unité nationale. Par là il a assuré à l'Empire la position de grande puissance, que juHque là avait souhaité tout cœur allemand, sans guère oser l'espérer. Ce que, dans la lutte ardente et pleine de sacrifices, il avait conquis à son peuple, il lui a été donné de le consolider, de le faire prospérer en bienfaits, grâce au labeur des longues années durant lesquelles il a pu régner en paix

« Tranquille, se reposant sur sa propre force, TAllemagne est là, honorée dans le conseil des nations, ne demandant qu'à jouir pacifiquement de ce qu'elle a gagné. S'il en est ainsi, nous en sommes redevables à l'empereur Guillaume, à son inaltérable fidélité au devoir, à son infatigable activité consacrée uniquement au bien de la patrie, soutenu en cela par le désintéressement et l'esprit de sacrifice dont a fait preuve, sans fléchir, le peuple prussien et que partagent toutes les nationalités allemandes.

« C'est à moi que sont dévolus maintenant tous les droits et tous les devoirs attachés à la couronne de ma Maison. Je suis résolu à les maintenir fidèlement durant le temps que la volonté de Dieu pourra m'accorder de régner. Pénétré de la grandeur de ma tâche, tous mes efforts seront consacrés à continuer l'œuvre dans le même esprit que celui qui l'a fondé : faire de TAllemagne le foyer de la paix, de concert avec les gouvernements fédérés, et travailler, avec les organes constitutionnels de

l'empire et de la Prusse, à la prospérité du pays allemand.

« J'apporte ma confiance tout entière à mon peuple fidèle, qui, avec une histoire longue déjà de plusieurs siècles, a partagé avec ma maison les bons et les mauvais jours ; car, sur la base de l'indissoluble union entre le prince et le peuple, union indépendante de toute modification dans la vie des Ëtats et qui est l'impérissable héritage des Hohenzollern, je suis convaincu que je suis appelé à être, et j'en prends l'engagement, un roi juste et fidèle dans la joie comme dans la douleur.

« Dieu veuille m'accorder sa bénédiction et la force d'accomplir une œuvre à laquelle ma vie est désormais consacrée ! »

Berlin, le 12 mars 1888.

Signé : Frédéric.

Rescrit de l'Empereur et Roi au chancelier de l'empire et président du ministère d'État.

Mon cher prince.

En inaugurant mon règne, c'est pour moi un besoin de m'adresser à vous, le premier serviteur de mon père, qui repose maintenant en paix dans le sein du Seigneur, à vous, qui l'avez si fidèlement servi durant tant d'années.

Vous avez été le fidèle et courageux conseiller qui a dirigé sa politique et en a assuré le succès. Je vous dois, moi et ma Maison, une grande reconnaissance. Vous avez donc le droit de savoir avant tous quels sont les points de vue d'après lesquels devra se régler la conduite de mon gouvernement.

Les règlements établis par la constitution et par le droit, pour l'empire et pour la Prusse, doivent d'abord

être consolidés dans le respect et selon les mœut>s de la nation. Il faut donc éviter, autant que possible, les ébranlements qu'occasionnent les changements fréquents des institutions de l'Etat et des lois.

L'accomplissement des tâches qui incomberont au gouvernement impérial devra laisser intactes les bases solides sur lesquelles l'État prussien a jusqu'à présent reposé en sécurité. Pour l'empire, les droits constitutionnels de tous les gouvernements confédérés devront être scrupuleusement respectés, de même en ce qui concerne les droits du Reichstag. Mais il convient d'exiger du Reichstag et des gouvernements un semblable respect pour les droits de l'Empereur.

Il ne faut pas perdre de vue que ces droits réciproques ne doivent avoir pour objet que le développement de la prospérité publique, laquelle reste la Joi suprême ; et l'on doit constamment tenir compte, dans la plus complète mesure, des besoins nationaux qui viennent à se produire, à s'affirmer nettement. La plus nécessaire et la plus sûre garantie pour le tranquille accomplissement de cette mission est, à mon avis, dans la conservation non affaiblie des forces défensives du pays, de mon armée éprouvée, de la marine aujourd'hui florissante et à laquelle l'acquisition de nos possessions d'outre-mer impose de grands devoirs.

