‹ Léo BurckartChapitre 120 sur 179 · ACTE 1IÏ, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE 1IÏ, SCÈNE VI

LÉO

Oh! monseigneur...

LE PRINCE

Je ne dis pas que vous faites fausse route , mon cher Burckart ; je dis seulement que vous marchez en aveugle... et cela , par cette détermination étrange que vous avez prise d'éloigner de vous tous les moyens de gouvernement ordinaires... Là-bas , vous croyez avoir réussi par votre éloquence , n'est-ce pas ? eh bien! sur vos neuf voix, quatre ont été achetées à prix d'argent... par l'Angleterre -, dont l'intérêt se trouve être le nôtre , mais qui avilit notre cause par sa participation. Vous vous êtes contenté de donner des ordres sans vouloir vous mettre en rapport direct avec la police... Eh bien î... voilà que les principaux meneurs vous sont échappés... Voilà ma vie exposée aux attaques d'un fanatique ! . . . et vous ne savez rien; vous ne pouvez même prévoir le coup qui frappera votre prince î

LÉO, avec force.

Si, monseigneur, je sais tout.

Vous savez... Voyons alors.

LÉO , en proie à un violent combat , se décide à entrer dans le cabinet.

Donnez-moi les papiers que vous avez pris sur

99B LÉO 1HJRCKART.

l'émissaire des étudiants , monsieur le chevalier.

fil revient et étale des papiers sur la table. ) Vous voyez

bien, monseigneur, que je n'ai plus les mains si

pures ! . . . et que me voilà digne de prendre rang

parmi les princes de la diplomatie... Voyez! ceci

a été volé à un étudiant qui le portait à Heidel-

berg : et ce qui va vous rendre bien content et bien

fier... volé chez vous, car il était de votre bal...

Tenez... vous demandez ce qu'ils doivent faire ce

soir... ce soir, ils doivent recevoir un nouvel

adepte; dont on ne dit pas le nom... mais qui tient

à la cour... un homme très-important enfin... puis

ensuite ils doivent... vous ne vous trompiez pas...

vous mettre en accusation et vous juger... Votre

police est bien faite, monseigneur... mais vous

voyez que la mienne est meilleure encore I . . .

Et le lieu de cette réunion?

LÉO

Je l'ignore... mais je le saurai. Rentrez dans votre palais : et soit que l'on en ouvre ou ferme les portes... dormez tranquille. Je veille sur vous ; je réponds de vous : ma poitrine couvre la vôtre!

LE PRJNCE.

Vous êtes un fidèle et loyal serviteur, Léo.

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