‹ Léo (volume 2)Chapitre 124 sur 174 · CHAPITRE XVn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVn

Le voisin de gauche, interpellé ainsi à T improviste , répondit assez sèchement :

— Je l'ai entendu dire.

Puis feignant d'oublier, lui qui était depuis peu d'années membre de cette assemblée , que la promotion des deux amis remontait aux fournées impériales , il ajouta :

— J'ignore à quelle page, dans les titres de la pairie , on inscrira le procès de Michel Ney , par exemple !

— J'ai voté avec bien du regret, ditle comte d'Hacmon , en baissant la tête.

— Et moi je l'eusse absous , dit le duc : et mon père a pourtant combattu la république dans la Vendée.

— Monsieur le Duc, cependant nous allons nous trouver d'accord aujourd'hui j'espère sur le vote que nous sommes appelés à déposer devant la France attentive. Le bénéfice de Thérédité...

— On ne me Tôtera point quoi qu'on fasse; et je ne prendrai pas plus de part h votre scrutin que je n'en ai pris à la discussion . Je viens

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ici par curiosité. Si je n'ai point donné ma démission avec éclat comme Fitz-James et dix autres royalistes , c'est parce que je ne suis guère ambitieux des faveurs de Henri V. Mais que peut me faire à moi la question de savoir si mes fils auront un nom et un titre? L'histoire est là fort à l'abri des paperasses législatives et des ordonnances de cour. Je conçois que cela vous intéresse , vous autres déserteurs du tiers-état. Vous étiez quelque chose comme républicains et vous ne savez point voir que vous n'êtes rien comme gentilshommes . L'exemple de Bonaparte n'a pas dessillé vos yeux. Peignez votre maison en vieux , Messeigneurs , elle sera laide sans être plus solide et vénérable.

— Vous êtes sévère ! monsieur le Duc.

— C'est qu'il faut être du passé ou de l'avenir, mon cher. Nous défendons, nous, les tombeaux de nos pères , et les républicains veillent sur le berceau de leurs enfans. Je conçois ces deux religions-là ; mais entre ces deux saintes choses d'autres n'ont trouvé qu'un

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