Armée et marine devront toujours être tenues, sous le rapport de l'instruction militaire et de l'organisation, à cette hauteur qui a fait leur gloire et qui assure leurs qualités dans l'avenir.

Je suis résolu à gouverner et l'empire et la Prusse en observant religieusement les dispositions de la constitution impériale et royale. Ces dispositions ont été établies par mes prédécesseurs sur le trône, avec la sage connaissance des incontestables besoins et des obligations si difficiles de la vie sociale et politique. Il convient qu'elles soient de toutes parts respectées, pour que leur

force et leur action bienfaisante puissent se manifester.

Je veux que le principe de tolérance religieuse, que depuis des/ siècles ma Maison a tenu pour sacré, continue d'être une protection pour tous mes sujets à quelque famille religieuse, à quelque confession qu'ils appartiennent. Chacun d'eux est également près de mon cœur: tous n'ont-ils pas également, aux Jours de danger, prouvé leur absolu dévouement ?

D'accord avec ce que pensait mon impérial père, j'appuierai chaudement tous les efforts de nature à favoriser la prospérité économique des différentes classes de la société, à concilier les intérêts rivaux, à atténuer autant que faire se peut les défectuosités inévitables. Néanmoins je ne veux pas éveiller cette espérance : qu'il soit possible de mettre un terme à tous les maux de la société au moyen de l'intervention de l'Etat.

Je considère que la question des soins à donner à l'éducation de la jeunesse est intimement liée aux questions sociales. Une éducation plus haute doit être rendue accessible à des couches de plus en plus étendues; mais on devra éviter qu'une demi-instruction ne vienne à créer de grands dangers, qu'elle ne fasse naître des prétentions d'existence que les forces économiques de la nation ne sauraient satisfaire. Il faut également éviter qu'à force de chercher exclusivement à accroître rinstruction on n'en vienne à négliger la mission éducatrice. Une race élevée dans les principes sains de la crainte de Dieu et dans des mœurs simples pourra seule posséder assez de force de résistance pour surmonter les dangers que, à notre époque d'ardente agitation économique, les exemples de vie à outrance donnés par quelques-uns font courir à la collectivité.

C'est ma volonté qu'aucune occasion ne soit négligée, dans le service public, de travailler à réagir contre la tentation de faire des dépenses exagérées. Mon examen impartial est assuré à tous les projets de réformes financières, si la vieille économie prussienne ne permet pas

d'éviter le recours à de nouvelles charges ou d'amener un allégement des exigences actuelles.

Je tiens pour très louable l'autonomie administrative accordée dans l'État à des associations grandes ou petites. Toutefois, je doute que si le droit de prélever des taxes, accordé à ces associations, droit qu'elles exercent sans tenir compte suffisamment des charges imposées en même temps par l'empire et par chaque Etat, n'ait pas pour effet de créer un fardeau hors de proportion avec leurs moyens. De même il convient d'examiner si l'on ne pourrait pas introduire dans la hiérarchie administrative une simplification, qui, en diminuant le nombre des fonctionnaires, permettrait une augmentation des traitements.

Si nous parvenions à asseoir fortement les bases de la vie politique et sociale, j'éprouverais ensuite une satisfaction particulière à pouvoir donner son plein épanouissement à la floraison, déjà si richement établie dans toute Tempire, de la science et de Tart allemands.

Pour la réalisation de ces intentions je compte sur le dévouement dont vous avez donné tant de preuves et sur le concours de votre expérience consommée. Puisse-t-il m'ètre donné, grâce à la collaboration unanime des organes de l'empire, à l'activité dévouée de la représentation populaire et à celle de toutes les autorités, grâce à la coopération confiante de toutes les classes de la population, puisse-t-il m'être donné de conduire^ dans un développement pacifique, l'Allemagne et la Prusse à de de nouveaux honneurs I Peu soucieux de l'éclat des grandes actions qui apportent la gloire, je serai satisfait, si plus tard on dit de mon règne qu'il a été bienfaisant pour mon peuple, utile à mon pays, et une bénédiction pour l'empire.

