ACTE 111, SCÈNE IV
car je sais combien les vrais intérêts du prince vous sont chers.
DIANA
Donc cette alliance... vous croyez qu'elle se fera?
LÉO
Je l'espère.
DIANA
Mais... mais le prince m'aime ^ vous le savez bien.
LÉO
Je le sais depuis mon retour seulement... Son Altesse me l'a dit elle-même.
DIANA
Ah ! . . . il vous l'a dit.
LÉO
Hélas! qu'est-ce que cela prouve?.. Puisque vous me forcez de parler politique avec vous 9 madame, je vous dirai que la raison d'état n'a pas de cœur... Les princes , vous le savez bien y ne se marient pas ; ils s'allient... Heureux encore ceux que la diplomatie n'est pas venue fiancer au berceau , et qui ont eu le temps de goûter d'un amour libre et mutuel.
DIANA
Très-bien ! . . et j'aurais dû m1 attendre à tout cela. . .
210 LÉO BURCKAKT.
Voilà comme vous me remerciez de ce que j'ai fait
pour vous...
LÉO
Peut-être vous ai-je de grandes obligations, madame*, et alors je vous ferai un reproche , c'est de me les avoir laissé si longtemps ignorer.
DIANA
Vous êtes oublieux , monsieur. . . c'est une des qualités des fortunes qui s'élèvent vite , que de ne plus se souvenir de ceux qui ont aidé à leurs commencements.
LÉO
Oh! je crois vous entendre, madame... vous voulez parler du jour où le prince est venu chez moi.
DIANA
Qui l'y a conduit?.. Voyant le désespoir de votre famille , les larmes de Marguerite... qui a été le chercher ? Ah 1 vous avez cru qu'il était venu de lui-même et pour admirer l'auteur pseudonyme de quelques articles de journal ou de pamphlets obscurs... La prétention est orgueilleuse, et pourtant elle ne m'étonne pas.
LÉO
Madame , je suis bien aise d'apprendre ce que je