Berlin, 12 mars.

Votre affectionné,

Frédéric.

Message au Landtag prussien.

Nous Frédéric, par la grâce de Dieu roi de Prusse, notifions et faisons savoir par le présent Message ce qui suit :

Après qu'il a plu à Dieu, après la mort de Sa Majesté l'eaif^ereur et roi Guillaume, mon bien-aimé seigneur et père, de nous appeler sur le trône de nos ancêtres à la couronne, nous adressons au Parlement de notre monarchie, par le présent Message, notre salut.

Les sentiments et les desseins avec lesquels nous avons pris possession du gouvernement, les principes d'après lesquels nous voulons nous acquitter de notre mission royale, nous les avons fait connaître à notre cher et fidèle peuple.

En marchant dans les voies de notre glorieux seigneur et père, nous ne connaîtrons pas d'autre but de nos efforts que le bonheur et la prospérité de la patrie.

Dans l'observation consciencieuse de la Constitution marchant de pair avec la sauvegarde de l'intégrité des pouvoirs de la Couronne, dans la coopération pleine de confiance avec la représentation du pays, nous espérons atteindre ce but, avec l'aide de Dieu, pour le salut de la patrie.

Nous avons conscience pleine et entière des devoirs qui nous incombent en vertu de l'article 54 de la Constitution. Toutefois, comme l'état de notre santé ne nous permet pas en ce moment de satisfaire personnellement à cet engagement et que nous éprouvons le besoin de faire connaître sans retard à la représentation du pays notre attitude, d'ailleurs indubitablement soumise aux dispositions de la constitution, nous prenons dès aujourd'hui,

appendicb: 281

par le présent Message, rengagement de respecter fermement et scrupuleusement la Constitution de notre royaume et de gouverner d'accord avec elle et avec les lois.

Signé : Frédéric

Contresigné : Prince de Bismarck, von Puttkamer,

von Maybach, Lucius, von Friedberg, von Bœtticher, von Gossler, vonScholz, Bronsart von Schellendorff.

Message au Reichstag allemand.

Nous Frédéric, par la grâce de Dieu empereur allemand, roi de Prusse, etc., notifions et faisons savoir par le présent Message ce qui suit :

» Par suite de la mort de notre bien-aimé seigneur et père, qui a eu lieu d'après la décision de Dieu, la dignité impériale allemande m'a été transférée avec la couronne prussienne.

» Nous avons accepté les droits et les devoirs qui sont liés à cette investiture, avec la résolution dobserver scrupuleusement la constitution de l'Empire, de la maintenir et, par conséquent, de sauvegarder consciencieusement les droits constitutionnels des Etats confédérés et ceux du Reichstag.

» Dans la conscience de la haute mission qui m'a été transférée avec la dignité impériale, nous souvenant de l'exemple donné par notre inoubliable père, nous nous appliquerons en tout temps, de concert avec les princes et les villes libres qui sont nos alliés, et sous les auspices du concours constitutionnel du Reischtag, à protéger le droit et la justice, la liberté et l'ordre dans la patrie, à

sauvegarder Thonneur de l'empire, à maintenir la paix à l'extérieur et à l'intérieur et à travailler à la prospérité de la nation.

» Si M. l'empereur défunt a encore été vivement réjoui et fortifié, pendant les derniers jours de sa vie, par la bonne volonté unanime avec laquelle le Reichstag a approuvé les propositions des gouvernements confédérés relativement au développement des forces défensives de la patrie en vue de la sécurité de l'empire. Il n a plus été donné à Sa Majesté d'exprimer sa gratitude impériale au Reichstag pour les décisions en question.

» A plus forte raison éprouvons*nous le besoin de transmett' e au Reichstag cet héritage que nous a légué le souverain impérial qui repose dans le sein de Dieu, et de lui exprimer en même temps notre reconnaissance et notre appréciation pour le dévouement patriotique qu'il a montré de nouveau à cette occasion.

« Dans la confiance inébranlable que nous inspirent ce dévouement et le patriotisme éprouvé de la nation tout entière et de ses représentants, nous contions l'avenir de l'empire aux mains de Dieu.

» Donné à Charlottenbourg, le 15 mars 1888.

» Signé : Frédéric.

» Contresigné : Bismarck. »

Froclamation aux Alsaciens- Lorrains.

La proclamation suivante de l'Empereur a été publiée à Strasbourg le 19 mars : ^

Nous, Frédéric, par la grâce de Dieu, empereur allemand et roi de Prusse, notifions et faisons savoir par la présente ce qui suit :

Après que sa Majesté feu Tempereur Guillaume, notre bien-aimé seigneur et père, a, suivant la décision de Dieu, quitté cette terre, la dignité impériale allemande et avec elle, conformément aux lois de l'empire, le gouvernement du Reicbsland nous ont été transférés. Nous en avons pris possession au nom de l'empire, résolu à sauvegarder les droits de l'empire sur ces territoires allemands qui, après un long intervalle de temps, ont été réunis de nouveau à la patrie.

Nous avons conscience de la tâche qui nous incombe d'entretenir dans ce pays le sentiment allemand et les mœurs allemandes, de protéger le droit et la justice et de travailler à la prospérité et au bonheur de ses habitants.

Dans nos efforts pour satisfaire à cette tâche, nous comptons sur la confiance et sur le dévouement de sa population, ainsi que sur la loyauté et sur la fidélité au devoir de toutes les autorités et de tous les fonctionnaires. Nous demandons et nous attendons le respect consciencieux des lois. De notre côté, nous accorderons aussi notre impériale protection aux droits de chacun.

Par une justice impartiale et par une administration respectueuse de la loi, bienveillante et prudente, mais conduite d'une main ferme, la réunion imprescriptible de FAlsace-Lorraine avec l'empire allemand deviendra aussi étroite qu'ielle l'a été au temps de nos ancêtres, avant que ces pays allemands eussent été arrachés à leur antique et glorieuse union avec les populations de la même race, leurs compatriotes.

Nous ordonnons que la présente proclamation soit promulguée dans le Bulletin des lois.

Donné à Charlottenbourg, le 15 mars 1888.

Signé : Frédéric.

Contresigné : Prince dk Hohbnlobb .

Adresse du Reichstag.

Très haut, très grand et très puissant empereur et roi 1 Très gracieux empereur, roi et maître I

C'est avec le plus profond respect que le Reichstag allemand a entendu le message de Votre Majesté impériale et royale. Nous sommes pénétrés de reconnaissance de ce que, après le décès de Sa Majesté notre empereur, qui repose dans le sein de Dieu, Votre Majesté, surmontant toutes les difficultés, ait assumé sans retard tous les devoirs et tous les droits attachés à la dignité impériale allemande, avec la résolution de maintenir et de respecter fermement et inviolablement la constitution de l'empire, et de respecter en conséquence et de sauYegarder consciencieusement les droits constitutionnels des Etats conférés et du Reichstag.

Avec Votre Majesté et la maison impériale, l'Allemagne tout entière, pénétrée d'un sentiment d'amère douleur, porte le deuil du grand souverain auquel l'Allemagne doit son union, dont la vie était consacrée à renforcer la position éminente qu'il ayait conquise pour l'Allemagne et à en faire le garant de la paix, à fortifier les liens par lesquels il avait uni les tribus allemandes, et qui s'est appliqué jusqu'à la fin à veiller au salut de toutes les classes de notre peuple.

Le Reiclistag est résolu à travailler, pour sa part, à l'accomplissement de la tâche que l'empereur Guillaume s'était donnée et qu'il a transmise comme un héritage au peuple allemand ; le Reichstag y travaille dans un sentiment d'inébranlable fidélité à, l'empereur et à l'empire, et de dévouement indéfectible à Votre Majesté et à sa maison impériale. Votre Majesté a fait connaître qu'elle est

décidée à protéger le droit et lajustice, la liberté et Tordre dans la patrie, à sauvegarder l'honneur de l'empire, a maintenir la paix à l'intérieur et à l'extérieur, et à développer le bien-être du peuple.

Le Reichstag est prêt à soutenir de toutes ses forces Votre Majesté dans l'exécution de ce dessein. Le Reichstag a accordé à l'unanimité ce qui était nécessaire pour le maintien de la force armée de l'Allemagne, dans le ferme espoir que l'on créait ainsi un rempart qui conservera, si Dieu le veut, la paix de l'Europe. Nous sommes convaincus que le peuple allemand, uni fermement avec son empereur et les gouvernements des Etats allemands, va au devant d'un avenir heureux, et qu'il soutiendra victorieusement tous les assauts qui pourront nous être livrés. Que la bénédiction de Dieu repose sur Votre Majesté impériale et royale ainsi que sur notre patrie l Le Reichstag allemand demeure dans les sentiments du plus profond respect pour Votre Majesté impériale et royale.

Adresse des Chambres prussiennes.

Très haut et très puissant empereur et roi I

Très gracieux empereur, roi et maître I

Votre Majesté Impériale et Royale a fait parvenir au Landtag de la monarchie le message portnnt que l'état de santé de Votre Majesté ne vous permet pas, pour le moment, de vous conformer aux dispositions de l'article 54 de la Constitution, mais que Votre Majesté éprouve le besoin de faire connaître sans retard, devant les représentants du peuple, la position qu'elle prend à l'égard de la constitution et du régime établi. En même temps Votre Majesté a d'ores et déjà fait serment de respecter fermement et inviolablement la constitution du royaume, et de

gouverner conformément à cette constitution et aux lois. Nous remercions très humblement Votre Majesté de cette manifestation, et nous prions D.eu de rendre à Votre Majesté la santé pleine et entière et de bénir amplement ▼otre gouvernement.

Avec Votre Majesté, le peuple prussien déplore la mort de son empereur et roi, qui était soutenu par l'amour de tous et qui repose maintenant en Dieu ; le peuple ressent dans toute sa plénitude la douleur qu*éprouTe le iils à la mort de son père, que les enfants de la terre de Prusse étaient habitués à vénérer comme leur père. Dans le cœur du peuple prussien est gravée en termes ineffaçables la mémoire de ce roi, fondateur de cet empire allemand qui est devenu le garant du développement pacifique de l'Europe tout entière, gardien et protecteur du bonheur et du salut de la patrie, bonheur et salut qui ont été le but des efforts incessants de son glorieux gouvernement. Votre Majesté est l'héritier de l'amour et de la vénération que le peuple tout entier avait voués, en retour de ces bienfaits, à l'empereur et roi défunt.

Le cœur de la nation se porte avec confiance vers Votre Majesté, à laquelle elle était déjà dévouée lorsque Votre Majesté était encore prince héritier de l'empire d'AUeet du royaume de Prusse. Avec l'ardeur à remplir le devoir qui est le propre des HohenzoUern, Votre Majesté est accourue au milieu de son peuple fidèle. Que Dieu, dans sa grâce infinie, daigne donner à Votre Majesté la force de tenir le sceptre, ainsi que le cœur bienveillant et paternel de Votre Majesté en a l'intention et la ferme volonté ! Le peuple prussien est redevable du rang politique émine it qu'il occupe aux HohenzoUern, qui ont dirigé ses destinées d'une main puissante, et il se range avec des sentiments de fidélité dévouée et d'obéissance joyeuse autour de Votre Majesté.

De Votre Majesté linpériale et Royale les très humbles et très obéissants serviteurs.

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